Les dits du corbeau noir

BERNARD BOISSON ECOLOGIE / PRIMORDIALITE ET HUMANISATION 2020 16 02 FEVRIER

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EAUX ET FORET  PHOTOS BRAN DU

 

 

 

 

 

Bernard BOISSON (Ecopsychologie et spiritualité) Extraits

In Revue 3è Millénaire N° 133 septembre 2019 (Avec l'autorisation de l'auteur)

 

Le primordial dans l'écologie et l'humanisation :



« Dans « primordial », il y a une notion de prépondérance :

Les tendances qui sont prépondérantes dans la nature définissent ce qu'il nous est prépondérant de respecter en elle. »...



« Si l'état primordial comme l'a évoqué Goethe, semble se traduire par une pureté archétypale de la plante vers laquelle tend son épanouissement à travers toute la variabilité de ses conditions de vie, qu'est-ce qui nous empêche d'appliquer cette notion de primordialité aux écosystèmes ?...

Une structure forestière bouge énormément en trente ans, mais l'âme du lieu perdure au-delà...

Il en va de même pour une personne humaine : c'est sensiblement la même âme, la même même psychologie que nous pouvons retrouver à 10 ans d'écart, avec une variabilité de faciès et de maturité, plein de cellules sont mortes, plein de cellules nouvelles sont nées. Le cycle des cellules s'est renouvelé x fois. Il n'empêche : quelque chose de primordial perdure en filigrane, jamais dans les aspects identitaires de ce que nous voyons...

///...

J'ai constaté que les forêts naturelles délivrent des impressions, sensations, sentiments, que nous ne ressentons, ni dans les villes, ni dans le monde rural, ni dans les exploitations forestières.

En outre, ces perceptions sensibles apparaissent remarquables quant à dénouer l'être humain des conditionnements psychologiques de sa société. En bref, il est des milieux naturels qui à mesure qu'ils sont intouchés favorisent d'autant les déconditionnement mental des êtres humains. …///...



La « sylvothérapie » est encore insuffisante dans ses appréhensions... …///... L'ouverture : Une levée de conscience :

la découverte de l'intelligence des plantes et la sylvothérapie arc-boutées sur un sens contemplatif plus ouvert...

 

 

 

 

 

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Et pourquoi pas soulever la question de l'humain primordial ?...

L'exemple du Celte Fintan Mac Brocha :



L'humain primordial semble une notion déjà apparue en filigrane de certaines traditions, et ensevelie dans l'oubli depuis.

A prendre par exemple Fintan Mac Brocha dans la mythologie celtique irlandaise considéra comme un druide primordial. Il s'agit d'un personnage ayant pour don inaccoutumé de perdurer à travers les millénaires pour rappeler aux générations oublieuses les valeurs fondamentales de l'être humain que sa maturation n'a de cesse de restituer, valider, entériner à travers toutes les épreuves et les expériences. Compris ainsi, l'humain primordial relève du caractère intemporel de la nature humaine jamais désavoué par l'histoire comme peuvent l'être les atavismes.

Rapporter cette dimension première en l'humain revient à inviter les générations qui nous relèvent à ne pas recommencer les destins dans l’amnésie ; au point de mort de la maturation, mais de rester toujours naissant dans la source de soi, sans se dysharmoniser et dérégler le monde....



J'ai entrevu l'humain primordial comme une potentialité dans nos inclinaisons polarisant nos vies...

L'humain primordial pourrait s'entendre comme comme l'humain inconditionné...

Nous pouvons prendre complètement cette dimension de l'humain. Elle peut revenir par résurgence, même après que nous ayons empilé notre réalité historique sur les strates des illusions collectives. En toute renaissance sociale de cette conscience, un processus majeur semble à prendre en compte : la coordination entre une nature indomestiquée et la dimension primordiale en l'humain.

Notre source n'est pas dans un passé attisant une nostalgie, mais bien dans une résurgence nous rappelant au continuum de source intérieure par lequel nous étions censés vivre à travers tous les siècles.



La nature nous libère-t-elle de tous les conditionnements ?

En quoi son pouvoir matriciel dans nos transformations intérieures peut-il dépasser le pouvoir de conditionnement qu'elle peut aussi avoir ?

 

 

 

 

 

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La force du lien Nature/Humain est de voir l'humain se réveiller de ce que la nature n'est pas et que lui-même peut être, au contact de ce que la nature est ; sans la moindre modification de ses processus par les conditionnements mentaux de l'être humain.

Si l'humain primordial nous animait, sans doute irions-nous vers une humanité non-anthropocentrique.



Une mue !

Nous immiscer dans un rapport de présence à présence entre le monde humain et le monde non-humain...

Une mue qui autant, accouche les dimensions manquées de nous-mêmes qu'elle exhume des pans de conscience perdus, alors qu'ils pouvaient être perçus à leurs façons des millénaires auparavant !...



Un état de conscience où nous sommes le monde et le monde est nous...



Nous pourrions dire qu'une nature se restitue à sa primordialité quand l'éternité affleure l'immémorial. C'est comme si l'éternité avait ouvert de plus en plus profondément l'instant présent à travers le temps.



Quand l'instant présent semble toucher l'éternel, cela apparaît toujours comme un moment de grâce que rien ne semble permettre de faire perdurer. Seul un monde de cycles semble pouvoir le reconduire. La nature ne permet jamais un arrêt sur image. Ce qu'elle transmet, elle le reconduit dans la transparence indicible de toutes les variations. Il semble en être de même pour tout ce que l'être humain peut vivre dans son intériorité.

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Etre dans le primordial, c'est être à ce point de retour de la première fois, où tout redevient ouvert. Les forêts sauvages rendues à l'oubli séculaire ne sont pas les lieux exclusifs de cette expérience, mais ils constituent l'un des milieux naturels les plus favorables dans le pouvoir immersif d'envelopper l'humain dans cette renaissance particulière...

Il s'agit grâce à des décideurs réellement impliqués et conscients de ce qui précède de préserver des lieux matriciels où se restaurent les sensibilités humaines.

A l'inverse, leur disparition amènerait à une dérive somnambule des masses ayant perdu tout repère fondamentaux d'existence.

L'humanité transforme la Terre à l'image de sa propre maturité ou de sa propre immaturité, surtout au risque d'elle-même.

Non point au risque du vivant étranger à l'humain qui a les millions d'années pour lui.

 

 

 

 

 

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Le sentiment dit océanique : une déprise du mental...

Dans tout ce qui vit à portée de soi, le Cosmos paraît frapper au plus prêt son écho dans notre intimité.

Ce n'est pas un état de conscience que l'on peut vouloir , mais dans certains contextes propices, il peut subrepticement nous investir. Cette expérience semble procéder d'une alchimie entre l'ambiance de certains lieux et nos inclinaisons les plus sourdes.



Le sentiment océanique se manifeste comme si nous disions :

« Je suis tous les âges de la Terre dans l'instant présent. Je suis tous les ailleurs du monde dans le lieu qui me vit. Toutes les frontières ont disparu dans mes perceptions qu'elles soient celles du temps ou celles de l'espace. »



Bien sûr, il serait étonnant qu'en le disant, vous le viviez, tellement cette réalité se manifeste seulement en ayant dissout notre propension à penser.

Dans une forêt quasiment primitive, l'Ici et Maintenant, sont insuffisants pour relater cet état que certains pourraient qualifier de « spirituel ».

Ce qui nous donne une ouverture d'Être, c'est que l'Ici paraît habité par tous les Ailleurs du monde, tout comme le Maintenant semble habité par l'Immémorial de tous les temps.

Nous sentons mêmes toutes les potentialités non manifestées de la vie être déjà cette vie !

C'est comme si nous passions du point à la dimension avec toutes les dimensions dans le point. Le point n'est pas que le point. Il est le foyer. Il n'est pas exclusif, il est inclusif comme il ne saurait l'être davantage. Hors de ce foyer, nos consciences deviennent manifestement de plus en plus machinales quelque soit notre quotient intellectuel et nos niveaux d'instruction.
Par ce foyer, c'est comme si nous étions rappelés par le foudroiement du Vivant, tels les embrassées du monde sur les fonds baptismaux de la primitivité terrestre.

 

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Bernard Boisson est l'auteur de Forêt primordiale aux Editions Apogée et de Nature primordiale : des forêts sauvages au secours de l'homme (même éditeur)

 

 

 

 

 

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16/02/2020
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