Les dits du corbeau noir

UNE PENSEE TRADITIONNELLE CELTIQUE... IMPLIQUANT UN ETAT DE DRUIDITE 2016 BRAN DU 07 12 DEC

 

 

 

"On a fait, abusivement, de la tradition celtique une « tradition druidique » cela a facilité le clivage entre un néo-druidisme universaliste et fantasmé et l'état du druide historique dont le bagage se confondait avec les « choses anciennes »...

Ce n'est pas le « druidisme » que se transmettaient les anciennes sociétés celtiques, mais la Tradition et les coutumes nationales, et cela dura tant qu'elles en eurent le besoin et la capacité....

Philippe Jouet  in   Triades, Bardes et Druides dans l'histoire et l'imaginaire Label LN éditeur

 

 

 

 

 

 

 

Note Bran du :

 

A défaut de pouvoir retenir valablement une conception idéologique impliquant une perpétuation d'une Tradition « druidique »  au cours des générations écoulées, (ce qui serait effectivement des plus abusif), on peut donc légitimement parler de Tradition « celtique » laquelle englobe bien des aspects y compris celui lié à l'ancienne religion païenne antérieure au christianisme.

 

 

On ne peut, en effet, évacuer totalement de la société celtique ancienne, telle qu'elle est identifiée et reconnue, des éléments étroitement liés à l'organisation trifonctionnelle de la dite société, englobant la classe des « très visionnaires et des très savants » et le rôle éminent joué par ceux-ci sur bien des plans structurels et conceptuels du monde Celte...

 

 

Une croyance « composite » s'est effectuée et accentuée au cours des trois derniers siècles écoulés véhiculant certes des amalgames, des projections et interprétations voire des manipulations afin de satisfaire divers niveaux d'attentes et d'aspirations plus ou moins légitimes....

 

 

L'idée est fortement contestée (et effectivement contestable) de la maintenance d'une institution druidique institutionnalisée ou au moins organisée qui se serait perpétuée au cours des deux derniers millénaires.... On ne saurait en effet cautionner cela et l'objectivité et l’honnêteté intellectuelle s'y refusent à juste titre...

 

Le « mouvement druidique » issu d'une résurgence au XVIIIè siècle en Angleterre n'aurait pas du se présenter sur cette « appellation» et « dénomination »...

 

Il aurait, au mieux, suffit de faire état de l'héritage et de l'actualisation d'une « Pensée traditionnelle celtique » par exemple pour ne pas s'exposer à des critiques justifiées et à des dérives préjudiciables en terme de vérité et d'authenticité...

 

Un des éléments, parmi les plus perturbateurs et sujet à polémique, réside dans le fait que l'on a mis en avant de l'ensemble de ce précieux héritage la dimension « religieuse » qui n'est en fait que le support, l'instrument pratique, de l'exercice spirituelle mettant en rapport l'humain avec les dimensions divines et sacrées d'une croyance évolutive...

 

Cette prédominance volontaire a jeté une forme de discrédit sur l'ensemble des concepts hérités les limitant et les bornant à une dimension certes non négligeable, mais bien secondaire par rapport aux autres dont le domaine de la « spiritualité » et des croyances y afférent...

 

 

Il serait donc o combien préférable de faite état d'un collège, d'un ordre, d'une communauté ou d'une clairière « celtique » par exemple faisant référence à tout un corpus, assez complexe par ailleurs, regroupant l'ensemble des éléments constitutifs et indissociables de la dite société celtique...

 

Une clairière celtique contemporaine (de préférence au terme collège à connotation latine et romaine) impliquerait de faire référence à une « Pensée » incluant des croyances, des préceptes, des principes, des valeurs, des pratiques, des rites, des connaissances, des usages, des mythes et archétypes, une vaste et riche « Mémoire » , tout cela inhérent au domaine culturel, philosophique, spirituel... celtique... et pouvant en effet constituer une « Tradition » ayant, de toute évidence, vocation à se « transmettre »...

 

 

Cette « Pensée traditionnelle celtique » peut légitimement être considérée comme la perpétuation quasi ininterrompue d'un héritage véhiculé au cours des siècles par ce que l'on peut bien appeler le « bardisme » lequel, via le Pays de Galles et l'Irlande, à pu effectuer une transmission certaine d'un nombre non négligeable d'éléments de base malgré les couches de christianisation, les épurations, altérations, interprétations et censures effectuées...

 

S'il manque à l'appel des éléments plus précis et, pour exemple notoire, sur la pratique religieuse antérieure au christianisme ; éléments évacués par celui-ci, il subsiste cependant suffisamment de données et d'informations qui, recoupées et confrontés à d'autres sources de compréhension et de représentation, permettent de mieux cerner le fond celtique à travers la diversité de ses formes...

 

On constatera alors, malgré un vaste « parcellaire », malgré une grande fragmentation d'études et de documents, combien une grande « cohérence » est de mise entre formes et fond... (Toute une savante, efficiente et érudite articulation qui a sens, car ordonnée , agencée et régie par une Essence tant traditionnelle, philosophique que spirituelle o combien « unie » , complémentaire et symbiotique au sein d'un singulier pluriel, diversement et merveilleusement manifesté et exprimé.)...

 

 

Ce que l'on se doit de retenir :

 

Que l'appartenance collégiale serait plus adéquate et appropriée en ayant pour appellation ou dénomination le terme de « Clairière traditionnelle celtique »...

 

Qu'au sein de cette communauté (se voulant héritière de cette mémoire ancestrale et de tout ce qu'elle véhicule), se situe, se trouve, s'exerce, se pratique un « Etat de druidité » qui est une façon d'être, de se relier, de vivre, de mourir, de pratiquer, de créer, d'entreprendre, inspirée des « valeurs propagées » par le Verbe bardique lui même alimenté par le Souffle de l'Awen, ; lesquels attendent d'être conjugué et respiré parc ceux et celles avec qui ils rentrent en affinité et correspondance et ce quelque soit le temps ou l'espace où ils se trouvent et se manifestent...

 

Par ailleurs...

 

Depuis ces trois derniers siècles, ce sont des milliers et des milliers d'études, d'analyses, de recherches, de travaux, d'ouvrages, d'explorations, de spéculations, de mises en oeuvre et en pratiques, d'expérimentations, de réelles inspirations, qui ont été opérés avec plus ou moins de qualité, d'authenticité, de pertinence, de révélation...

 

Certes, le résultat est inégal par rapport au nombre et au volume des données brassées avec plus ou moins d'érudition et de compétence, mais songez un instant à tous les créateurs, à tous les artistes, à tous les artisans, à tous les penseurs, poètes, écrivains, musiciens, dessinateurs, cinéastes, conteurs... qui ont puisé dans la « matière celtique » afin de produire pour certains de véritables chef d'oeuvres !...

 

Il en est de même pour l'ensemble des « clairières » celtiques et de ceux et de celles qui au cours de ces trois derniers siècles les ont animé et servi de leur mieux ne négligeant ni l'effort, ni l'exigence...

 

Tous les « apports » ne sont pas « recevables » au même niveau de compétence et d'érudition, mais un bon nombre à fait évoluer les conceptions et les pratiques au fur et à mesure des avancées de la science et des études spécialisées mises à disposition...

 

Il reste « un champ du grand ouvrage », car il y aura encore bien des données et pratiques à parfaire lesquelles continueront d'évoluer au fur et à mesure des progrès obtenus par la science et la recherche multidisciplinaire actuelle...

Mais nous ne saurions oublier ceux et celles qui au cours des dernières générations ont porté de leur mieux le flambeau de la « Pensée traditionnelle celtique » animés par cet Awen qui n'a de compte à rendre à personne si ce n'est, peut-être, à Cela dont il émane au-delà et par-delà notre « historicité », nos faiblesses et nos limites humaines...



07/12/2016
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