Les dits du corbeau noir

CHAOS du GOUET III Géo-poètique Bran du oct 2012

Chaos Du Gouët III (St Anne du Houlin - 22)  octobre 2012                 Bran du

A Bernard Boisson, compagnon d’arpentages essentiels…

                    Séquence après séquence
                    Bout à bout
                    Dans le chaos de la pensée…

Dans leur trajectoire rectiligne, les geais tissent la trame de ce jour d’un fil noir et bleu qu’ils étireront jusqu’au crépuscule…

Une sorte de fascination s’exerce ici pour toutes les lianes qui s’enroulent sur l’axe ascensionnel menant à toujours plus d’espace et de lumière… Toute architecture de cette forme est « génésique », l’A.D.N comme le tournesol…

Une rivière nous aide à retrouver l’origine, le primordial et l’essentialité au sein de nos aspirations, elle nous renoue à la « reliance » fondamentale en nous déliant de nos encombrements…               Ce dénuement nous rend propice au recouvrement, un recouvrement fait de rosées, de feuilles, de lichens et de brumes…

Puisse, en ce lieu, ma pensée être comme ces lianes qui épousent, enlacent, étreignent l’arbre d’espérance….Puisse tout mon être « s’enspiraler » sur le bâton de danse…

Arpenter, sans halage, ce chemin fait de berges sinueuses, c’est chalouper d’un bord à l’autre des rives du temps, longer d’un rivage à un autre un flux d‘entendement, c’est godiller entre questions et réponses ou non réponses…

C’est tantôt pénétrer l’intime, tantôt être pénétré par le profond…                                             C’est tisser par navettes successives une trame pour le dehors et le dedans ; une trame pour faire onduler entre les tensions adéquates un fil de compréhension et de jouissance…

Devient proche, lors, ce qui était éloigné, visible ; ce que nous ne savions plus percevoir…
S’offre le dissimulé… Tout le « possible » se tient là en corbeille d‘herbes et de nuages…

Chaque détail concentre en lui-même l’énergie, la force, la lumière qui sont communes à l’ensemble…

Se savoir invité aux noces suscite, en soi, une jubilation et une pétulance, qui font du corps, du cœur et de l’esprit de très heureux convives…

Pierres en assise
Homme en assise sur la pierre…
Là est le fondement !…

Dans l’arrondi des blocs amoncelés, il cherchait la faille, l’échancrure, l’interstice où s’engouffrer tout à fait sachant qu’il ouvrirait alors, en lui, un passage inédit vers l’insoupçonné de son être…

Pour l’heure, pour l’instant, le flux sans reflux…

La rivière pour fil d’Ariane…

La fragmentation pour aborder un tout qui lors consent à quelques perceptions éclairantes…

Descendre le cours pour remonter le temps, puis, aller, en totale vacation, de l’estuaire à la source…

Jadis, ici, des bonne fées s’apprêtaient autour du berceau de l’Homme !…

Humus et terreau pour vivier d’abondance…

Fonds de vallée
Fougères ployées
Sous la paume automnale…

Des voiles de cuivre et de rouille glissent sur le pentu du val…
Tout se dénude devant les ambassades de la mort…

Ici les fractures anciennes
Le brisant des siècles…
En nous aussi, des fêlures sur la faïence jadis bleue de la mémoire…

Dansées des ondes qu’orchestre la lumière…

Je suis, je le sais, ces arabesques fluides dans l’enluminure de la terre…

Je suis d’imaginaire dans l’onciale de la vie…

Pour très peu, je me ferais saumon !

Lorsque tant de mousses, de tiges, de liens, étreignent, enveloppent, enserrent, comment ne pas ouvrir ses bras, offrir son corps, allumer la lampe du fou et pur désir ?…

Le cœur en cascade s’offre à tous les rebondissements…

Etre ce saule insulaire, planté là dans un creuset de pierre… Le premier, le seul, à avoir oser « mettre racine » sur cette île de granit… Les eaux le saluent à leur passage…

Quand la pensée est sans amant, le corps est en veuvage…

Les mots en tissage de sens et de perceptions peuvent-ils traduire le plus fluide, le plus transparent d’un tel écoulement ?...

Nous n’en saurons que peu s’en faire plus ample connaissance…

Etre, renaître, s’initier au soi fécondant, implique ce « chemin d’eau » !

Une pierre géante ?
Non, une baleine échouée
Entre l’onde et la berge…

Toi, eau vive, « Aqua Vita », faite d’écoulement et d’enlacement, toute affairée à polir les arrêtes et les angles, enseigne-nous, veux-tu,  la faculté d’enceindre, d’envelopper, de se mouler aux courbes et aux  « ployances » de ce monde…



05/10/2012
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