Les dits du corbeau noir

DOSSIER JEAN GIONO (SUITE) ACTU / HOMMAGE / TEXTE / EXTRAITS/ NOTES BRAN DU 2020 15 01 JANVIER

 

 

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Sur les traces de J Giono avec Claude (Montagne de Lures)

Photos Bran du

 

 

 

Hommage à Jean GIONO



(Bran du / en Oct 1995 pour le centenaire de sa naissance et revisité ce jour pour les cinquante ans de l'anniversaire de sa mort.)

 



Le Grand Troupeau...        (Texte de Bran du)



...Il a rassemblé des mots,

des mots encore ruisselant d'argile,

suintant de sèves rousses et couverts de feuilles ambrées,

des mots sertis d'écailles bondissantes et de plumes en parade d'amour, des mots qui tourbillonnent comme lune et soleil...



Il a rassemblé des mots ;

ceux-là des bergeries, ceux-là des alpages, ceux-là des

transhumances et ceux là des îles lointaines et ceux là encore, perdus jadis, dans un amas d'étoiles...



Il a cardé la bonne laine des mots, mit sur le fuseau la parole sage.

Il a tissé le fil du silence en longue torsades de saisons..

De lin, furent les gestes amoureux, de coton, les rires de l'enfance...

 



De son bâton sacré élevé vers les cieux et par ses paroles taillées dans le cuir des équinoxes et des solstices; il a, sur la pierre de mai, sur l'autel de la Mémoire, sur les sarments devenus cendre, convoqué tous les anciens dieux, toutes les sublimes déesses, dans leur vocable d'orage et de foudre, de tempête et d'éclair, il a invoqué les noms divins dans leur force, leur énergie, leur lumière, dans leur tendresse et dans leur puissance...



Et cela, ni moins, ni plus que ne clament et n'appellent les herbes et les mousses, les germes et les semences, les aubiers et les branches, quand l'hiver resserre l’étau de sa froidure...



Lors, la rosée d'encre bleue s'est posée sur la feuille blanche du jour, sur la feuille argentée de la nuit, et la plume a dansé au bras de l'Esprit faisant Cercle de Lumière, donnant clarté à la Vie.......



Il a rassemblé les mots au pelage de brebis et d'agneau, les a compté comme on compte les étoiles gratifiant chacun au passage d'un petit nom et d'une tape amicale...



La pierre sonnait sous les sabots et l'écho se répercutait jusque dans le sommeil des hommes...



Il a cerclé le troupeau dans l'enceinte attentionnée et vigilante de sa voix... Les bêtes, rassurées, demeurèrent là, peau contre peau, poil contre poil, attendant que s'ébranle le poème vers les hauts plateaux du tendre, vers les hauts sommets de la félicité...

Patientes clarines toutes frémissantes à l'idée bientôt de tintinnabuler !...



Quelques agnelles à bêler en cadence écrasées de douceur contre les mamelles de leur mère...



Les mots ; ils sont brindilles sèches, genêts et ajoncs, chênes, buis, lauriers en fin de vie... Toute une garrigue de squelettes et d'os végétaux accumulés au cimetière d'humus et de terreau... Mais  toutes leurs saisons à revivre lors dans un bouquet de flammes afin de faire un peu de lumière dans l'obscurité de ce monde...



Sculpté est son bâton avec une patience à pointe de couteau et lustrée par le velours des taches quotidiennes et séculaires...

Lignes serpentaires gravées dans l'écorce reliant alors le ciel à la terre et allant boire, là-haut, la divine laitance...



Il a sorti son troupeau comme on retire un pain du four, comme tout entendement trouve sens en son Essence, comme se posent les libellules sur la feuille d'aulne du poème... Il était grand temps de ne plus vouloir définir l'Amour !



Il à ouvert les prairies de la terre, les alpages de senteurs, les nuées aurorales, les brumes crépusculaires, à tout cela qui tendait vers...ce qui nourrit le corps, le cœur et l'esprit...



La table était dressée aux nappes brodées d'asphodèles, cousues par le bec chantant des merles et des grives, ourlée par les cris de « délivrance » des enfants des écoles...



 

Avec les mots de son grand troupeau, il a limé et poncé l'arrondi sur les angles aigus de la souffrance...

 

Il a redonné soif à cela qui ne prenait plus le chemin des puits et des fontaines...

 

Il a écrit une chanson douce pour le sorbier des oiseleurs...

 

Il a ramassé un cailloux percé d'un trou et vieux de plusieurs millénaires et l'a posé sur un rayon de sa bibliothèque afin de rappeler à plus de modestie l'ensemble des œuvres qui y étaient rangées !...

 

Il a pris un enfant par la main et ils sont partis sur un nuage qui ne voulait pas finir en pluie...

 

Il a réappris à danser à une abeille qui ne faisait plus nectar de ses journées...

 

Il a remit sur des lèvres un mot d'amour libéré d'un vieil album de photographies...

 

Il a rapporté de l'argile au potier qui ne savait plus que tourner et tourner dans sa tête...

 

Il a longuement, avec tendresse et compassion, regarder s'écouler un filet d'eau et celui-ci à fini par retrouver sa transparence...

 

Il a posé des glaçons sur la fièvre des hommes et celle-ci est

tombée comme tombe la feuille à l'automne...

 

A la source, il a dit l'estuaire... l'océan... et le ru s'est fait torrent...

 

A tous et à toutes, il a souhaité de s'endormir sous la cape d'un grand berger de feuilles...



Puis, il a salué les arbres pour leur assise, pour leur verticalité, pour leur ténacité, pour leur façon d'embrasser le ciel et d'offrir au oiseau un nid abritant les chants du monde...



Alors la grande vague ondulante s'est répandue comme une marée sonore à travers l'espace et le temps, carillonnant d'une roche à une autre, d'un torrent à un autre... Broutant et mâchant l'herbe d'or des mots... 

 

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Jean GIONO 30 03 1895 / 09 10 1970

 

Mort à 75 ans d'une crise cardiaque

En l''année 2020 sera célébré le cinquantenaire de sa mort et de très nombreux hommages lui seront rendus...

Notamment dans sa ville natale de Manosque où le musée est dédié en grande partie à l'auteur et au MuCEM de Marseille qui propose une exposition regroupant plus de 300 œuvres et documents... Et ce depuis le 30 octobre 2019 jusqu'au 14 février 2020....

 

De très nombreux événements commémoratifs sont proposés à partir de l’œuvre littéraire et cinématographique de Jean Giono... (Aix en Provence, Marseille, Paris...)

Voir avec l'association : les Amis de Jean Giono...



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Préliminaires : Bran du

 

Avec Kenneth White, D H Thoreau, Victor Segalen, Nietzsche, Christian Bobin, Sylvain Tesson, Gaston Bachelard... Jean Giono est l'un des auteurs que j'affectionne plus particulièrement et dont les ouvrages remplissent ma bibliothèque...

 

Giono est un personnage très attachant dans son humanité,  ses premières œuvres explorent avec acuité , poésie, réalisme et profondeur cette humanité même, ses failles, ses fanges et ses flamboyances... Combattant pendant la première guerre mondiale, il verra des frères se combattre dans le champ d'horreur des tranchées dans un épouvantable charnier....

Lors, ce sera un « pacifiste » convaincu et obstiné allant à contre-courant de son époque et se tenant à l'écart, dans la marge, des courants littéraires ambiants...

 

Son œuvre est considérable, il est l'un des écrivains du XXè siècle le plus prolixe...

Je recommande plus spécifiquement ses premiers ouvrages comme :

Que ma Joie demeure, les Vraies Richesses, Le Chant du Monde, L'Homme qui plantait des Arbres, Le Serpent d'Etoile, la Rondeur des jours, le Poids du Ciel, Colline.....



Il sera emprisonné à deux reprises et échappera de peu à la mort du fait de ses convictions pacifistes...

Après la dernière guerre, il sera mit à l'écart de la vie littéraire et changera complètement de style en laissant derrière lui ses utopies et espérances en l'Homme...

André Breton l'aidera à retrouver une notoriété au sein du monde de la littérature dont il était exclu...



Je suis allé faire une sorte de « pélérinage » sur ses lieux de vie, sa maison natale à Manosque, la Montagne de Lures, les lieux qu'il affectionnait sans sentir ou percevoir pour autant une véritable affection des provencaux à son égard et à celle de sa mémoire...



C'est un être touchant, émouvant, sensible, éclairé, inspiré et quelque peu 'mystique",  mais aussi lucide, visionnaire, avec une poésie vivante et à fleur de peau, mais aussi un être déchiré, transpercé, bouleversé, écartelé par une condition humaine niant ses propres valeurs et soumise à ses instincts de mort, se détruisant elle-même et sans pitié pour la Vie...



Ce n'est pas le cliché du chantre provençal auquel on l'a trop souvent réduit et confiné... C'est un Chant pour le monde et l'univers, un chant entre tendresse et colère, au sein duquel se glisse le dissonant et le discordant de l'homme...


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Si Giono, amoureux de sa Provence natale, avait eu à résider en un autre pays, il aurait choisi l'Ecosse...

 

 

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Extrait de « l'Oiseau bagué » (Gallimard éditeur)  :



« ...Cette petite fille s'appelle Blanche, un très beau nom pour ceux qui attendent un monde blanc...

Pour la justice, une table finira par s'arrondir encore au milieu de quelque blanc rassemblement....



La Vie est plus belle dans les bois, même si les loups hurlent. Il est meilleur de vivre là, dans la gloire des arbres, le mystère des ombres, le bruit soyeux des enchantements...



Sur les grands champs blancs, la lumière prenait librement sa vraie forme ; dans la plus grande liberté du monde, alors elle faisait voir ce qu'elle est : c'était la la parfaite solitude, l'arrivée de tous les départs, l'enroulement de tous les chemins...



On s'était imaginé tout le long des temps qu'on appelle modernes que les hommes avaient enfin réussi à chasser les dieux de la terre et à s'appeler Dieu à leur place... Mais ; à travers les machines et dans les machines, la terre se redivinisait...

Morgane... continuait à enchanter le temps...



Qui croira désormais à la forêt de Brocéliande ?

La forêt de Brocéliande était de nouveau descendue se planter sur la terre... »



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« A Withman, à Thoreau qui me disaient : - Dresse-toi, viens, nous partons dans le vaste monde, à ceux-là, je dois la nourriture de ma maison, comme à des Dieux. » Jean Giono



Il y a dans l'oeuvre de Giono et plus particulièrement dans ses trois premiers ouvrages une volonté telluriquement et cosmiquement affirmée de dédier l'ensemble de son œuvre au « Grand Pan » ; le personnage de la mythologie Grecque représentant toutes les forces vives de la Nature, image dans laquelle se reflète comme dans un miroir le visage de Dionysos, autre grande figure du monde Grec...



Si Jean Giono est influencé par certains poètes et penseurs Grecs le personnage central de son chef d’œuvre « Que ma joie demeure » est une sorte de dieu-cerf fort proche de la figure celte de Cernunnos...



Ce qu'en dit MM Ricatte : « Bobi (le personnage central du roman ) est une sorte de guide, d'intercesseur, de porteur de joie, un visionnaire très sensuel qui acquière de part ces facultés une sorte de puissance magique. Il sera donc perçu comme une sorte de « guérisseur », avec une tendresse aux mains soignantes qui va renouer la communauté des hommes et des femmes autour de l'axe du monde. » « Il est ce Vate qui par la poésie est une force du commencement et une grande force. »



Dans la formidable exploration menée quasi autobiographiquement par Jean Giono dans « Fragment d'un paradis » (une sorte de retranscription et revisitation très inspirée des « navigations celtiques » vers « l'Autre-Monde » et vers la Terre de l'Eternelle Jeunesse ou encore la « Plaine des Plaisirs ») l'auteur nous conduira jusqu'aux limites de nos capacités personnelles non sans avoir entre temps interpellé l'essentiel de tout voyage : la raison, la folie et la finalité de celui-ci...

Il n'est pas inutile de préciser que le « maître d’œuvre » et conseiller qui préside à la construction du navire de l'expédition et qui met en œuvre tout le nécessaire pour sa réussite s’appelle : Merlin !



« Sans partir dans les pays étrangers, et chacun restant dans sa patrie, il nous suffit de remonter en arrière de quelques certaines d'années pour retrouver... les dragons des légendes arthuriennes... Depuis, il semble que notre raison, plus déraisonnable que la pire des folies, nous a fait habiter un monde sec où ces derniers monstres ne permettaient ni chevalerie, ni grandeur (…) « 

 

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Rondeur des jours (extraits) Folio Editeur



« Mes hommes de la terre... la pluie, le vent, les orages chantent à leurs oreilles les enseignements sacrés...

L'arbre leur a fait connaître la façon d'être debout...

Tout l'enseigne... un esprit – en donnant à ce mot son sens alchimique, un Esprit qui depuis la première Mère des hommes, s'est transmis de cœur en cœur... »

 

 



Que ma Joie demeure Extraits) Livre de poché éditeur...



Une « prière » de Giono  :

 

« O Demeter, lourde à la fois d'Adonis et du Sanglier, nourrice des vivants, qui te réjouis des faucilles et des semoirs, donne-nous la douce concorde, les vrais richesses et la santé. »

 

« Voilà ce qu'il fallait : Un homme avec un cœur bien verdoyant et rien que de savoir que celui-là existe on entend le chant de la flûte et l'espoir vous porte dans les longs chemins qui font le tour des forêts...



Bobi connaît « les plantes joyeuses » qui servent au breuvage de santé. On lui demande à lui « qui sait déchiffrer les signes du ciel et de la terre. » de rester parmi la communauté des hommes et des femmes pour apporter le « remède »...

« Regardez les signes dit-il. Là-bas, devant, des signes d'or venaient de s'allumer. »

« Il suffisait peut-être de lui faire voir le mal pour que se réveille en lui l'appétit de soigner. »

« Bobi a d'abord trouvé le « remède » pour lui-même, maintenant il peut l'apporter aux autres. »

« C'était une bête plus grosse qu'un âne... Elle marchait derrière Bobi. On ne savait pas ce qu'elle avait, mais des lueurs dansaient au-dessus de sa tête. On entendait claquer ses genoux et ses petits sabots. On devinait des cornes, mais on ne savait pas car ça semblait aussi une crinière luisante... C'était une bête moitié bête et moitié arbre. »

« - Un cerf dit Bobi...(seulement j'ai été obligé d'en chercher un qui soit presque un homme pour qu'on fasse bien le mélange.)....

« - J'ai trouvé ce que je voulais dit Bobi avec sa voix forte, je suis resté longtemps, mais maintenant tout va pouvoir être semé et tout poussera gaillard et solide...

  • Aussi bien pour nous ?...
  • Pour nous que pour les autres, cria Bobi. Tu verras comme nous allons tous être printaniers. »...

Et le cerf suivra Bobi au-delà et par-delà sa mort, c'est là le grand trésor des cerfs qui portent le soleil tout rond dans leur bois (In Le Poids du Ciel)...

« - Voyez comme ce qui est pur et sauvage éclaire l'ombre. »

« L'accord était en train de se faire entre l'homme et la vie. »



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Les vraies richesses : extraits



Préface aux vraies richesses (1938)



« Je suis celui qui entre et qui viens parler de la vie... J'apporte les forêts, les mers et les montagnes... Je suis révolté pour toi malgré tout pour t'obliger à l'être. »...



« ...leurs pieds ne savent plus goûter la terre . Ils ont usé leur puissance divine sur de la matière artificielle, sans artères magiques... Ce sont des hommes et des femmes privés de densité. »...



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« Je t'ai appris que la lumière était une harmonie dont les vibrations intenses atteignaient le silence et devenaient clarté. »



« Alors, moi, je crois que nous sommes une immense forêt en marche, nous sommes, nous, des hommes... comme des arbres plus spirituels si l'on veut, mais de même nature... Nous sommes une immense forêt en marche. (Elle est cette forêt dans toutes nos légendes et dans toutes nos chansons de batailles.)



« Nous sommes la civilisation naturelle de la sève et du sang. »



Car « la mort n'existe pas » « la mort est une force de transformation »...

« L'homme rentre dans le cycle de la Vie universelle. »

Alors « tu es comme le feuillage que le vent peut retourner, que le soleil pénètre et qui, tout imbibé du monde n'est pas seulement toi, mais toi plus le monde »



« La joie demeurera si tu sais entretenir la vie autour de toi ; souviens-toi que les dieux ne se soumettent qu'à tes puissances d'amour. »



« ...Nous sommes le sel de la terre... l'extraordinaire est notre puissance de mélange , cette partie divine de nous-mêmes, toujours insoumise, et qui fait de nous l'expression du monde. »

« Nous avons perdu le grand enseignement, nous ne savons plus écouter et traduire en notre cœur le ronronnement des grandes forces. » « Il faut des hommes neufs, le contact direct avec les grandes forces. »



« Artisans de toutes les sortes, il faut des créateurs. »...



« Vous n'avez pas l'air de savoir que les temps modernes n'ont pas seulement résolu le problème de la désintégration de l'atome, mais qu'ils ont effectué la désintégration des esprits, libérant sans raison des forces spirituelles qui nous étaient nécessaires pour vivre une vie humaine.»...

« Les spéculations purement intellectuelles dépouillent l'univers de son manteau sacré.. »...



Je voulais vous faire comprendre que les hommes ne peuvent pas se passer d'habitations magiques... Nous sommes des éléments cosmiques. n»...

« Je suis mélangé d'arbres, de bêtes et d'éléments ; et les arbres, les bêtes et les éléments qui m'entourent sont faits de moi-même autant que d'eux-mêmes. » ...

« J'ai trouvé pour moi une joie corporelle et spirituelle intense. »...



« Je donne ce que j'aime à ceux que j'aime. Pour que nous soyons également chargé sur la route, vers la joie. »



« Quand les constellations d'hiver ne laisseront plus qu'un peu de jour entre les noirs matins et les noirs crépuscules, alors assieds-toi devant ton feu et amuse-toi à construire (Il s'agira ici de modeler des vases.)

Ce travail t'apprendra que Dieu habite le temps. Tu sentiras qu'une musique silencieuse s'empare de tes doigts et les guide, qu'elle est maîtresse de la forme que tu fais naître. Laisse-toi faire, réjouis-toi. Tu manipules des lois essentielles...



Quand la mort arrivera, ne t'inquiète pas, c'est la continuation logique. Tache seulement d'être alors le plus « riche » possible. A ce moment là ce que tu es deviens. »



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Triomphe de la Vie (Extraits) Livre de Poche éditeur



« Il y a une très vive séduction dans les transformations des formes ; elles composent une harmonie de naissance, une création de vie, une germination dont on se sent proprement la graine ; on ne peut y être insensible. »

« Savoir que dans un sens donné on est le maître des oppositions, vous ne pouvez pas savoir comme ça fait vivre... A un point que si je n'avais plus cette idée, j'aimerai mieux être mort. »

 

« Je suis Pan, disait la voix (comme celle des voix d'hommes qui roulent des galets comme des torrents en plaine), mon nom signifie « Tout » ; et c'est beaucoup plus que ce que les hommes peuvent comprendre. » …

« Lors, il y a... le petit temps de silence que marquent tous les Dieux quand ils sentent que l'homme est brusquement en présence de leur beauté. »...

 

 

 

 

 

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Le Serpent d'Etoiles (Extraits) le livre de Poche éditeur



Les bergers se rassemble la nuit de la St jean pour une grande assemblée et un grand rituel qui reproduit la création du Monde...



En cette nuit, tous les « hommes premiers » seront là, et verront le « dos du grand serpent » à tel point que l'un d'entre eux pourra dire : « Je suis sur l'équilibre, écoutez ce qui est la loi et le bel équilibre.. .» Tous écouteront « les pas des grands Dieux » et se donneront « le mot de paix » et ce parmi le chant des harpes éoliennes et toute cela en formant cercle...



« Connaître, c'est quitter, maintenant tâche d'aimer ; aimer c'est joindre. » « Gouverner signifie connaître et aimer. »...

 

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Notes : Bran du     Janv 2020

 



 

Giono, dans ses premières œuvres « paniques », nous parle de chair périssable et pétrissable,de chair à senteur de chèvre-feuille, à couleur automnale, à fleurissement printanier...nous parlait jadis, car comme nous n'entendions pas, nous ne comprenions pas le langage des feuilles, de la rosée, de la sève ni de l'écume, ni celui des bêtes du ciel et d'ailleurs, il a renoncé à mettre sur ses lèvres du sable et de l'argile, du bois et du cuir, de la pierre et de la neige, du blé et du pain, de la rosée et de la sueur...

 



 

Nous entendions par contre fort bien le bruit des bombes et des mitrailles et cela parlait au sang, le faisait bouillonner dans le chaudron des guerres fratricides et revanchardes...

 



 

Giono émettait sur une fréquence désertée par le cœur des femmes et des hommes ; plus de réception ; les ondes claires et bienveillantes se perdaient au sein des parasitages de la modernité...

 

Cela lui fera, plus tard, après sa disparition, une singulière parentèle avec Rimbaud ou Nietzsche, mais il ne pouvait continuer à servir le Vivant ; un vivant déjà « condamné à mort » dans le siècle à venir et dont il avait une angoissante et lucide vision....

 



 

Ce monde là ne voulait pas, ne voulait plus de « profondeur » et encore moins « d'élévation » ; vivre en surface » lui convenait parfaitement !...

 



 

Le dernier refuge : la littérature pour la littérature... Enseigner, instruire, poétiser le sens et l'Essence de la Terre, de la Vie... Basta! Raconter de belles histoires plus ou moins romanesques suffirait pour essayer de passer malgré tout au travers de cette superficialité et artificialité toute en restant fidèle mais plus « silencieux » envers « l'encrier de la terre » et la plume immortelle qui enlumine le temps et l'espace en des onciales de lune et de soleil......

 

Ecrire pour écrire, pour garder encore un peu d'encre dans le sang... Et vivre ou plutôt survivre de quelques mots échappés d'un vocabulaire formaté, conditionné qui ne fait que répondre au pseudo nécessité d'un langage médiatique, ethnologiquement déraciné, pasteurisé, éviscéré tout juste bon à alimenter des d'êtres déspiritualisés au point de confondre totalement esprit et matière  en de donner la préséance à une forme dévitalisée, orpheline de Principe, d'Essence et de véritable Anima !...!...

 



 

Je n'ai « approché » Jean Giono que par ses écrits, les documents, les biographies, les films...En fait on ne sait que peu de choses sur son véritable « monde intérieur »...

 

Peut-être parce qu'il est difficile de faire comprendre à ses semblables que l'on a commerce avec « l'invisible » et que l'on voit ce que recouvre l'apparence ou le dissimilé, que l'on a accès aux langages essentiels, au souffle élémentaire, au feu primordial, aux eaux originelles...

 

Il y a quelque chose chez Giono qui relève de l'état de « Druidité » ; une façon d'être au monde qui fait que le monde est réellement « habité », « œuvré » et « animé »...

 

Quelque chose que l'on ne peut ni ne saurait , ) mon « sens », définir sans en déflorer la « substance » et en évaporer aussitôt la « présence »...

 



 

L'homme qui fut en désarroi d'être dans les tourmentes de son siècle, me touche, m'interpelle, mais aussi me conforte, m'instaure en amitié, écho et résonance avec lui...

 

Il a « enseigné » ce que la Vie elle-même lui enseignait « fondamentalement » et ce, de diverses façons, non seulement par ses écrits et ses créations, mais aussi de poitrine à poitrine, de cœur à cœur, d'oreille à oreille, comme le veut la Tradition païenne et millénaire......

 



 

Il en sert à rien et nul n'est besoin de vouloir réhabiliter un homme qui n'a pas démérité de son humanité,mais il est temps de sortir sa mémoire de l'oubli, nous avons encore besoin de ce « passeur » et de ce « puisatier »... Les vraies sources nous manquent et nous avons un fleuve à franchir !...

 

 

 

 

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15/01/2020
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