Les dits du corbeau noir

DANS LES MONTS D'ARREE 2018 (et antérieur) BRAN DU 08 08 AOUT

 

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Le Roc Trevezel   (Monts d'Arrée)  photos Bran du

 

 

 

 

Dans les Monts d'Arrée...     Bran du     Août 2018

 

 

« Il n'est de paysage que intérieur. » M Thérèse Pouilllias

 

 

Gaston Bachelard nous disait qu'un jour ce paysage « intérieur » entre en correspondance avec un « paysage extérieur » ; chacun faisant lors, en quelque sorte, élection de l'autre...

 

 

« Etre en intime et perpétuelle résonance avec la terre du Chaudron du Dagda ; le royaume des cortèges d'or et des tourbières infinies qui descendent vers la mer...

 

La certitude d'être le fils d'une terre mythique, entre forêt immémoriale et citées sentinelles et insulaires, au cœur des turbulences et des influx de la grande cartographie celtique. »

 

Philippe le Guilloux (Bretagne Paysage)

 

.........

 

 

Monts d'Arrée    Bran du     Août 2018

 

 

Le chemin va à la rencontre d'un ciel qui se mire dans les flaques que la pluie à déposées en ses ornières...

 

Une direction parmi bien d'autres possibles, mais avec pour origine le désir et la ferme volonté de « relier » un point à un autre, de conjoindre un départ à une arrivée, de faire carrefour, de faire auberge de sens et d'Essence...

 

Chemin bordé d'herbes folles, de bosquets échevelés et de roches obstinées dans le gardiennage de nos mémoires originelles...

Images séculaires d'un paysage dont les fondements, axes et lignes de force perpétuent les soubassements anciens et les forces qui y circulent...

 

La conjonction se fera loin, là-bas ou encore tout au fond d'un creuset de chair et d'os pervibrant d'entendement...

 

Un rendez-vous immuable et inéluctable dans l'absolu, l'infini et la clarté indicible de ce qui Fût, Est et Sera...

 

Nous n'aurons lors plus besoin de ce corps respectable que nous habitons le temps de nos errances passagères ni de ce cœur oscillant entre tourmentes et apaisements...

 

Entrapercevoir une lueur dans la déchirure de l'étoffe, dans les failles du ciel, dans les interstices du possible, dans l’effilochement des jours ténébreux et dans l’entrebâillement des nuits de pleine lune... Cela justifie toute marche, tout trébuchement, toute perdition et impasse...

 

Le monde, les mondes, la Vie, aujourd'hui en passe de demain...

Et la concélébration de l'Instant dans l'éclat de diamant de ce qui sonne juste et vrai...

 

S'affranchir de toutes questions dans l'avancée de toutes réponses...

 

Chaque pas retrouvant empreinte des précédents depuis qu'une humanité fragile et souvent déroutante tente une progression élancée, mais contradictoire vers la pleine Lumière...

 

L'amour seul fait relief dans la platitude du paysage humain...

 

 

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Les monts dans leurs étendues sauvages, en leurs domaines et royaumes herbacés, à la fois uniformes, singuliers, spécifiques et pluriels ; les monts arasés par l'écoulement du temps et le déchaînement des éléments ; les monts, « désertiques » au premier regard, mais si tant peuplés de rêves et d'imaginaire...

 

Un spectacle semble-t-il de désolation pour le regard qui n'a que du sable dans les yeux...

 

Un écosystème, un biotope, faisant l'économie du superflu, du dérisoire, de l'encombrant, mais concentrant tout effort, toute énergie, pour préserver et déployer au mieux ce qui est symbiotiquement assemblé en ces lieux, ce qui se tient là dans l'adversité des saisons chaudes et froides, une sorte de fraternité végétale, animale et minérale sans cesse soumise aux vents tempétueux et rageurs...

 

Magnificence d'un paysage dont l'extrême dénuement nous rend semblable à lui nous revêtant de sa beauté éclatante aussi éclatante et éblouissante ; indicible en vérité, que le drapé de soie glissant des épaules d'une jeune fille amoureuse du printemps...

 

Ici tout orgueil s'abandonne, ici l'humilité simple et heureuse d'un contentement densifie et intensifie notre sage, paisible et sereine présence au monde...

 

Tout se tient, réside, s'écoule et ruisselle ici dans la contemplation d'un nuage éphémère qui se forme puis se déforme dans la mouvance de l'espace et qui embarque nos libres pensées en son voyage... (L'équilibre étant « la route des nuages » selon

Lao Tseu)...

 

 

 

Le temps de l'homme s'est frayé un passage dans le terreau des siècles et l'humus des générations et le voici qui file encore et toujours vers les incendies de l'aurore et du crépuscule...

 

Routes linéaires et serpentaires pour un poème qui ne cesse de réécrire sa prose incertaine et qui ne veut, de signatures, que de lumière...

 

Avancer, ne pas cesser d'avancer avec parfois le recul nécessaire...

 

Le chemin est bordé de lisières herbeuses, de talus, de fossés, de haies malmenées par le Nordé et son chargement de sel marin...

 

 

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Quelques haltes, quelques pauses, pour ne pas oublier totalement les haltes et étapes du chemin parcouru, les rencontres offertes à notre joie, à notre éveil, à notre compassion, à notre ignorance, à nos découvertes, autant de bouquets fleuris déposés sur l'autel des jours et sur la table dolménique des nuits...

 

 

 

La « reconnexion » ; le symbole de tous les symboles le quel nous invite à rassembler en un tout cohérent et accordé tout l'épars, tout le dispersé, tout l'écartelé, de notre être et ce, dans un sentiment d'unité alliant mouvances et mouvements, émotion et intelligence du coeur...

 

De tels lieux contiennent cette fabuleuse capacité qui consiste à restituer à chacun et à chacune ce dont il a été dessaisi par des idéologies du conditionnement et du formatage et qui lui a fait jusqu'alors cruellement défaut...

Peut-être cette enfance au goût de mûres ou cette innocence du Vivre, peut-être cet « ensauvagement » où gambadent en riant l'instinct et les dispositions naturelles à être en harmonie avec tout ce qui meut la grande roue des saisons et des mondes...

 

Le chant ici, le chant premier, planant sous les rémiges d'azur et paré des plumes du silence...

 

Il n'y a pas de nudité plus grande, plus émouvante, plus doucement fiévreuse, que ce que les nues nous dévoilent dans la rosée d'un matin calme...

 

 

 

Marcher en mêlant notre souffle de vie à tout cela qui insuffle celui-ci...

Puisse l'humain dépareillé retrouvé en de tels territoires sa « nudité » !...

Puisse la réalité la plus pure lui faire parure de feuilles et de mousses...

 

Nul repère, ni phare ni amer... L'étendue seulement, toute l'étendue, vaste et immense....

 

La pérégrination se fait entre genêts et ajoncs, entre fougères et bruyères, entre le ciel et la terre, entre énigmes et mystères, au sein même du poème séculaire de la Création...

 

Nous ne saurions ici et maintenant, dans l'heureuse fièvre de l'instant, être, chacun, chacune, pénétrant et pénétré sans avoir, en notre, âme cette virginité et ce désir d'union...

Sans attendre et souhaiter (art d'amant) une prodigieuse « fécondation »...

 

 

Corps et cœur « fondus » de plénitude et de gratitude

parmi l'ouvert et l'offert de tout ce qui s'offre, se donne et ne reprend...

 

 

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08/08/2018
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