Les dits du corbeau noir

Célébration

Célébration :                    Bran du  février 2012

J’ai visité ton corps mais je m’y suis perdu comme on se perd dans une forêt quand elle vous a planté un arbre dans le cœur…

Il y avait un pont, une passerelle, entre nos berges et nos rivages… Cela, je l’ai appris avec toi en cette traversée sur le fleuve du temps au bout de laquelle je me suis retrouvé semblable puis différent, c’est-à-dire « augmenté » d’une complétude insoupçonnée…

Entre nous, il y avait ce sang qui circulait fiévreusement dans l’agencement parfait de nos deux corps…

L’amour a secoué mon arbre de vie et tous mes fruits sont tombés pour se porter à tes lèvres…

Etrangement, mon automne a rencontré ton printemps…

Tu m’enseignas avec les mots du silence que j’avais des ailes et des écailles…                            Alors j’ai vu au-delà de mes yeux fermés ces deux soleils qui entre nous se répandaient en connivence et en complicité…

La distance s’était rapprochée de ce point d’union où nos bras faisaient cercle comme il en fût dans les premiers matins du monde…

Tu m’as dit : «  - Je m’évase pour que du bouquet de la vie soient extraites deux roses aux paumes grandes ouvertes… »
Et aussi «  -L’équilibre, c’est quand tout ce qui est vrai se porte à merveille… »
Et encore : « Le geste vrai n’a plus de corps si ce n’est celui de la danse… »

Je ne savais pas que le corps était un nuage, que ce nuage obéissait aux vents, que les vents obéissaient au souffle, que ce souffle obéissait à la vie et que la vie n’obéissait qu’à elle-même quand tout était au point mort…

Parce que nous étions nus, véritablement et profondément nus, la vie nous a enveloppés…

Je ne t’ai pas dérobé cette nudité, je l’ai recouvert de l’essentiel…

L’accord obtenu, nos doigts s’offrirent aux arpèges…

Le foisonnement, le débridé, l’inspiré… Pour découvrir l’épure…

Contorsions, moulage et assemblage, ajustement, complétude… Tout cela pour extraire notre corps de sa chrysalide jusqu’à l’instant de la délivrance…
(Nos corps sans pesanteur étreinant dans la joie leurs ailes de blancheur…)



03/03/2012
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