Les dits du corbeau noir

REFLEXION : D'OU VIENNENT LES DRUIDES ? (ETUDE PARTIELLE) BRAN DU 05/MAI 2015

D'où viennent les « druides » ? Etude partielle Bran du Mai 2015

 

Avertissements :

 

Tout ce que nous affirmons du monde Celte dans le domaine de la Pensée ne l'est que par hypothèses, projections et interprétations plus ou moins plausibles et argumentées, nous ne savons et ne pourrons savoir, en vérité, qu'elles étaient, réellement, ses croyances et concepts associés...

 

Ceux qui en avaient pensé les bases, fondements, structures et agencements n'ont pas souhaité fixer leurs doctrines sachant qu'elles auraient lieu d'évoluer dans l'espace et le temps...

 

On leur à fait maintes reproches au point de les traiter de « barbares » et « d'incivilisés », mais, tous les comptes et les procès faits, ce sont bien là des « sages d'entre les sages » qui ont refusé, en toute connaissance de cause à effet, de mettre la vie, (et ce qui l'anime de force, d'énergie, de vibration, de lumière...), à demeure, de l'enclaver, de la définir une fois pour toutes avec rigueur et inflexibilité ; c'est-à-dire de « dogmatiser » péremptoirement et outrageusement le vivant et tout ce qui le constitue de visible et d'invisible...

 

Et ce, parce qu'ils servaient une Loi supérieure à toutes les autres ; une Loi d'équilibre et d'harmonie, de cohérence, de processus symbiotiques, de synchronicité et de concordance, qu'ils plaçaient au sein même du processus permanent et immortel de l'Evolution ; une Evolution poursuivant inlassablement la « Geste Créatrice des Origines de tout être, de tout objet et de toute chose. »...

 

Ils se voulaient associés pleinement à ce qui « Fût, Est et Sera » par-delà et au-delà des turbulences et vicissitudes des pérégrinations humaines et existentielles...

Ils savaient, o combien, l'humain est sujet à faillir et à se détourner des lignes morales qui le contraint à servir une éthique et une spiritualité sans lesquelles, renversant les plus justes et mesurées « valeurs », il retourne vers le chaos semant le désordre destructeur en lui et autour de lui...

 

Alors oui, la tache est difficile, mais non impossible si, par recoupement de données fiables ou des plus plausibles qui soient, on peut se « rapprocher »des lignes de force et des axes majeurs de la Pensée celtique des origines en comprenant déjà son Essence, son Anima, la Matrice conceptuelle, le Chaudron d'Abondance, de Connaissance, d'Harmonie, d'Immortalité dont elle à jaillit...

 

Mais n'oublions pas une donnée essentielle, primordiale, fondamentale, élémentaire et pourtant rationnellement écartée :

L'Esprit qui impulsa, inspira, conduisit, accompagna de telles conceptions...

 

C'est par le Souffle de l'Awen, cette Emanation directe d'un Principe dit Incréé, que fut donné et insufflé, à nos Grands Anciens et Grandes Anciennes, un « Germe de Lumière » transcendant toute forme d'obscurité....

 

L'Awen est ce Verbe innomé qui conjugue tout être et toute chose de l'imparfait au plus que parfait en sa finalité....

 

Un Verbe qui participe pleinement du passé, du présent et du futur.... Qui est en Lui-même et par Lui-même une « conjonction de coordinations », qui compose, décompose puis recompose sans cesse le « Chant des Mondes » et les « Partitions du Vivant »...

 

Nous sommes, si nous le souhaitons et le désirons, si nous en avons un lucide et clair entendement, si nous comprenons que ce Verbe est aussi et surtout, «  un Verbe d'Amour et de Don », et si nous en avons pleine conscience... les servants et servantes de Celui-ci....

 

Notre pensée est une pensée « anhistorique » par Principe et Essence, elle est autant mythique qu'archétypale et puise abondamment dans le livre grandement ouverte et offert de la nature et de l'univers ainsi que des cycles et lois qui animent ceux-ci...

 

C'est dire qu'une telle pensée transcende l'espace et le temps !

 

Et donc qu'elle nous est « accessible » et « compréhensible » à tout « instant » ; « instant » dans lequel se concentre son éternité !...

 

///...

 

 

Ce que nous savons » historiquement » de ces « Sages » du monde Celte ; nous le savons essentiellement par des observateurs Grecs ou Romains de première mais de seconde main pour la plupart qui, lorsqu'ils on été en contact partiel avec certaines populations dites ou supposées « celtiques », on décrit le plus souvent une société qu'ils ne comprenaient pas ou qu'ils dénigraient pour des raisons politiques et idéologiques....(Et pour César lui permettant de justifier autant que possible, devant le Sénat romain, de l'envoi de la logistique militaire et des fonds nécessaire à ses conquêtes !)...

 

Les autres sources relèvent des travaux universitaires et de chercheurs émérites, mais aussi des recherches archéologiques et de leurs progrès incontestables et significatifs de ces quarante dernières années...

 

D'autres éléments proviennent d'études comparatives avec des civilisations indo-européennes proches, de l'immense trésor littéraire gallois, irlandais, breton et brittonique (en partie recouvert du vernis chrétien) et, dans une faible mesure, de quelques traits du folklore européen...

 

///...

 

Pour bien des chercheurs et non des moindres, il n'y a pas de civilisation celtique sans un corps « d'élites », sans une confrérie de sacerdotes, penseurs et théologiens, à l'origine même de cette civilisation...

 

On situe leur première apparition à la fin du 2è millénaire avant notre ère ou au début du premier millénaire, ce qui fait une présence sur le sol européen et sur une petite partie de l'Asie mineure d'au moins 1000 ans...

 

Mille années d'un sol, d'une mémoire, impactés par une pensée hautement philosophique, grandement spirituelle et religieuse, ce n'est pas rien !...

 

Comment un tel héritage aurait-il pu disparaître définitivement sinon sous l'action d'hommes totalement investis, au nom de leurs propres idées et croyances, dans la disparition et la suppression, par tous moyens y compris les plus cruels, les plus mensongers, les plus violents, de ce substrat traditionnel ancien ?

 

On ne déracine pas un tel arbre, on ne « désouche » pas son ancrage dans cet humus originel qui nous a fait femme et homme !

 

Nous sommes l'arbre de vie de « l'Arbre de Vie ! ».... ramifiés à l'absolu et à l'immense !

 

Nous avons été longuement spoliés d'un tel legs pour des raisons totalement politiques, étatiques, religieuses qui craignaient de perdre leurs puissances et pouvoirs en laissant librement les populations se livrer à leurs anciens cultes, rites, pratiques et croyances relevant d'un paganisme combattu et harcelé...

 

Plus encore, dans le fait que tout diktat, dogme, autoritarisme, ne peut laisser croître et se déployer, en germe, en semence, puis en faits, actes et gestes, des doctrines « insurrectionnelles », philosophiques et spirituelles qui prônent une liberté responsable, consciente et lucide, contestataire, capable de résister, de s'indigner et de combattre par son libre arbitre, sa libre pensée, sa libre critique, ce qui s'oppose à une conception de l'être, de son présent et de son devenir différente et contraire aux modèles imposés souvent tyranniquement et au détriment d'une « vraie vie » et de l'être lui-même...

 

Il faut une « sacrée » Force, Energie et Lumière à cette « conception » libertaire et engagée pour avoir pu et su traverser des siècles d'intolérance, dé médisance, de manipulations et de récupérations politiques, idéologiques, charlatanesques et marchandes, de défigurations racistes et xénophobes, d'appropriations extrêmes et éhontées !.... (Sans parler des caricatures plus ou moins sympathiques et acceptables, des procès sectaires qui lui furent faits, de sa non reconnaissance en tant que « civilisation » à part entière, mais enfin et très tardivement reconnue, de son absence encore maintenue dans les apprentissage scolaires etc...)

 

On pourrait y ajouter les casseroles que l'on continue aussi de lui accrocher dans ses avancées et progressions vers un nouveau monde , vers un « autre » monde, nous délivrant des aberrations dangereuses et périlleuses qui conduisent l'ancien vers d'autres formes chaotiques porteuses de souffrances accentuées et de destruction inexorables...

 

Alors oui, ce sont là des prouesses et des exploits dignes des héros, des mythes, des archétypes, du Monde Celte que cette traversée périlleuse sur la lame d'une Epée de Lumière posée entre les rives « historiques » du temps et de l'espace et qui transcende l'orgueil, le mensonge, la cruauté humaine, pour porter l'humain vers d'autres rives plus conformes à sa noblesse et à sa dignité d'Etre...

 

Cela dit nous sommes en ce propos dans le cheminement et le devenir de notre Tradition et nous nous proposions au début de cette réflexion d'en connaître l'origine ce qui se présente des plus ardu !...

 

 

 

Quand apparaissent ceux que l'on nommera Druides ?

 

Nous ne disposons d'aucune sources fiables à ce sujet, mais que d'hypothèses donc incertaines et contestables par nature....

 

Pour les anciens Grecs, les Druides auraient été parmi les premiers « sages » ou « philosophes » de l'Antiquité et ce sous la dénomination de « mages » ; par la suite on les apparentera aux pythagoriciens du fait de conceptions proches...

 

On en peut séparer cette classe sacerdotale des premières populations que l'on qualifiera par la suite de « celtiques » avec beaucoup de prudence quand à ce titre bien contesté et contestable....

 

Les origines de ces populations sont elles aussi sujettes à débats de même que de faire remonter leur existence archéologiquement avérée à des « protoceltes » et aux traces laissées par eux...

Les méthodes de datation qui se sont perfectionnées ces trente dernières années ont fait reculer dans le temps la «présence dite celtique » qui a gagné en antériorité...

 

On imagine mal aujourd'hui l'importance des déplacements et mouvements de populations opérés à ces périodes où l'on bougeait beaucoup ; c'est, à travers la « future Europe » une oscillation entre nomadisme et sédentarisme...

 

Origine et provenance demeurent un mystère, mais il a fallut du temps, de l'observation, un champ d'expérience, d'accumulation de données, de savoir, de connaissances, de pratiques, d'analyses, d'études, d'observations, de réflexions, de déductions, d'intuitions, de perceptions, d'imaginations et un regroupement de tout cela pour concevoir et élaborer une confrérie « d'initiés » formés à ces disciplines et à leur maîtrise aboutissant à un concept philosophique et spirituel apte à générer une cohésion sociale autour d'une éthique, de règles de vie individuelles et communautaires, d'une pratique religieuse ; tout cela compris, désiré, souhaité, accepté et appliqué...

 

Une telle conception, si elle tombe en partie du ciel (du souffle inspirant de l'Awen), provient également d'une mémoire et d'autres ébauches relationnelles engagée bien avant à la rencontre du mystère, de l'inconnu, du divin et du sacré et de leurs forces, énergies, puissances, pouvoirs etc...

 

Cela implique que les bases et fondements de ce qui sera appelé le druidisme a du emprunté pour partie aux concepts antérieurs à leur existence pour les « dépasser », les prolonger à des niveaux plus élevés de plans de conscience et de représentation...

 

Et la base « philosophique couplée avec celle de la spiritualité » à du représenter, selon moi, l'apport le plus considérable dans la nouvelle façon d'appréhender et d'incarner la relation au Divin et au Sacré afin d 'édifier autour de cela une société structurée selon le modèle indo-européen et sa tripartition de fonctions et de classes...

 

Car il y a incontestablement des rapprochements à faire avec ce type spécifique de structuration tel qu'on le retrouve assez similairement aux Indes, dans les pays scandinaves et germaniques etc...

 

(Voir à ce sujet les travaux de G Dumézil, même si ceux-ci sont contestés ou remis en cause aujourd'hui.)

 

Reste la question de savoir quand, comment, où, de quelle façon, cette organisation trifonctionnelle de la société a procédé à des ramifications au sein de populations à priori en transhumance ou recherche de territoires où se fixer ou encore s'est « exportée » vers d'autres contrées ?...

 

Des études comparatives montrent des analogies dans les grandes épopées des sociétés indo-européennes et des équivalences

fonctionnelles au sein des panthéons respectifs....

Cela implique donc des, liens et des relations, des passations et transmissions de modèles et de conceptions transposables et transposés...

 

Hors ce fond « commun », nous ne disposons pas d'autres sources si ce n'est celles que peuvent peut-être nous apporter les mondes celtiques insulaires irlandais et gallois dont il semble bien qu'ils ne soient guère et fondamentalement différents du monde celtique continental pour ce qui est des éléments majeurs constitutifs de ces sociétés...

Il y a nous disent les chercheurs des éléments unitaires dans la diaspora celtique entre les deux rives de la Manche...

 

Un recours qui vaut ce qu'il vaut provient de la mise par écrit en Irlande d'une partie de la tradition orale non sans que celle-ci ne subisse une censure et des recouvrements opérés par les moines chrétiens retranscripteurs...

 

Il est dit dans ce corpus littéraire que Les Druides primordiaux habitaient les « îles du Nord du monde » et que c'est là que les Tuatha Dé Danann reçurent l'enseignement druidique avant que de s'installer en Irlande...

 

L'origine nordique (plus mythique que géographique d'ailleurs) de la Tradition semble bien attestée du fait de l'importance donnée au Nord, (à la localisation nordique), dans les textes et les récits compilés alors...

 

Le Nord demeure le lieu de l'enseignement et de l'initiation ;

soit le lieu du commencement et du « point source et souche » des Connaissances que requièrent ces deux éléments majeurs de la Tradition qui ne peut se maintenir et évoluer que dans le cadre d'une « transmission »... (Tradere en latin signifie transmettre!)...

 

Le « retour «  au terme de l'existence humaine vers le Principe, l'Essence, la Matrice... etc, se fait par voie d'océan (passage par l'eau)

et en direction d'un large spectre ou éventail ou arc Nord et Ouest (confondu volontairement à priori)...

 

Si le retour vers les « Îles promises » et « d'Eternelle jeunesse », la « Terre des Vivants » ou « la Plaine des Femmes et des Plaisirs » se fait dans cette direction afin de rejoindre l'origine de tout être et de toute chose, alors on peut penser que fin et origine ont une même orientation : le NORD.

 

Et nous devrons nous contenter de cela ! Mais, cela est en effet un contentement des plus vifs, des plus émouvants, des plus élevés et des plus profonds !

 

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06/06/2015
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