Les dits du corbeau noir

CHRISTIANE SINGER EXTRAITS (25/12/2012) (2 OU 3 CHOSES EN PASSANT)

  Extraits de lecture et d’auditions   25 12 2012      Deux ou trois choses en passant...

« Notre société est la plus énorme conspiration contre l’Esprit »… G Bernanos


Halte du côté de chez Christiane SINGER (vidéo)   J J Roudière  Daily Motion  extraits
Christiane SINGER nous invite à un changement radical de nos perceptions, à rouvrir, à revisiter, nos visions du monde…

« Devenir, un jour, peu à peu, Femme d’Oeuvre, passer de l’impatience brûlante à la patience brûlante… »

La reconquête de notre disponibilité… Cela passe par la tolérance , une tolérance mise en amont du dialogue impliquant l’écoute…

Sous les gravats de l’existence, réveiller la mémoire profonde oubliée en nos errances et divagations mentales et humaines…
Tout le monde vit des choses immenses et profondes mais peu s’en aperçoivent…

Le recours à l’enfance… Une sensation d’être vivant, d’entrer vivant dans une pièce du monde après en avoir franchit, émerveillé, le seuil…
Renouveler cette « grâce » d’être chaque jour, quotidiennement, « vivant », d’être dans l’émerveillement d’être connue parfois dans l’enfance…
Retrouver derrières les charniers de l’histoire un simple geste, vrai, profondément humain ; comme celui d’une femme faisant glisser sa main en forme de caresse sur le font de l’homme qui la quitte pour d‘autres cieux…

SOIF d’INTENSITE et d’IMMENSITE…

Il n’y a rien de pire dans notre société que la perte de la profondeur et de l’intensité… C’est le plus redoutable qui soit des fléaux que nous connaissons…
C’est le désastre de toute existence que de devoir accepter cette séparation, ces moments de séparation et la douleur que cela engendre… Se sentir arraché de la force et de la merveille de l’être pour des raisons qui ne justifient pas cette séparation…
La détresse de la vie c’est d’être dans la proximité de moi-même, d’être dans la caresse , dans la présence de ce qui est puis d’en être extirpé, de vivre le délabrement en étant, en se sentant, expulsé de cette présence…

Cette séparation avec l’intensité et l’immensité m’est de plus en plus intolérable… je vis les affres d’une amante qui veut toujours être dans les bras de la vie…
Mais je sais aussi que tout dépend de moi, que cette séparation avec l’unité de l’être j’en porte la responsabilité, c’est moi qui m’en détourne, sans doute parce que c’est « trop fort » à vivre, trop intense à vivre…

Je m’en arrache de moi-même tout en « mourant » de cet éloignement, de la fin de cet « enlacement »…

Il y a des moments où je n’adhère pas aux mots et d’autres où je suis les mots…
Je souhaite rendre leur virginité aux mots ; des mots redevenus neufs dans ma bouche…
Au cœur de la vie de chaque instant comment faire pour que les mots retrouvent leur nudité, leur « première fois »…

LIVRER PASSAGE A QUELQUE CHOSE PLUS GRAND QUE MOI…

Quelque chose passe à travers moi quand je la laisse passer…

Je fais l’expérience consciente et sensitive du réel, l’expérience de l’Être et lors, je suis dans la mesure, dans ma pleine expression, le lioeu de la manifestation…

J’ai connu cela deux ou trois fois ; le déploiement du réel, l’immensité de la vie remise entre nos mains…
Je n’ai plus envie d’être séparée de l’intensité de l’être, de l’amour…

Je n’ai pas besoin « d’objets » pour aimer, j’aimerai être comme disait Maître Eckhart « dans l’amour sans objet »…

Le point obsessionnel de ma vie : livrer passage et ne pas faire barrage…
Il me souvient d’un vieux musicien assez renommé qui disait que la musique était passée à travers lui deux ou trois fois dans sa vie !
Connaître cela !…

Vous êtes au centre, au cœur du sacré, au cœur du monde, de l’immensité du monde, de la profondeur du monde et non en exil, séparés, de cela…

Vous n’êtes pas mendiants mais fils de roi et de reine…

Vous aspirez à être un homme debout qui soit ce qu’il dit être et fait, du jour, un jour neuf…

Il est de notre pouvoir de retrouver notre dimension sacrée…

Nous subissons un détournement radical des forces de la vie…

Nous sommes dans un monde dégradé prônant l’hégémonie de la matière et du « chiffre »…

L’enfance est l’objet d’une industrie qui la pilonne sans merci ; il y a une volonté délibérée de provoquer l’extinction du royaume de l’enfance… L’enfance c’est l’extase des sens, l’apprentissage de la liberté, le contact avec l’immensité du réel qui l’entoure… Tout cela prépare l’être à une rébellion future, au refus, à la non acceptation de contraintes sociétales dogmatiques… C’est un ferment de contestation de tout ordre asservissant…

En détruisant l’enfance on détruit aussi la vieillesse , on rompt les ponts et passerelles entre ces deux âges de la vie appelés à se conjoindre, le passage entre les deux versants du monde…

La mort, on ne peut pas la voir sans avoir les yeux brûlés comme devant le soleil …
Nous ne ferons que badiner, user de bavardages en tentant de l’évoquer…
C’est un « effroi sacré » dont personne ne veut entendre parler…
L’esprit actuel refuse le saisissement, cultive le refus de se laisser saisir, ébranler, par les choses…

Nous sommes conditionnées dans une vie faite d’assurance et de sécurité !…

RELATION HOMMES/FEMMES :

C’est la clef de notre présence au monde…
L’homme et la femme sont une antenne de communication choisie pour une mission qui consiste à faire entrer dans la matière de notre vie, de l’attention, de la douceur, de la présence…
Un monde à imprégner de tendresse et d’esprit…

Etre attentif à tous les sens, sons, formes, forces d’être au monde pour découvrir la raison de « ma présence au monde »…
Tout est dans la manière de vivre les choses…
Nous n’avons pas à fuir ce monde, à refuser cette « présence au monde »… Il n’y a pas de fuite mais la traversée de la matière par toutes les antennes de nos sens…

La vie met en oeuvre des drames de toutes sortes pour nous « traverser »
Nous sommes là pour métamorphoser le monde qui nous entoure…

Une société mercantile œuvre pour détacher l’homme de sa mission sacrée…

Au début des sociétés humaines il y avait une union entre le sacré et la sexualité… La plénitude est aussi « sensualité »…  Il suffit de détériorer la relation sacrée entre homme et femme, d’humilier, de salir, de défigurer, de banaliser cette relation pour distendre le lien fondamental de toute culture et le rompre… Jamais, aucune société au monde, si ce n’est la nôtre a employer autant de moyens techniques pour créer la rupture entre les polarités humaines !…

Nous sommes des sociétés de manque, d’incomplétude, de demandeurs, de mendiants, de besoins artificiels et donc d’encombrements innombrables qui sont l’insignifiance même…
Hors, rien ne peut plus nous manquer dans la plénitude de l’amour… l’Amour comble tout manque…

Ne pas « s’habituer » à la vie mais renouveler la grâce d’être dans l’émerveillement d’être… (Se relier à l’enfance pour cela, renouveler cette mémoire, si cela est encore possible…)

La Grande Enigme : A travers le visible se manifeste l’invisible…

Dieu s’est retiré mais il nous a tout mit entre les mains… parfois c’est trop !

Quand l’espace se libère en nous pour consacrer la Présence, la Présence se manifeste… Elle s’exprime en sa création, en sa « créature » et nulle part ailleurs… C’est une musique ; une musique qui nous transporte et nous nous souvenons alors en l’écoutant ce qui nous semble être les grands moments de la musique et de l’amour ; des moments où l’on se souvient de qui on est, de notre être véritable…

Rendre cette musique audible aux oreilles de nos frères en humanité…

Devenir un jour peu à peu une terre d’accueil, passer de l’impatience brûlante à la patience brûlante
Etre d’Accueil pour la visitation de SA musique…
C’est cela qu’être femme, d’être le féminin de l’Être…



25/12/2012
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