Les dits du corbeau noir

De la Grande Déesse

 

Stances XIII Agrippa d’Aubigné XVIè siècle

 

A l’éclair violent de ta face divine

N’étant qu’homme mortel, ta céleste beauté

Me fît goûter la mort, la mort et la ruine

Pour de nouveau venir à l’immortalité.

Ton feu divin brûla mon essence mortelle,

Ton céleste m’éprit et me ravit aux cieux ;

Ton âme était divine, et la mienne fut telle :

Déesse, tu me mis au rang des autres dieux.

Ma bouche osa toucher ta bouche cramoisie

Pour cueillir, sans la mort, l’immortelle beauté ;

J’ai vécu de nectar , j’ai sucé l’ambroisie

Savourant le plus doux de la divinité.



La Grande Déesse Jean Markale Albin Michel éditeur (Extrait)

 

Pour l’auteur, la victoire d’Apollon sur le serpent Python serait le changement radical de mentalité ; le passage du concept de Déesse-Mère à celui de Dieu Père. Passage d’un culte tellurique antique à un culte céleste… De même l’image du soleil (féminin à l’origine) est devenu une figuration féminine ; la féminité étant refoulée dans la nuit sous la forme de la lune.

Il est infiniment probable que l’humanité primitive ont considéré la divinité, quelle qu’elle fût, comme de nature féminine… (Toutefois en breton « naer », en celtique ancien, le soleil est toujours « féminin ». Voir à ce sujet la légende archaïque de Tristan et Yseult…) « Anguis » est féminin en latin…

Le temple de Delphes est une matrice originelle avec un serpent lié à l’idée de parturition et de régénération… Dans ce sanctuaire exerce la Pythie qui deviendra le personnage essentiel de l’oracle d’Apollon (un dieu vainqueur venu du Nord qui sera victorieux du Serpent qui jadis régnait en ces lieux) Ce sanctuaire était considéré comme un centre du monde, un omphalos sacré… La Déesse en tant que cavité profonde et matricielle abrite le serpent lequel peut être aussi « féminin » en tant que « serpente »… Le serpent Python serait une image de la divinité mère tellurique… Il y a une divinité innommable des commencements…

 

La religion des Celtes Jan De vries Payot éditeur (extraits)

Du féminin dans la tradition celtique

 

« Le nombre des Déesses mères chez les celtes est étonnant. Il faut souligner, une fois de plus à ce propos que, dans la vie sociale, la femme avait une place particulièrement éminente… On trouve plusieurs traces d’une grande dignité de la femme chez les Celtes… On est frappé par le nombre de cas où les dieux autant que les humains, sont nommés par leur ascendance maternelle. L’ancienne race divine irlandaise s’appelle les Thuata dé Danann ; les Dieux descendent donc de la Déesse Danna qui est leur ancêtre… Il semble que des éléments autochtones et néolithiques sont entrés pour une plus forte proportion dans le peuple Celte… Le cadre tribal fait que s’y rencontre un culte général des puissances féminines de la fécondité et ce selon des formes particulières…

Des divinités peuvent recevoir d’autres noms et être adaptées aux besoins de la nouvelle civilisation - pour l’essentiel, elles restent inchangées et leur culte subsiste…

(Plus qu’ailleurs, le culte des couples divins était très répandu…) »

 

 

 

 

 



18/11/2011
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