Les dits du corbeau noir

PLAIDOYER POUR LA GRANDE HERBE DE NADINE DUPEUX EXTRAITS 20 03 MARS

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Nadine Dupeux est une amie artiste que j'apprécie particulièrement à la fois pour sa qualité de regard et d'écriture et pour les oeuvres qu'elle réalise à partir d'éléments naturels ou ouvragés avec beaucoup de subtilités, d'ondes et de flux qui sont autant d'ambassades de sa sensibilité et de ses qualités perceptives...

Playdoyer pour la Grande Herbe Nadine Dupeux

Une quête artistique et humaine en Bord de Rance Ed Sydney Laurent (extraits)

 



La Force que nous recevons des plantes est la force essentielle à la Vie, celles que les civilisations traditionnelles appellent « Prana », « Ki ». C'est la « Farine de l'air » des Druides dont la parole s'est effritée, longtemps transmise sous le manteau et remise à l'heure actuelle dans le giron de quelques sages, aussi rares qu'attachants...



Vers quoi souhaitons-nous aller si ce n'est vers une légèreté de vivre ?

« On peut penser qu'il existe un niveau de réalité, disons énergétique, riche d'information, qui sous-tend la Vie ; il est invisible, mais on peut l'apercevoir en état modifié de conscience ; » Jeremy Narby Anthropologue 

 

Les végétaux auraient-ils cette puissance de nous assigner à un mode vibratoire particulier ? Auraient-ils sur terre cette fonction, tout en digérant la lumière, de nous confier à des mondes dont ils auraient la clé et qui – pourquoi pas – différeraient d'une plante à l'autre ?

 

Mon organisme est comme un complexe de beaucoup de petites entités intelligentes qui savent œuvrer ensemble sans que je m'en aperçoive. En tant qu'individus, nous sommes déjà remplis de toutes sortes d'intelligences qu'on commence à découvrir. Sans parler du fait que n'importe quel être, n'importe quel brin d'herbe à côté de moi, est également une cathédrale cellulaire, un organisme sensible qui perçoit.

 

 

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Photo Bran du

 

 

 

 

« Les herbes ont si bien poussé Que vous ne pouvez même plus voir Le sentier qui mène chez moi C'est que j'ai attendu trop longtemps Quelqu'un qui n e voulait pas venir. »

Sojo Henjo Tanka

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Le Masque d'Elie (extraits) N Dupeux

 

« ...Elie était un errant. Tout jeune déjà il tournait et retournait sa vie dans le fond de ses poches..

 

Devenu grand, il s'était mis à arpenter les champs, les collines boisées... (…///...)   

                                                                                  Il allait, à l'amble de ses grands pieds, s'arrêtant parfois pour saisir quelque chose des dimensions de l'espace : il étendait alors ses bras et d'un horizon à l'autre, en ondes concentriques, il creusait l'air par vagues, remplissant l'étendue de tout son corps, faisant de l'air, de la terre et de lui-même une seule personne. Il savait arrondir le monde autour de lui, le coaguler et le contenir... Il devenait alors les arbres, le maïs, les herbes folles du talus. Elie prenait corps dans tout ce qui palpite en cercle autour d'un homme : il devenait poreux à la vie...... (…///...)

 

Il n'habitait plus le monde, le monde tout entier le remplissait... (…///...)

 

Le monde en lui prit place alors doucement.       Il allait bientôt le laisser entrer dans son cœur. Admettre à sa table les autres hommes, entendre le chant bleuté des fougères, entrer dans le tronc noueux des vieux pommiers et converser avec la pomme même... (…../////.....)

 

Tout à présent passait à travers lui. Il s'était mis debout dans une nudité totale. Le vide si doux qui prenait place en son être avait la saveur d'un silence épais où tout faisait écho sans s'attarder, prenait place sans s'alourdir. Toute présence pouvait un instant s'asseoir puis repartir, sans creuser de sillon ni laisser de trace.... »               N Dupeux

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« Personne vient du Grec « prosopon » qui signifie « masque »... Quand l'acteur revêt un masque, il occulte son histoire personnelle... Les humeurs, les goûts qui font de chacun un être versatile, fragile et transitoire, le fatras contradictoire des idées et des projections qui s'agitent en lui, sont laissés au vestiaire pour que, chacun, dans ce contexte particulier, ne manifeste qu'une essence humaine, fondée sur une aspiration à la transcendance... peu, alors, se manifester cet « autre soi » qui vit en chacun et s'éclipse au quotidien.

 

Chacun dans le temple oublie qu'il est une « personne » Et ce ne sont plus les multiples rebonds de ma petite histoire qui sonnent par moi dans ce masque neutre et commun, mais un son venu de bien plus loin, des prémices de mon humanité, une grandiose injonction qui commande aux poumons de s'expanser, aux regards de s'élargir, aux cœurs de se dilater...      Il y a sous la régalia qui complète le masque, un être en quête de cet espace vital et jubilatoire que Jung identifie au monde des archétypes...   Nadine DUPEUX

 

 

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« C'est comme deux mondes exactement superposés, dans l'un tout coule si harmonieusement, si simplement, si naturellement, sans tous nos cris d'hommes, nos larmes d'hommes, qui sont presque comme un « théâtre », ajouté au vrai monde, une invention de misère. »

 

 

 

«...Cette Force qui veut ta joie vraiment, qui vient pour « t'obliger » à la joie, qui tombe sur toi pour secouer tes chaînes. Si tu as le courage, à cette seconde de lumière de dire oui et de changer ta souffrance en joie alors tu vis. »

Satprem « Par le Corps de la Terre »

 

« Nos liens avec la nature et ses trésors doit rester une dimension essentielle de nos vies. C'est un impératif normal et un enjeu de civilisation. C'est aussi une question d 'hygiène mentale et même de survie psychologique. »

Christophe Bernard

 

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Il ne s'agit pas de « lutter » contre ceci ou contre cela (et si épuiser moralement et psychiquement), mais de « lutter avec » comme le suggère Annick de Souzenelle et bien d'autres sagesses ancestrales...

 

 

 

« Encore inconscient de cela, effrayés de la déstabilisation qu'ils subissent, désécurisés, les hommes se retranchent derrière un individualisme suicidaire. »

 

 

 

 

« Il y a au cœur des choses, dit Olivier Clément, une célébration muette. C'est à l'homme qu'il appartient de la faire retentir)» Annick de Souzenelle « Pour une Mutation Intérieure »

L'autre n'est (humainement parlant) qu'un autres « soi-même » ; ce que nous rencontrons à l'extérieur n'est que le reflet de ce qui nous habite au-dedans...

 

Le regard qui s'affûte nous change.                   La mécanique reste la même : ce qui change à l'intérieur change l'extérieur... Le monde pour moi s'est adouci, il s'est animé..

 

« Nous sommes la première civilisation au monde qui n'a plus le sens du sacré. »          André Malraux

 

Ce que nous faisons à une simple herbe... nous le faisons à nous-mêmes !

 

« Soyez humble ; souvenez-vous de vos origines, et soyez courageux, honorez la Terre Mère. » Béatrice Mera (s'inspirant fortement ici de la seule triade celtique « historique » connue à ce jour!)...

 

 

 

 

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« Dans la plupart des traditions spirituelles, il est fondamental de reconnaître que nous ne sommes pas des entités isolées et séparées, mais des parties organiques et intégrantes du tissage de la vie. Nous pouvons nous ouvrir à la semence du monde, assurés qu'elle ne peut ni nous isoler ni nous briser, car nous ne sommes pas des objets que l'on peut casser. Nous sommes des motifs résilients à l'intérieur d'un réseau plus vaste de la connaissance. Nous pouvons apprendre à voir les autres comme des neurones qui fonctionnent dans notre système neuronal commun. » Joanna Macy co-créatrice de l'Ecopsychologie...

 

« Regarder pourrait bien être la plus belle façon de jardiner de demain. » « La priorité est évidente : accueillir la diversité végétale et animale, s'ajuster au mouvement spontané de la nature. » Gilles Clément

 

 

 

C'est avant tout un élan vers le vivant, une quête vers l'intimité profonde de l'être qui associe le dehors au dedans dans le projet d'une obscure mutation, le pressentiment d'un nécessaire absolu...

 

 

Le sens véritable de la coupe du Graal se trouve dans l'intensité de la relation, dans la vérité du regard qui se penche sur cet autre qui s'ouvre à son tour. Le Graal n'est pas une coupe. C'est un breuvage, une forme de l'ayawaska peut-être : qui vous ouvre le cœur totalement, sans garde, et vous fait entrer en relation totale avec l'autre, humain, animal ou plante, ou pierre, ou eau, feu, planète, vent, ange, deva...

 

Dans ce double mouvement d'offrande et de réception du regard ; moi la quêteuse je n'ai pas le choix : je dois préalablement accepter de m'affiner pour offrir le meilleur qu'il me soit possible d'offrir en qualité d'écoute, d'observation, en profondeur de bienveillance, si je veux recevoir. La coupe ne sera pleine que de ce dont j'aurai su auparavant la remplir...

 

La coupe de l'autre sera remplie d'autant d'offrandes que ce dont nous aurons préalablement su remplir la nôtre. Le monde ne nous est pas extérieur : nous rencontrons au-dehors tout ce que nous avons d'abord admis en nous. C'est là le secret du chemin de la métamorphose. Pour « parler » aux plantes et aux ruisseaux, « devenir » plante et ruisseau .. Rien n'est en dehors de notre pouvoir. Surtout pas la bienveillance. »...

 

 

Nadine DUPEUX

 

 

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20/03/2019
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