Les dits du corbeau noir

DE LA PEUR DE l'AUTRE !... REFLEXION 2018 BRAN DU 14 10 OCTOBRE

 

 

 

Réflexions Bran du 2018

 

 

 

DE LA PEUR DE L'AUTRE :

 

 

 

L'inquiétant réside dans cette montée progressive et contagieuse de « l'Ordre "identitaire"» et ce,  en diverses nations ; un virus "nationaliste" et plus généralement de « droite », exacerbé politiquement, réveillant des haines religieuses ou culturelles ancestrales, les réactivant et les renforçant par toutes les manipulations médiatiques possibles ; tout cela axé sur « l'autre » considéré comme étant le bouc émissaire de tout malaise, la source de tout conflit, de toute appropriation et dépossession ; celui qui diffère de diverses façons et dont les différences sont jugées néfastes et nuisibles envers une pseudo unité identitaire...

 

 

 

 (Alors que l'Histoire nous conte sans cesse qu'elle s'est écrite et construite, non sans difficultés il est vrai  ; et les pays et les nations avec elle, à partir de l'immense et permanent brassage des populations, des civilisations, des « races », des cultures, des religions et des Traditions !...)

 

 Le singulier, le spécifique, le particulier, ont certes leur importance, mais ils se doivent d'être harmonieusement conjugués avec le pluriel par un Verbe d'entendement mutuel qui lors autorise et favorise un sentiment d'unité qui soit comme Un sans pour autant diluer la personne ou l'individu au sein de ce processus coopératif et participatif qui bénéficie alors à tous et à chacun.

 

 

 

On fait de plus en plus politiquement  « carrière » à partir de la « peur de l'autre », de cet « l'inconnu », de cet « étranger » qui pourtant gagne très souvent à être connu ; car le gain réside justement en cette disparité fortement complémentaire à tout être et sans lequel cet être ne saurait progresser et s'élever dans la juste et plus parfaite connaissance de

lui-même !...

 

 

 

Il est amplement prouvé dans l'histoire des territoires et des hommes que la coexistence pacifique existe et à exister dès que les populations ne sont pas instrumentalisées politiquement et religieusement à des fins de pouvoir et de puissance personnelles !

 

 

 



 

Bien entendu ; les conflits potentiels existent et existeront toujours, mais il n'est nul besoin de disperser les cendres accumulées dans le temps et l'espace sur ceux-ci pour réveiller et réactiver les braises silencieuses d'une humanité soumise à ses instincts belliqueux, à ses bassesses et faiblesses, à ses contradictions et au renversement des valeurs qui la justifient,

 

la fondent et lui donnent cohésion et avenir...

 

 

 

.....////.....

 

 

 

Enfant je me souviens ; j'avais écho que l'on craignait les « chinois » du fait de l'importance et de la croissance de cette population... Ils allaient tout envahir ! Mais les années passèrent et de « déferlante sur l'Europe » ? Point !....

 

 

 

Il était parfois question de l'étranger qui allait manger le pain des français disait-on ici et là, mais dans l'environnent parisien et très « populaire » qui était alors le mien ; le pain, on le partageait comme les soucis et les difficultés des uns et des autres au sein d'une solidarité et d'une entraide permanente et « naturelle »...

 

 

 

Dans ce quartier appelé Belleville où je suis né, une paisible cohabitation était de mise dans les années 1950 à 1958...

 

 

 

Il y a avait là des arméniens, des grecs, de italiens, des bougnats auvergnats, quelques bretons venus de St Denis, un épicier algérien, des parisiens pure souche et nous autres ; les « titis » de la Rue Pia qui étaient en fait sous la surveillance constante des habitants et commerçants du quartier ; ce qui ne pouvait que rassurer pleinement nos parents...

 

 

 

Mon père tenait la boucherie chevaline au 31 de la dite rue et il m'est arrivé souvent de « tenir la caisse », en étant juché sur un tabouret pour pouvoir atteindre celle-ci !...

 

 

 

Mon père pratiquait l'humour et la bonne humeur au quotidien ce qui faisait de la boucherie un espace très gai, très accueillant et convivial où l'on pouvait aussi refaire le monde et commenter à sa guise les événements...

 

 

 

Fernand Reynaud était notre voisin d'en face et fréquentait la boutique régulièrement... J'ai vu une photo qui les représentaient tous deux ; mon père ayant mit un collier de saucisses rouges (dite de cervelas) autour de son cou !....

 

 

 

C'est aussi Fernand Reynaud qui offrait un noël aux enfants du quartier et aucun n'était oublié et ce quelque soit ses origines ou la couleur de sa peau...

 

C'était un gros camion rempli de jouets pour garçons et filles qui était installé au coin de la rue des Envierges, devant la pâtisserie boulangerie et non loin du marchand de journaux...

 

 

 

La distribution allait bon train sous les cris de joie de tous et de chacun...

 

J'ai connu cela jusqu'en 1958 ; c'est alors que des politiciens et maires jugeant que cette population à « sensibilité de gauche bien affirmée » votait décidément fort mal, prirent des dispositions afin d'expulser massivement celle-ci vers les contrées en friches de la banlieue Nord parisienne...

 

 

 

(Jusque dans les années 80, le quartier déserté est resté en très grande partie avec des maisons condamnées et murées !)...

 

 

 

Je n'ai pas souvenir du moindre accident, de la moindre tension entre les habitants du dit quartier pourtant de provenance et de cultures diverses !...

 

 

 

Les difficultés pour chacun ne manquaient pas alors car un bon nombre des habitants relevait de ce que l'on appelait à cette époque le « prolétariat  ouvrier» ; lequel se soudait les coudes pour tenir bon dans les passes difficiles et ce sans se préoccuper des races et des religions des uns et des autres !..

 



 

C'est dire que lorsque l'on fout la paix à une population, elle s'efforce de vivre dans le meilleur entendement possible et ce dans l'intérêt et pour le bénéfice de tous et de chacun !...

 


Maintenant quand une classe dite de privilégiés entend s'accaparer un territoire à l'abri de ceux à qui la fortune n'a pas sourit, elle fait en sorte d'envoyer les malchanceux se faire voir ailleurs et, à l'époque en effet, ce fût dans la banlieue Nord et ses « zones » qu'on regroupa

 

cette « sous population » ; banlieue à partir de laquelle se formera par la suite ce que l'on désignera sous le nom de ghetto ; ghetto constitué à partir d'un fort sentiment d'exclusion volontaire et de mise à l'écart systématique !... On connaît les résultats d'une telle politique !... Cet « aparté » pour servir d'exemple et de constat...

 

 

 

Le « vivre ensemble » est parfaitement possible pour autant que des idéologies diverses et variées (avariées aussi !)  ne viennent pas semer le trouble et la zizanie et foutre le bazar entre les individus !...

 

 

 

Le commun des mortels aspirent à vivre en paix au sein de familles d'appartenances variées et de communautés tolérantes, accueillantes et solidaires.... Il a cette parfaite capacité à cohabiter pacifiquement...

 

 

 

Il n'a pas le goût inné du conflit, mais il peut se laisser entraîner par des spécialistes de la manipulation qui lui feront accroire le danger pour lui et pour les siens qu'il y a à cohabiter avec « l'autre » qui sous des aspects bienveillants et bienfaisants est en fait son ennemi ; un ennemi dont il a tout à craindre et à redouter !...

 

 

 

Hors ces manipulations et les conditionnements et drames qui en résultent, les hommes et les femmes d'un même village ou quartier sont réellement en mesure de partager, sans conflits majeurs, un territoire commun...

 

 

 

Cela se passe généralement ainsi en Bretagne, mais aussi en d'autres lieux et pays, où on se rassemble pour la danse communautaire, où on se prend le bras et avec le bras le cœur et où on entre collectivement et joyeusement en liesse sans porter attention aux différences, d'âges, de sexes, de couleurs, de classes sociales et cela accompagné par les musiques, qui mêlent aussi des musiciens et des instruments de toute provenance pulsant cela avec une belle énergie et une commune et contagieuse vigueur !..

 

 

 

Le fait même que nous soyons placés devant le plus grand défi jamais  posé à l'humanité en ce qui concerne le devenir même de notre communauté planétaire devrait être l'urgence et la priorité données à cet enjeux le plus conséquent qui soit et c'est en cela que nous avons tout à espérer d'une communauté planétaire d'entendements majeurs et solidaires œuvrant en convergence de pensée, d'idées, de moyens et d'actes afin d'offrir à tous et à chacun et à tout le "vivant présent et en devenir" la meilleure destinée possible...

 

 

 

Face à cet enjeu primordial, une véritable sagesse inviterait à faire taire toutes les divergences "mineures" , à  revisiter, à relativiser, à amoindrir celles-ci au bénéfice d'une vision communautaire axée et fondée sur des urgences et des priorités indéniables et bien supérieures pour le devenir du genre humain et de son environnement naturel...

 

 

 

Les guerres, les conflits, les destructions massives ont leur origine dans le royaume intérieur de chacun et de chacune ; c'est là que se fomentent et s'activent les actions pour ou contre la vie même !...

 

 

 

C'est en chacun et en chacune que se présente le choix "pour" ou "contre" le Vivant ; que se décide l'option entre le refus ou l'acceptation, la mésentente ou la compréhension de l'autre, des autres...

 

 

 

Tout part initialement et fondamentalement de là et nulle part ailleurs...

 

 

 

Si nous ne sommes pas capable de vivre en paix avec nous-mêmes et tout ce qui nous entoure, si nous sommes en incapacité de cohabiter sereinement, pacifiquement, avec nous- mêmes, d'accepter nos faiblesses et défauts et de remédier autant que possible à cela, alors nous sommes totalement et potentiellement disposés à porter la "guerre" à l'extérieur de nous, a cautionner et à valider toute idéologie de domination qui saura parfaitement utiliser et manipuler notre disposition à en découdre avec l'autre, les autres !... 

 

 

 

La peur est le plus grand fléau qui soit au monde et l'ennemi le plus redoutable de tout ce qui souhaite légitimement s'en affranchir ! C'est aussi l'outil de prédilection de tout diktat ou dogme qui entend asservir et soumettre, accaparer et posséder au détriment d'autrui et de la vie elle-même !...

 

 

 

Tant que nous serons sous une forme ou une autre asservi personnellement à une ou à des peurs , la vie ne sera pas la vie, mais un artefact, une illusion, l'acte d'un paraître donc d'un simulacre dissimulant fort mal un mal être engendré par un tel état redondant et "destructeur"...

 

 

 

La peur en soi favorise, induit, instruit, la peur de l'autre, des autres, de la vie elle-même...

 

 

 

"L'outil" (qui est aussi une "méthode", une "sagesse",)  le plus efficace et le plus pertinent face à cela, est et demeure le désir et la volonté adjointe à celui-ci ; désir et volonté âprement combattus par la peur elle-même  ; laquelle sait que de telles dispositions actionnées à son encontre sont de nature à la terrasser et à la vaincre !...

 

 

 

La Tradition nous expliquerait, mythe à l'appui, qu'il s'agit lors de maîtriser en soi le "dragon" afin qu'il concoure au bénéfique et non plus au "maléfique", au "néfaste" et au "destructeur" !...

 

 

 

Aucune liberté n'a de réelle existence si elle n'assume pas ses propres responsabilités et si elle demeure soumise sous une forme ou une autre à des "peurs" qui interfèrent négativement sur son exercice et ses emplois !... 

 

 

 

La peur génère, entretient, fortifie, la défiance et la méfiance quand la confiance est seule apte, en réelle capacité donc, à mener à bien une relation positive, un rapport harmonieux et équilibré, une communication aboutie et réussie de soi à soi et de soi à l'autre ou aux autres...

 

 

 

Une relation digne de ce nom implique, impose, la confiance;  laquelle, dans un sens étymologique et symbolique, se doit d'être dans un profond accord et une volonté associative bien affirmée....

 

 

 

Quand la peur s'immisce dans un processus relationnel, celui-ci est déjà "vérolé" au départ et a peu de chance de trouver un aboutissement "heureux" !...

 

 

 

Personne ne nous a appris les mécanismes "biologiques" qui actionnent nos besoins fondamentaux pas plus pour ce qui est de "l'art de la communication" ; ce sont là des carences qui nuisent grandement à la meilleure conduite possible de notre existence et au meilleur rapport que nous souhaitons instaurer avec nous-même et tout ce qui nous entoure !....

 

Il y a une urgence évidentes à enseigner cela si nous voulons limiter toutes les problématiques majeures engendrées par cette absence cruelle de "formation" dans ces deux domaines "primordiaux, essentiels et élémentaires" de l'exercice de notre "humanité" !....

 

 

 




 

 

 



14/10/2018
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