Les dits du corbeau noir

Chamanisme (suite de la reflexion) bran du 07 08 2012

DU CHAMANISME…

Chacun cherche son Chaman (Un film de Roland Pellardin) ( Suivi de rituels de guérison et de divination d’Ocidentaux ponctué de commentaires de sommités dont Roberte Hamayon )

                « La pratique est la forme la plus achevée de la théorie. »                                         un anthropologue

Extraits / Etude et commentaires Bran du

La plupart des personnes qui viennent vers le néo-chamanisme sont en état de demande de ce qui « changera leur vie » , d’une modification notable de leur existence et des souffrances qui l’accompagnent…

C’est pour certains ou certaines un « cri de liberté »  et une façon de vivre en harmonie avec la nature que l’on intègre sans la dominer « faire partie intégrante de la nature, être relié à elle »… Il est question de se « rebrancher », de « remettre en ordre une somme de désordres »…

Le chaman est un intercesseur qui appelle des esprits afin de rétablir des équilibres et qui est reconnu par sa communauté du fait de ses compétences et qualités pour assumer efficacement ses fonctions…. (Il est appelé à vivre une mort symbolique, « initiatique », afin de renaître avec de nouvelles forces et de nouveaux « pouvoirs »)

C’est un guide individuel et communautaire qui dialogue avec le monde des esprits selon diverses méthodes et conventions… L’art chamanique consiste à se concilier les esprits et obtenir l’aide, le soutien, le conseil de ceux-ci en vue de rétablir les harmonies….

Cette démarche vers le « chamanisme » européen touche approximativement 25 % d’hommes et séduit donc une majorité de femmes qui se sentent plus proches de lui et de leur faculté intuitive…   Il s’agit d’entreprendre un travail à la fois spirituel et de « guérison  », de se sentir en harmonie avec soi-même et son environnement….

Mal compris en Occident au cours des siècles derniers où la « peur du sauvage » sévissait, où on considéraient les chamanes comme des « malades »,  il interpelle de plus en plus le monde moderne qui sollicite auprès des chamans de divers continents l’enseignement et le témoignage d’une sagesse, d’un discernement, d’un entendement « fondamental » autorisant le retour à des équilibres et à des harmonies sur tous les plans…

C’est aussi une quête de l’essentialité qui implique de se débarrasser selon divers rituels dirigés par le chaman des encombrements émotionnels, affectifs très souvent, qui alourdissent la vie et ne permettent pas l’usage conscient et heureux d’une vraie liberté… Il s’agit de « lâcher prise », de restituer, d’évacuer, sous diverses formes et de différentes manières ce « pesant » dans l’existence… Ce travail est le plus souvent réalisé en groupe lequel est au service du chaman et de sa mise en œuvre « thérapeutique » au sein de celui-ci pour un bénéfice individuel d’un membre « affligé » de cette communauté…. On explore dans un accompagnement attentionné les profondeurs obscures de notre être et on favorise un état de conscience modifié afin de faire rejaillir les scories accumulées, les souvenirs douloureux enfouis et recouverts… on réactive dans un état de « relaxation » des facultés latentes, l’imagination, le créatif, l’inductif…. On fait œuvre de recouvrance tout en se dépouillant de ce qui n’a pu à demeurer en soi…  (On expérimente le fait de s’extraire de soi-même pour souffrir moi
En ces rituels on procède à des « épurations », des « nettoyages » du corps et du mental, on fait des offrandes, on passe des convenances, on appelle et convoque les « esprits », on danse, on chante, on cri, on invoque, on incante, on prie, on honore… Tout cela implique une croyance en l’existence au sein de la nature, de l’univers visible et non visible, d’entités agissantes bienveillantes ou non, protectrices ou non… et de la nécessité de se concilier positivement ces forces et énergies…à des fins de guérison….

Un chaman se définit lui-même comme un générateur de lumière traduisant l’invisible dans une réalité visible, usant de sa pensée et de son souffle pour gérer au mieux ce champ de force et d’énergie… Il rappelle que le monde à besoin de plus en plus de ritualiser, de renouer avec le sacré qui est pour lui l’Essence de la vie… Il invite au respect des mondes naturels, à la protection des savoirs ancestraux, à la transmission des « vraies valeurs humaines et traditionnelles » et témoigne ici et maintenant de la survivante efficiente de sa sagesse et des connaissances et pratiques qu’elle détient encore….Il rappelle également que tout don implique un contre don et que l’on ne peut recevoir sans offrir et inversement….

C’est en cela une aspiration à l’homme nouveau, à la femme nouvelle et donc une démarche axée sur la renaissance « initiatique » encadrée par un chaman ou une chaman e auquel les esprits font manifestement signe en lui conférant des « pouvoirs » de guérison et d’ouverture à la spiritualité…

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A la vision de cette vidéo il m’est apparu que le centre de tout cela s’adresse à ce que l’on appelle « L’âme » et que celle-ci est au cœur de l’action entreprise par le chaman et ceux et celles qu’il guide et accompagne avec le soutien efficace des esprits convoqués à cet effet…

C’est donc de l’AME humaine qu’il s’agit, de la nécessité de reconnaître son existence pour renaître soi-même à la vie sur de nouveaux plans et états de conscience en retrouvant cœur et centre au sein d’une conscience éveillée qui aspire au rétablissement des équilibres et harmonies générateurs d’évolutions « satisfaisantes », motrices et dynamiques….

Roberte Hanayoun, spécialiste du chamanisme, parle des chamans comme des « passeurs d’âmes » et cela me paraît tout à fait vrai… C’est une âme que notre Tradition considère elle aussi comme immortelle et qui requière les plus grands soins, les plus vives et aimantes attentions…   Nous sommes, en nos peurs, en notre ignorance, le plus souvent orphelins de sa présence bénéfique et des formidables appuis qu’elle pourrait nous prodiguer si nous faisons acte envers elle de « reconnaissance »…

Cette âme c’est le noyau du fruit, le moyeu de la roue du mouvement même de la vie…

Je ne vois pas de différences notables entre la recherche, la quête fondamentale et initiatique d’une démarche chamanique et le cheminement druidique si ce n’est en des formes singulières et spécifiques aux cultures, civilisations et traditions qui devraient en être les gardiennes vigilantes…..  Il y a au fond un fond identique qui est l’Essence de l’Ame…

 

Ce qui suit n'engage comme à l'habitude d'ailleurs que ma personne et relève d'une analyse de faits, d'observations, et de situations "concrètes" qui se veut exempt de "jugement"....


Personnellement, je ne peux concevoir dans un rituel, que quoi ou qui que ce soit se tienne en dehors du cercle de la communauté réunit… Le cercle étant rituellement tracé rien ne saurait le déborder, rien ne saurait se tenir en son dehors si ce n’est-ce que l’on ne peut « nommer » autrement que par un langage et une approche imparfaite car relevant du non humain…

Se tenir en dehors, à l’écart de ce cercle me semble relever d’un orgueil, d’une démesure, d’une incompréhension majeure octroyant à un individu une place qu’il n’a pas à occuper et c’est pour moi une usurpation matérielle qui entend supplanter l’espace consacré exclusivement au divin, au principe, à l’Essence même…. Nous sommes tous Enfants de ce Cercle et fils et fille du point qui en assure l’heureuse régence et il n’y a pas de préséance au sein de la « communauté de l’Anneau » où chacun et chacune occupent la place du cœur dans la couronne des noces collectives….

Se placer à l’écart, en dehors c’est assoir son pouvoir, sa domination, sa prétention, son égo, sa dominance et subordonner un ensemble à cette « position » en créant une distance, une distinction, porteuse d’autorité, d’ascendance et de possessivité qui ne peuvent me convenir ni convenir à la Tradition dont je m’efforce en dignité d’accroître le précieux héritage….

Faire référence à cette Tradition occidentale implique de la connaître, d’être né et rené en elle, avec elle, à travers elle et cela ne supporte pas l’approximatif, le non maîtrisé, les interprétations hasardeuses et invérifiées, la méconnaissance donc…  

 

Tradition à le sens merveilleux de transmettre, nous avons à avoir une grande exigence dans la qualité et la véracité, l’authenticité de ce que nous transmettons afin de ne pas semer de confusions préjudiciables à une saine compréhension…. Un savoir n’est jamais une connaissance… C’est une accumulation de données plus ou moins vérifiées et attestées sujette à toutes les interprétations( y compris les plus fantaisistes) auxquelles on donne une valeur de « vérité », d’authenticité qui ne peuvent que défigurer le visage originel que l’on donne ainsi à voir, à comprendre, à aimer…

L’exercice du sacré relève du don et du contre don et ne saurait sous aucune forme être inféodé au matériel ou être mis en collusion avec la matière qui lui est, en tout, subordonnée…. Il ne peut y avoir aucune interférence au sein du sacre avec ce qui appartient au monde matériel… cela vaut sur le plan spirituel mais aussi en ce qui me concerne sur le plan philosophique et même « politique » au sens noble du terme…

 

Les chamans amazoniens, ceux des civilisations amérindiennes, notre « Tradition » et bien d’autres encore savent qu’il ne peut y avoir de concessions, d’interférence , avec le monde profane au sein de tout acte sacré, que le « matériel »  ne rentre pas dans le Cercle et que l’enseignement reçu se redistribue dans la gratuité du don total et complet….   Faire « commerce avec le divin et le sacré » ne peut se faire que spirituellement dans la nudité et le don de l’offrande que nous sommes….

Le chamanisme offre au féminin des places de choix en terme de libres expressions intuitives et certains cercles dits druidiques n’autorisent pas suffisamment cette expression  et c’est fort dommageable ( ce sont là la conséquence d’héritages, de conditionnements éducatifs, sociaux, culturels proche du « formatage » dont nous devons nous aider à nous « délivrer »)…  

La spiritualité et la pensée celte ont fait hommage au féminin on lui donnant une juste place, un rôle, une fonction majeure et indispensable à l’exercice du vivant…. Aux hommes d’accueillir avec joie et reconnaissance cette polarité et aux femmes d’initier les hommes à cet accueil et à cette reconnaissance sans laquelle il ne saurait y avoir ni équilibre ni harmonie…



07/08/2012
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