Les dits du corbeau noir

DEUX BARDI DE MUIRGEN : EQUINOXE DE PRINTEMPS . AUTRE DIT DE LA DAME A LA LICORNE 2019 01 03 MARS

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 Montage et photographie de Raak Prim Net

 

Deux bardis de Muirgen (Morgane)

Equinoxe de Printemps

Elle frappa doucement à la porte du temps La vague la roula sur une grève grise            Le brouillard avait pris la nuit Entre ses griffes de silence. La terre lentement tournait Entre ses pôles d’améthystes.

Elle frappa doucement à la porte du temps La neige alluma une gerbe d'étoiles              A la voile gonflée du vent. La Dame blanche Attendait Dans la tourmente de son rêve.

Elle frappa doucement à la porte du temps Il y eut des voix, des silences                     Des flammes, du pain, des larmes Et le goût salé de la mer Sur le bec ébloui des oiseaux.

Elle frappa doucement à la porte du temps Elle entendit la Dame Blanche                      Et le cri de l'oiseau des mers.

L'épée luisait au creux des nappes d'ombre Elle allumait des reliefs d'ambre                  Au flanc satiné des galets.

Elle cessa de frapper à la porte du temps Alors le feu lui demanda son nom.

 

Qui répondit pour elle ? La Voix de sa voix Le Cœur de son cœur Le Souffle de son souffle ?

Elle vit :

Arrachées aux pommiers du temps Voguer de grandes îles blanches                              Où se lovait la fleur du sang.

Le vieux chant monta de la mer Sur une vague d'étincelles Il cisela le bord du ciel          Et se perdit dans les étoiles...

 

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Autre dit de la Dame à la Licorne

 

« Licorne aux portes du Visible Qu'attendre des dieux disparus ?                                   Faut-il courir après leur ombre Pour un Graal à jamais perdu ?

Le Temps s'épuise en retrouvailles... Le Temps ? Quel Temps ? Le Temps n'est plus       Le rêve même est incongru. En forêt de grandes feintises Au vallon des dits biscornus Jamais ne refleurit la Rose, La Rose.... et les Lilas non plus !...

Dieu, que la terre était donc belle Quand la Licorne reposait                                           Son cou gracile au creux des herbes, En rêvant de cieux entrevus...

C'était hier, c'était demain C'était ici, c'était si loin... Le Temps a dévoré l'Espace L'Espace a englouti le Temps La mer a déserté la plage                                                  L'Univers n'est plus que mirages... La Licorne ne rêve plus...

Pourtant, tout au fond des Ténèbres, Malade du bonheur perdu Elle lève sa tête fine        Et heurte le linteau de la nuit :

Le vent renaît, le ciel s'incline Le ru clapote sur les ruines                                                     On voit sourdre au plus noir des bruines Un grand déluge de soleil. »

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01/03/2019
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