Les dits du corbeau noir

VIVIANE ET MERLIN (PETITE ETUDE 2017) SUIVI D'UN TEXTE DE PHILIPPE LE GUILLOU BRAN DU 23 08 AOUT

Estival brocéliande aout 2013 062pm.jpg

Peinture de Robert MORVAN

 

 

 

 

MERLIN et VIVIANE Etude Bran du               23 08 2017

 

 

 

Quelle Pourrait être la nature de cet « enclosement » circulaire qui fait « voûte » et vitraux de verre blanc et pur au-dessus et autour de Merlin ?...

Quel est ce Cercle « magique » tracé 9 fois par Viviane autour de Merlin ?...

 

 

Ce pourrait être le Cercle du Gwenved ; du Monde blanc et du sacre permanent de sa claire Lumière...

Ce pourrait être le Monde neuf (9) sans cesse renaissant au-delà et par-delà la mort même .....

Ce pourrait être celui de l'accomplissement et d'une spiritualité totalement dégagée de sa gangue matérielle, mais nécessaire cependant pour que l'expérience puisse aboutir positivement et contribuer ainsi aux avancées de la « Loi Universelle et Cosmique d'Evolution »...

 

 

Ce pourrait donc être le Cercle bienheureux de la Plénitude et de la Complétude absolue et infinie quand l'âme « épurée, dématérialisée alchimiquement et spirituellement », se conjoint éthériquement au Principe et à l'Essence, quand la Connaissance, acquise au cours des expériences humaines transcendées, se fait la plus « lumineuse » possible et qu'une goutte de rosée d'Amour se dilue et se fond dans le ruissellement de la fontaine d'Amour et ce pour les lèvres à venir qui voudront y boire et s'y désaltérer afin d'exorciser et d'irriguer de façon généreuse et prodigue une humanité rendue aride du fait de ses mensonges et de son orgueil et une terre devenue « gaste » pour ces mêmes raisons...

 

La « Maison de Verre » de Merlin, sa demeure de cristal, serait, lors, l'expression figurée, symbolisée, d'une Transparence enfin acquise et réelle où plus rien ne s'oppose aux libres circulations des Forces, Energies et Lumières de l'Awen (de cette Inspiration insufflée par l'Incréé et par laquelle toute chose et tout être respire la Vie)...

 

L'Âme a recouvert son « manteau d'invisibilité » , manteau chargé de ses flux et influx bienveillants et bienfaisants pour autant que ce qu'il « recouvre alors » de pensée et de corps soit dans une nudité telle que tout orgueil, toute cruauté et tout mensonge en soient absents, que ce corps entièrement réceptif et offert en soit dépouillé...

 

Il ne saurait autrement y avoir de « recouvrance », de restitution, d'illumination, d'éveil et d'entendement profond....

 

Ainsi, par mensonge et par orgueil, bien de foyers du possible demeurent sans étincelle pour s'enflammer et spiraler entre la terre et le ciel !...

 

Merlin consent à cet enveloppement ; il sait, il perçoit, il sent ce qui se tisse à travers la liane dansante du corps de Viviane et ses enchevêtrements voluptueux et délicieux qui le brassent et l'embrassent comme une vague s'enroulant sur l'attendu et l'étendu d'une grève offerte à ces déferlements....

 

Il est sans peur, sans crainte, sans réticence comme Amour le demande, comme Amour l'insuffle, comme Amour fonde et forge l'Epée de Lumière sur l'enclume chauffée « à blanc » du don et de l'offrande...

 

Merlin (L'oiseau messager du Un) et Viviane (L'Âme vive de la Déesse des « Origines ») sont doublement présents en tout acte d'amour charnel dignement et bellement concélébré ; présents (fluidiquement, vibratoirement) en tant que tel au sein même de la « reliance » amoureuse, aimante, et co-animant à travers leur Energie, Force et Lumière l'offertoire des corps et des coeurs assemblés, mais constituant également , en tant qu'émanation du Principe uni à l'Essence, l'offrande elle-même ; soit le « Présent » que le Masculin fait au Féminin et inversement...

 

Ainsi en tout acte d'alliance corporelle instruit, inspiré, par l'Awen d'Amour, Merlin et Viviane se recélébrent à nouveau, absolument, infiniment...

 

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Estival brocéliande aout 2013 084pm.jpg

 

 

 

IMMORTEL de Philippe le Guilloux

 

Revue Arthus Viviane et Merlin extraits

 

 

 

 

 

« ….Nous eûmes une jeunesse vive, complice et les choses s'offraient à nous dans leur transparence, nœud de sortilèges, bogue de chiffres qui réconcilient la dualité des mondes...

 

C'était le temps des évidences...

 

Nos rites avaient la fougue de l'épée qui fend les eaux.

 

Notre unité appréhendait l'Univers...

 

 

 

La première vibration du désir suffisait à enflammer le monde...

 

 

 

A l'origine nous eûmes ces beautés, ces faveurs.

 

Nos territoires étaient infinis, nous passions d'un sanctuaire à l'autre...

 

 

 

Nos mots claquaient comme de belles lames de glaise mêlées, nos mots étaient des miroirs qui réfléchissaient l'ardeur de l'étreinte, le tumulte de nos pactes ; nos noms commençaient avec le monde...

 

 

 

Je suis vieux...

 

Je suis vieux et lourd de mille tombeaux que l'on me prête...

 

Et pourtant je ne crois avoir rien perdu de ma fougue...

 

 

 

Je cours les rivages, les longs bandeaux des grèves. J'écoute surtout l'assaut des vagues, leur charge régulière, l'embrun qui cingle...

 

 

 

Je suis en partance...

 

 

 

Je retrouve alors quelque chose de mon élan du commencement lorsque la beauté du monde avait encore l'éclat de notre pacte...

 

 

 

Je me replie sur mon vieux corps. Je rêve et ce sont en moi soubresauts de terre naissante. Mon corps et mon nom sont riches de ces bouillonnements, de ces lumières...

 

 

 

Lors... Un mot, une intuition, éclatante, magique et je tenais l'Univers entre mes paumes...

 

 

 

(Les mots avaient mûris au creux des arbres millénaires, dans l'aubier des gels et des galaxies ... Je les réunissaient en cercle autour de moi.)....

 

 

 

Dans mes mots qui dansaient à travers leur écran de torsades et de volutes.... je me souviens que le monde avait alors une cohérence et un corps... (Etais-je le sorcier des énergies cosmiques, le maître des flux de l'Ailleurs?)...

 

 

 

Mes mots (des mots-flamme)  ; ils embrassaient la courbe des mondes...

 

 

 

Mes mots voyaient un semis de pas se dessiner sur l'écorce des terres. Il n'y avait de prophéties que dans cet itinéraire que

 

j'ébauchais dans mes nuits visionnaires...

 

 

 

Sans doute s'agissait-il s'adhérer au monde en multipliant les lignes, les sentes, les gués, les passages, en descendant toujours plus bas dans le creux de l'ornière et l'écrin de tourbe, au plus profond des forêts obscures, sous les toits des fougères et les tumuli de lichen, là même ou dormait encore l'empreinte de la Femme...

 

 

 

Je la vois encore, silhouette fondue dans le faisceau des arbres...

 

Je la vois, c'était la forêt, l'essence de la forêt... Incarnée soudain...

 

 

 

J'étais né avec le monde. J'allais renaître de Brocéliande...

 

 

 

Je n'ai plus de souvenance précise de l'ordre dans lequel les événements advinrent et je me dis aujourd'hui qu'ils se déroulèrent peut-être dans une fabuleuse simultanéité... C'était cela le Cercle de Viviane...

 

 

 

Viviane naquit de cette rencontre, de cette offrande cosmique...

 

 

 

J'entends flamber ma jeunesse à l'appel de ce corps...

 

 

 

(Ce fut ainsi à l'origine, au temps fabuleux des osmoses.)...

 

 

 

Le corps de mon sortilège allait m'envoûter, m'enfermer dans une prison voluptueuse dans laquelle je m'enfonçais, ivre, oublieux...

 

Il n'y avait plus de déchirure, plus de chaos...

 


La forêt était une immense nef portée par les flots...

 

 

 

Viviane dormait auprès de moi, lisse, noyée de brume...

 

je me redisais son nom, cet appel et cette liane ardente...

 

 

 

Pour la première fois je connaissais le vertige...

 

 

 

Pour nous seuls, nous deux qui avions réuni le soleil glacé et l'ombre terreuse, l'origine s'étoilait...

 

 

 

Je revis cette ardeur...

 

 

 

Je retrouve nos sites sur les rives, dans le fouillis des racines, sous le lourd feston des mousses...

 

 

 

Ma lumière fondait au contact du corps végétal de Viviane...

 

 

 

On restait des heures immobiles, noués, à écouter la circulation des sèves, le galop des bêtes sur le schiste sonore....

 


C'était cela notre union, cette vigilance, cette écoute lumineuse des bruits et des ondes...

 

 

 

Il nous semblait que le monde s'arrêtait aux marges de nos corps fondus...

 

 

 

Viviane me parlait... Et ses mots me parlaient de magie, de monde naissant, du tâtonnement des formes – des forces de la nuit...

 

 

 

Grâce à Elle, grâce à cette Brocéliande, ma connaissance s'amplifiait. Elle plongeait dans le tumulte du monde, elle naissait avec les sources, à la jointure éclatée des blocs...

 

 

 

L'Univers dépendait-il du rythme de nos étreintes ?

 

 

 

Ils suffisaient que nos corps se séparassent pour que le monde s'assombrit...

 

 

 

Nos mots et nos rites charnels étaient d'orage et de conjonction...

 

 

 

Rarement, les choses, les arbres, les pierres eurent un tel éclat, une telle intensité...

 

Chaque fragment du monde rayonnait...

 

Nos corps se démultipliaient...

 

 

 

Il y eu des fêtes et des sacres et Viviane demeurait flamboyante...

 

 

 

Viviane était ce mouvement, cette aube blottie sur les flots...

 

 

 

En Elle et par Elle... J'entendais les fécondations, les germinations... Je saisissais le principe qui assurait la perpétration des choses, j'étais le principe...

 

 

 

Viviane(et je mesure maintenant combien son nom dessinait cet appel dans sa fougue de liane bondissante) ne rêvait que de mer, de large, de rivage fouetté d'écume et de vent fort...

 

 

 

Je n'étais plus que désir...

 

 

 

Viviane attendait la naissance d'une nouvelle île...

 

 

 

Avant même que Viviane ne s’effaçât, je connus la nostalgie...

 

 

 

Dans la plénitude de sa présence il y eut déjà cette fêlure, le cristal insidieux d'un manque, comme un aubier de hantise...

 

 

 

Elle m'avait cassé...

 

 

 

Il y aurait deux Merlin désormais et même plus encore...

 

 

 

Comme si mon corps dormant eut été la nature sans cesse renaissante ; cette permanence verte, touffue, ce surgissement de sève et d'ardeur vitale...

 

 

 

 

Je me suis dis que je suis, peut-être, appelé à renaître.»...

 

 

N.B. Bran du :

Philippe Le Guillou, dont nous recommandons le livre intitulé "les Guerriers d'or", aborde cette interrogation portant sur l'interdépendance ou sur l'existence réelle d'un processus symbiotique s'établissant au sein de l'amour charnel entre deux êtres et l'écho, la résonance, l'écho produit alors, et simultanément, dans l'Univers...

 

Les études publiées il y a peu sur ce blog de Gaël Hily (l'Autre monde Celte et la Source de Vie) et les études et commentaires faits apportent des éléments signifiants de réponse...

 

 

Estival brocéliande aout 2013 062pm.jpg

 

 

 

 

 

 



23/08/2017
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