Les dits du corbeau noir

ALLONS ENFANTS DE LA PRAIRIE ! TEXTE BRAN DU 2019 20 03 MARS

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 PHOTOS BRAN DU

 

 

 

« Allons enfants de la prairie. »... (La tribu et les attributs de l'herbe !) Bran du Mars 2019 Inspiré du livre et des œuvres de Nadine Dupeux : Playdoyer pour la Grande Herbe...

 

 

 

L'obstination de l'herbe à faire semence dans l'azur....

 

 

Dans la gangue il y a la graine, mais, dans la graine il y a une gangue. En nous n'est plus l'ensemencement !...

 

 

J'ai façonné l'argile au tour de mes ans...
Ma plus belle œuvre ? Sans doute la coupe formée par mes deux mains !...

 

 

Le « vase » perdait ses cheveux longs.                Sa mobilité se réduisait. Qu'importe car seul importait son « ruissellement », sa capacité inébranlable à verser les eaux de sa propre source...!...

 

 

Aucun chemin ne ment , sauf, le cheminement quand celui-ci s'en détourne !...

 

 

Tisser le végétal, dans la rotation même de l'Univers... C'est aussi une façon de se hisser dans les profondeurs !...

 

 

Pâtures et prairies, des songes y paissent, un bourdonnement d'insecte dans les oreilles...

Jeunes garçons et jeunes filles, dans la prairie s'ébattant ; leurs rires comme des papillons...

 

 

La grande armoise, en se dépliant soudainement, m'a volé un œil...Mais il vrai que depuis se sont réduits bien de mes aveuglements !...

 

 

Dans l'eau neuve de tes yeux, brassés de couleurs fauves, j'ai fait teinture pour mon poème...

 

 

Je suis allé au « tapis », drogué, envoûté, ensorcelé par les parfums de vie...Je me souviens avoir ri avec les fleurs …

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J'avais une question sur le lèvres. Le martin-pêcheur l'a emportée dans sa fuite laissant sur l'onde une traînée de poudre bleue...

 

 

L'herbe, je la connais ; elle tremblait dans mes mains d'enfant... Elle savait le « demain » de mes pas....

 

 

Autant de questions ensemencées, autant de réponses tournées, par la suite, vers le ciel... L'homme, peu à peu, a oublié de fleurir !...

 

 

La nature même de nos ensemencements rend la révolte fertile ! 

 

 

Hautes herbes... Nous y tracions à plat ventre des couloirs de joies enfantines, des labyrinthes de rires, sans conscience d'offusquer le labeur des hommes de la Terre, avec cette innocence d'une giboulée de mars.

 

 

Nous allions ainsi ventre et joie à terre, nous frayant passage à l'aveuglette, au gré de nos envies de découvrir et de surprendre et ce, à travers l'oseille et le fenouil, parmi les clématites sauvages et les ajoncs, les crottes fraîches de « garennes » et les « crins-crins » des grillons...

 

 

Orvet en jupe à fleurs et couleuvre en pantalon court, nous allions, serpentant sur la chaude terre de Bretagne dans les odeurs de genêts, de pins, de lauriers et si peu pressé de nos mettre debout et d'interpeller chaque soir la chute du ciel sur les promesses du jour...

 

 

Il avait tellement évidé la pièce de bois qu'il ne restait à ses pieds qu'un monceau de copeaux... Levant les yeux au ciel, il vit alors une étoile qui n'était pas là les autres soirs !

 

 

Mars est de passage, seule l'herbe pour authentifier celui-ci !...

 

 

De ma fenêtre (la Touche-Marou en Brocéliande) s'étalent les champs de mars (colza, blé et divers ensilages.) L'herbe neuve y fait ce qu'elle sait faire le mieux ; fortifier une verticalité qui a rendez-vous de chaleur et de lumière, assurer la conjonction énergétique entre le ciel et la terre, tout concentrer et tout déployer pour la future semence......

 

 

J'aimerai être cette force, cette volonté, cette obstination, cette « naturalité » qui sans questionnement œuvre seconde après seconde à donner au simple nom de l'herbe sa majesté et sa grandeur...

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Nous avons tout l'enseignement nécessaire ; l'universel de tout réel enseignement, mais l'esprit et le cœur sont ailleurs, emberlificotés en des tourbillons factices et illusoires où le vertige, l'ivresse même ne sont que maux de têtes et vomissements postérieurs...

 

 

Le barde, le druide en moi ; lui , vous dira la graine, le germe, la semence, il remontera jusqu'à la plante épanouie auréolée d'abeilles, jusqu'au bourgeon en sa livrée printanière, jusqu'à la feuille s'ouvrant comme l'aurore et déployant ses ailles de verdure, il percera l'écorce, traversera l'aubier et vous fera prendre sève de cœur et d'esprit.

 

Vous serez lors, de pensée et de corps, reconnectés à une Terre qui puise ses racines dans l'Origine de tout être et de toute chose...

 

 

Avec lui vous remonterez, flambant d'écailles, jusqu'à la Prime Source, jusqu'aux anfractuosités de votre propre sang...                  Vous aurez fluidique séjour en la mouvante et émouvante demeure...Vous saurez lors d'où l'amour tient son cours !

 

 

Vous voudriez en savoir davantage des vents, de la bise, des bourrasques, des tempêtes, et tout autant, de ce fait, du souffle et de la respiration, des ondes, des vibrations qui sillonnent tous les territoires de l'Etre, lors, à cet effet et pour répondre au mieux à ces questions légitimes, demandez au premier brin d'herbe rencontré ou à la première feuille de la première branche tendue vers vous, elles en savent plus qu'un dictionnaire, plus qu'une encyclopédie... vous verrez, vous serez surpris !...

 

 

Un jour une ronce m'a dit combien elle se devait d'aiguiser ses épines, de s'embroussailler, de s'enchevêtrer comme un hérisson végétal tout ceci pour préserver la venue du fruit et en cela le futur du mûrier lui-même... Cela rend bien sûr son approche difficile, répulsante, mais, le rouge fruit venu, il n'est pas un insecte de la prairie qui ne batte des ailes pour elle, qui ne bruisse ou ne danse en son honneur....

 

 

Si, au moins, était semblable à cela le « piquant » de mon existence !...

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20/03/2019
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