Les dits du corbeau noir

CHRISTIAN BOBIN (SUITE) LA NUIT DU CŒUR (EXTRAITS D'ENTRETIEN) 2019 BRAN DU 21 05 MAI

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Photo Bran du

 

 

 

Christian Bobin La Nuit du cœur (Extraits) Gallimard éditeur...

Entretien avec Marie Serve Librairie les Volcans à Clermont-Ferrand

 

Notes Bran du Mai 2019

 

 

 

Christian Bobin nous a merveilleusement offert une mesure de grandeur d'une étonnante équivalence ; ainsi un brin d'herbe peut équivaloir tous les trésors contenus dans le Musée du Louvre... et le rire d'une enfant toute la voie lactée...

(Un pissenlit procure plus d'émerveillement qu'une cathédrale.)

(Certaines images, certains mots sont plus beaux que tous les bijoux de la place Vendôme.) Ch Bobin

 

 

Nous ne sommes plus déjà depuis longtemps dans la capacité à jouir de telles équations et de la résolution de joie qu'elles procurent, simplement par la seule force d'évocation, d'image et de rapport qu'elle offrent féeriquement à notre cœur instantanément réenfanté...

 

 

Il nous parle ainsi d'une humble lingère qui aux étages d'un hôtel change les linges de chambre et ce quotidiennement mais, avec des bras d'orfèvre officiant comme un vent frais qui d'un seul souffle mettrait à nu un espace offert à de nouvelles respirations...

 

 

Pas de mots, pas de paroles chez cette femme dite de ménage, mais un savoir faire, efficient, attentionné, qui chaque jour remet la vie, l'aube, l'aurore, le jour même, dans des draps neufs....

Il n'y a que de telles femmes pour « ménager » ainsi le temps et l'espace sans se ménager pour autant !....

 

 

Christian Bobin possède et redistribue « l'art du détail » et replace celui-ci, cette infime partie (restituée dans sa visibilité et sa réalité) dans un grand tout qui sans elle perdrait de son « immensité » et de son « unité »...

 

C'est sa capacité à prélever l'inaperçue qui donne à sa vision un horizon incommensurable, absolu, infini donc...

 

 

Le fragment de vie restitué par la lumière du poète nous offre la pièce manquante à l'achèvement du puzzle existentiel...

L'instant lors est complet et l'éternité s'en réjouit...

 

 

Ce n'est pas parce que la vie est un phénomène, un mécanisme qui est passé progressivement d'une certaine forme de simplicité pour atteindre une extrême complexification que nous devons faire de même au risque de créer dans notre océan existentiel une nostalgie incurable et implacable (souffrante par ailleurs) de l'oubli de nos sources qui s'y sont déversées !...

 

 

La simplicité ne serait être cette faiblesse péjorative dont on l'attribue et la masque ; elle à la force d'une extrême concentration qui quand elle explose nous lance sa « cosmogénèse » à la figure !...

 

 

 

Il nous est proposé d'entendre, de comprendre un langage de fleurs, d'oiseaux et d'insectes, de réapprendre l'alphabet premier de la Vie, de retracer cette marelle qui nous mène de l'absurdité à la claire compréhension, de rire avec le cresson de fontaine et de nous ébattre dans l'étang où se reflète le passage furtif des étoiles pressées de semer leur lumière dans l'autre étang de nos yeux...

 

 

 

 

 

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............................

 

 

Que nous dit Christian Bobin dans ce nouvel ouvrage dont le récit à la ville de Conques pour support, Conques et son abbaye, le vide de son abbaye, les pavés, les murs, les pierres de celle-ci et surtout les vitraux réalisés, conçus par Soulage (un peintre qui a passé un contrat avec la lumière.)

 

 

Quelques éclats de ces vitraux :...

 

 

Tomber amoureux : c'est inexplicable...

 

 

On peut déplorer la disparition de la simplicité, cette disparition produit de la souffrance...

 

 

Il s'agit de s'effacer devant la Lumière afin que celle-ci fasse son ouvrage...

 

 

De l'étrange ouvrage qu'est l'écriture …

 

 

La première phrase jetée sur le cahier amène tout le reste...

(l'auteur (écrivain et poète) ne sait où elle va, mais c'est elle qui « conduit »)...

 

 

C'est écrire ou mourir....

 

 

L'écriture, la lecture est un acte de résistance... (Contre l'engourdissement aussi)...

(Il y a une guerre non violente à mener contre l'engourdissement de soi.)...

 

 

On est intelligent quant on se confronte à soi, aux autres...

 

Les zones de sagesse, de spiritualité sont « dangereuses » , leur fréquentation requière une fantaisie souveraine non préméditée ni fabriquée...

 

 

J'écris pour « l'autre que je suis », pour quelque chose qui en moi et plus que moi... Atteindre et faire respirer en nous cette part de nous qui est en friche... (Une solitude) (Un silence qui est notre vraie parole.)...

 


La plus grande fusion que peut produire la lecture d'un livre doit irradier notre vie...

 

 

 

 

 

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La vraie racine ; c'est l'humilité (Se souvenir lors que l’étymologie du mot homme signifie humus et a aussi donné le terme humilité. NDR)

 

 

L'Autre-Monde ce n'est pas l'au-delà ; c'est ce qui est absolument et invisiblement mêlé au notre. Il y a en nous une petite porte battante qui permet le passage (dans les deux sens)...

 

 

La Nature nous instruit profondément. Elle fait partie de nous, nous sommes partie d'elle. Elle est dans notre respiration, dans nos sourires...

 

 

Mon ouvrage c'est juste faire entendre à mon tour ce que moi-même je reçois, j'entends du « bien commun »...

 

 

 

Je sais très bien les ténèbres et les pesanteurs de cette vie... J'avance dans la nuit...

 

 

 

La splendeur, la beauté, la poésie s'arrachent de tout ce qui veut les nier...

 

 

Joie et tristesse font partie d'une même famille...

 


Les choses me parlent...

 

Je ne sais rien dans ce monde qui ne soit pas vivant à part ceux dont une ambition ronge le cœur jusqu'à n'en laisser que de la poussière...

 

 

On est tous foutus à la porte, tous privés de maison, mis dehors. (Par notre manière de vivre et par le monde que nous avons laissé croître) Il faut bien que quelqu'un nous ramène à notre maison... La beauté, la tendresse (non sentimentale) le poème, (un livre), nous ramènent à l'essentiel, au souffle intérieur au silence qui ne nous quitte jamais...

 

 

L'auteur à le sentiment constant que dans cette vie il n'y a pas de vraie séparation entre les vivants et les morts, entre les absents et les présents, ceux qui paraissent vivants et ceux qui paraissent morts....

 

 

 

 

 

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Il n'y a rien dans le temps, il y a toute la vie dans certains instants qui échappent au temps...

 

 

Christian Bobin parle de ses auteurs favoris dont Jean Marie Kerwich (L'Evangile des Gitans / Le Livre errant / L'ange qui boîte...)

 

 

Il y a des gens simples (comme les prophètes des origines) qui ont reçu le don de la parole. C'est à dire qu'en parlant il ont la capacité d'ouvrir toutes les portes closes, de desceller nos cœurs, et de les dégeler...

 

 

C'est peut-être nous-mêmes qui empêchons le meilleur de nous-mêmes de vivre. Nous avons besoin aujourd'hui de quelqu'un qui peut nous faire entendre le tutoiement des fleurs tournées vers nous, le chuchotement du soleil qui nous demande d'arrêter nos démences...

 

 

Un pain sur la table, un verre de vin... voilà ce qui peut nous réjouir...

 

 

 

 

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21/05/2019
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