Les dits du corbeau noir

TTRADITION D'HIER ET SPIRITUALITE DE DEMAIN REFLEXION 2017 BRAN DU 06 03 MARS

Réflexion Bran du        05 03 2017

 

La Tradition d'hier, la Spiritualité de demain !

 

Nous ne saurons que peu de choses sur les conceptions doctrinales et théologiques des anciens Druides et tout cela sera encore sujet à bien des controverses sauf découverte archéologique majeure éclairant l'obscurité d'un tel délicat, subtile et complexe sujet...

 

Nous avons abordé dans un article précédant l'indéniable organisation d'une religion basée sur un polythéisme amplement partagé par les sociétés indo-européennes dites tri-fonctionnelles...

 

Nous avons compris également qu'antérieurement à cette "religion" sociale, politique, s'appuyant sur la notion de tri-fonctionnalité, existait une religion "cosmique" ayant incorporé en partie des données plus anciennes en provenance des populations qui ont précédé les Celtes sur leurs nouveaux territoires...

 

Nous avons pris note que le christianisme s'est évertué à faire disparaître toutes les traces des cultes païens jugées incompatibles avec la "nouvelle religion"...

 

Que les établissements druidiques (pour autant que les druides aient constitué un "clergé" au sens habituel du terme impliquant une "institution religieuse") ont disparu après que deux édits romains frappèrent d'interdit le culte païen druidique en condamnant à mort les Druides ; leurs serviteurs...

 

 

A la lecture des travaux de Philippe Jouet sur les Triades nous avons constaté qu'il existait en dehors de ce "cadre" religieux et doctrtinal des autres recherches de compréhension, de « connaissance», réservées à priori à une classe d'initiés aptes à exprimer à travers l'art celtique ces dites conceptions particulières... ( Il y aurait donc beaucoup à investir à propos des "Pouvoirs", "Puissances", "Energies" qui débordent, englobent ou enveloppent les conceptions religieuses traditionnelles ; un investissement auquel n'ont pas manqué de s'adonner les Druides eux-mêmes à leur époque en privilégiant une Loi d'Evolution par rapport à la fixation, à demeure et perpétuelle, des concepts religieux...

 

La résurgence de la pensée celto-druidique en 1717 est le fait de libres penseurs très sérieusement en quête, d'une « Sagesse » , d'un « autre discours fondateur » que ceux tenus et pratiqués dans leur environnement... « Tout s'est passé comme si la redécouverte d'un héritage disponible et jamais tout à fait oublié avait aimanté des hommes en quête de sens. » (Ph Jouet)

 

Il semble bien que cette résurgence se soit appuyée dans un premier temps sur l'héritage « bardique » plus que « druidique », le premier ayant assez fidèlement véhiculé, pour la part qui les concernait plus spécifiquement) par les bardes, « filid », poètes... au cours des siècles et des générations...

 

Ce sont donc les Porteurs de la Parole d'Eau et de Feu, les Serviteurs de ce Souffle appelé l'Awen (Analogue à un Verbe appelé Logos) qui ont assuré la transmission de ce qu'ils avaient encore en dépôt, mais ce dernier était en partie vidé des conceptions doctrinales religieuses donc de l'héritage spécifiquement sacerdotal et druidique...

 

On doit donc essentiellement au bardisme le soin d'avoir colporté à travers les âges une part non négligeable de la mémoire celtique et ce seront de nouveaux bardes qui revêtiront la saie de la pensée druidique au 18è siècle...

 

L'Etude très approfondie, étayée et argumentée de Philippe JOUET (Triades Bardes et Druides dans l'Histoire et l'Imaginaire) montrera, démontrera, une revitalisation de l'ensemble de cette pensée dans sa dimension druidique et ce, à l'aide de sa mise en œuvre « bardique »...

 

Cette « revisitation », ce « rajeunissement », cette « reconstruction », cette « amplification » des histoires de l'ancienne "Celtie" n'est pas l'oeuvre d'un génial faussaire, mais d'un barde érudit et inspiré appelé Iolo Morganw, qui était une sorte « d'antiquaire » comme on appelait ceux qui s'occupaient des « antiquités » en G.B....

 

Ph Jouet nous dit à propos du Barddas que son auteur résume plus qu'il n'invente et qu'il y a peu d'innovations apportées à son écriture si ce n'est l'accentuation faite de l'emploi de triades...

 

Il sera question dans les 46 triades les plus importantes du Barddas ( Livre des Bardes du Pays de Galles) d'un « Dieu tripartie »....

 

Nous sommes alors dans une conception qui implique de concevoir le Trois en Un et le Un en Trois ; ce qui me semble d'ailleurs correspondre parfaitement à l'Esprit même du monde Celte...

 

Mais Dieu ici n'est pas le Tout, il connaît lui-même des « limites » à sa puissance, à son pouvoir, à ses facultés... Et il a besoin des hommes pour l'aider dans son ouvrage...

 

Il y a donc « autre chose » que l'on ne peut approcher qu'en terme métaphysique et physique (en terme de flux, d'ondes, d'atomes, de particules, de vibrations, d'énergies-lumières...)

 

Et cela ouvre vers d'autres immensités insondables....

 

Pas de définition donc, mais que des approches, des investigations, des explorations jusqu'aux limites des facultés et capacités de compréhension et de formulation de l'esprit humain...

 

 

Il demeure en tout cela...

Des conceptions polythéistes qui cohabitent avec une forme de monothéisme lui-même conçu et actionné sous une forme ternaire... Et, peut-être en cela et par cela, des « amorces » embryonnaires vers ce qui pourrait être l'une des grandes « spiritualités » des décennies à venir comportant des substrats traditionnels et une dimension universelle sans que des amalgames ou des confusions ne viennent altérer son unité et sa cohérence...

 

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Pour tenter de résumer une « architexture » d'ensemble, nous aurions à disposition pour nos études et recherches, visions et perceptions, des doctrines et théologies évolutives :

 

Soit (d'une façon chronologique) :

Des substrats des religions (croyances, concepts) antérieures à l'arrivée des Celtes en Europe...
(Peut être la résultante des échanges mythologiques et poétiques entre indo-européens. (Notamment entre proto-Celtes et proto-Grecs quelque part entre l'Ukraine et le Danube selon Bernard Sergent.)

 

Une religion dite « cosmique » avec un ciel diurne, nocturne et les aurores crépusculaires (avec les trois couleurs indo-européennes associées ; le blanc, le noir (ou le « sombre ») et le rouge...

 

Une « religion » politique, organisant la société celtique selon le modèle tri-fonctionnel indo-européen...(régissant et régulant les liens entre les trois classes : sacerdotales, royale et guerrière et productrice.)...

Et sans doute des « pratiques religieuses » plus spécifiquement adaptées au monde « guerrier »...

 

En dehors de la religion « commune » pratiquée sur l'ensemble des territoires Celtes et suffisamment « puissante » pour imprégner tous ces territoires et leurs populations :

Des « spéculations » de certains « initiés » vers d'autres domaines de la Connaissances limités et réservés à une sorte d'élite (des Sages parmi les sages !) aptes à concevoir, à conceptualiser, des données parmi les plus « abstraites » pouvant être considérées comme une métaphysique de haut niveau...

 

Une transmission via l'oralité puis l'écriture en Irlande de l'héritage bardique plus ou moins censuré, plus ou moins christianisé et anthropomorphisé par les copistes chrétiens, mais vidé de sa substance sacerdotale....

 

 

Un renouveau bardique au 18è siècle via les libres penseurs entourant John Toland en 1717 (des êtres en quête de sens et s'y attelant le plus sérieusement possible.)

 

Par la suite, une amplification de ce mouvement de restitution de la Mémoire celtique et de son héritage et une réécriture respectant le fond et faisant évoluer la forme...

 

Toutefois l'accent est mis dès la parution du Barddas sur un Dieu en tripartie et une théorie ou théologie des Trois Cercles de l'existence humaine, terrestre et passagère...


Avec pour invitation et proposition : la « réalisation » accomplie, aboutie, après épreuves et périples nécessaires, des potentialités encloses en chaque être appelé à cheminer, à naviguer, vers le Monde Blanc du Gwynfyd ou Gwenved soit de la « Pleine Energie/Lumière »...

 

 

Tout ceci constituant les éléments d'une extrordinaire aventure humaine ayant pour Etoiles conductrices :

l'Emerveillement et le Réenchantement, la Bienfaisance et la Bienveillance ; la Bonté, la Générosité et l'Amour, de Cela qui Fut, Est et Sera au-delà et par-delà les hommes, les femmes, tout le vivant et tout le créé passé, présent et en devenir, tous les dieux, toutes les déesses, toutes les divinités, toutes les mythologies et tous les archétypes, tous les rois et tous les héros, toutes les épopées et les « imrama » et ce, de toute éternité pour toute éternité...

 

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06/03/2017
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