Les dits du corbeau noir

TRANCHES DE VIE ET DE REVE (NOUVELLE) 2017 BRAN DU 16 08 AOUT

Estival brocéliande aout 2013 082pm.jpg

Oeuvre de Robert Morvan

 

 

Tranche de vie ou de rêve.... Dahouet 08 2017 Bran du

 

 

Quand il n'y a plus rien à attendre, il nous reste toujours tout à accueillir !...

 

 

 

Fête de la Mer... Vie grouillante...

Chacun ici à son histoire, ses histoires, sa légende personnelle, unique, exclusive, inédite au sein des différents états de l'existence et de ce que celle-ci apporte ou comporte de joies et de souffrances, de peurs et de désirs, d'élans et de renoncements...

 

Et combien parmi ces « individus » à revisiter le cortège égrainés et douloureux, énigmatique à jamais, des regrets de n'avoir pas su ou pu « Oser la Vie » quand la vie Osait pour eux ,...

 

Des vies juvéniles côtoient des vies usées par le temps et les épreuves... Juxtaposition du passé et du futur dans l'incertain de ce qui, en l’instantané du temps est, peut être ou ne pas être...

 

Que fais-je ici dans cette agitation turbulente ou le factice tient compagnie à l'innocence, au spontané, à l'insouciance ?...

 

Que fais-je ici dans cette foule bruyante, dans cette cacophonie estivale rassemblant sous la même tente festive les parents, amis, voisins, collègues, connaissances et étrangers en visite ?

 

Quelle somme d'expériences de vie se trouve regroupée ici dans ce foisonnement quelque peu fiévreux de mots, de gestes, de heurts, de retrouvailles et de perditions...

 

Les parentés et affinités se regroupent autour de la table conviviale... Cela qui ne fait que passer passe entre les rangées aux paroles vives...

 

Il y a là bien sûrs les « locaux », mais aussi les visiteurs d'un jour ou d'un soir venu découvrir pour la plupart une « Bretagne vivante », conforme aux poncifs et clichés que l'on s'en fait - ou que l'on formate « touristiquement » – ou encore que l'on peut s'en faire quand le cœur, les sens et l'intelligence perceptive sont aux rendez-vous donnés et offerts...

 

Personnellement je n'ai pas rendez-vous ni rancard ce soir avec la Bretagne, mais avec le hasard et son objectivité...

 

C'est ce qui explique que je sois ici et non ailleurs bien que l'ailleurs me conviendrait davantage si....

 

Ici, au mitan de cet amalgame de rencontres programmées, prévisibles, souhaitées, mises en œuvre et celles des plus inconnues...

 

Je viens à la découverte d'une Femme, une Femme qui aime aussi la rencontre dans ce qu'elle apporte d'inattendu et d'imprévisible

mais, peut-être, de secrètement et sourdement espéré !

 

Une femme pour qui la vie est un jardin fleuri où les cœurs se balancent sous un pommier d'une rive à l'autre du « possible »...

 

L'arbre qui offre sa branche à sève de confiance, de celle où chante l'oiseau bleu et rouge du cœur...

 

Un groupe de variétés fait un essai de sonorisation portant le bruit à saturation comme si la fureur pouvait être synonyme d'exaltation ou d'excitation au sein d'un public jugé trop amorphe !...

 

L'excès chasse l'harmonie, le son agresse plus qu'il ne stimule.

Il fatigue les capacités de réception et d'envoûtement. Il expulse le silence aux confins du monde audible...

 

 

Estival brocéliande aout 2013 083pm.jpg

 

Elle est là, riante et souriante en son visage de bienvenue...

Elle se penche et se pose contre mon épaule, je l'entoure d'un de mes bras et dépose un baiser sur son front ou sur ses tempes (je ne sais plus à cause de l'émotion)...

 

Tout cela comme si la connivence était de mise et ce depuis longtemps avant qu'elle ne s'incarne furtivement mais densément dans l'instant où elle prend réellement naissance...

 

Quelles formes prendra-t- elle qui s'épouseront ou non ?

 

Qu'importe, mais je retiens l'étincelle...

 

Comment expliquer ? Est-il besoin d'ailleurs de le faire ?

D'où provient ce sentiment d'immédiateté dans la connivence et l'entendement... A-t-il voyagé dans le temps ou le non temps à la vitesse de la lumière qui fait six cent mille kilomètres à la seconde ?

Car cela trouve sa place, son ajustement, son adéquation, sa conjonction, sa réalité et son évidence !...

 

Ainsi la tendresse entoure la douceur toutes deux venues d'une planète qui est le satellite insoupçonné de notre cœur, (une particule inconnue sœur de la Toute première?) ...

 

C'est comme une promesse que nous n'avons jamais expressément formulée et qui se trouve tenue !...

 

Quelques fractions de secondes qui font la nique à l'infini et à l'absolu !

 

///...

 

La fête bat son plein...

L'amie furtivement entrevue est de service pour l'association où elle est adhérente et qui a organisé l'événement....

On convient de se parler après la période de chauffe...

C'est un succès...

Le monde se presse vers la galette saucisse, les moules frites ou la crêpe maison...

La musique déferle sur le Quai des Islandais...

 

On danse breton et je ne peux résister à entrer dans un Plinn et un Cercle Circasien... Tant pis pour les inflammations des deux genoux...

 

Je suis en sueur, mais cela fait du « bien » de s'offrir l'apparence d'une jeunesse dont on ma récemment, brutalement, sans ménagement, reproché l'inquiétant et inadmissible éloignement !...

 

Un bouquet de feux d'artifice explose dans la nuit...

 

L'équipe de « service » est épuisée. Cela fait plus de quatre heures qu'elle sert des repas... C'est la pause, bien méritée enfin puis les rangements...

 

J'attends d'être rejoint assis sur un banc posé à proximité des marmites...

 

Mais notre « convenance » est manifestement oubliée...

 

Je comprends la fatigue entraînée aux portes de la minuit...

 

Je rentre donc sans chercher à revoir celle qui me sollicitait il y a peu, ne sachant toujours pas pour quoi ce souhait et ce vœu...

 

///...

 

Hors de ce champ, là-bas, au bout du port une aigrette se remplie la panse avec des crevettes...

C'est marée montante....

Le flux s'est inversé...

Les mulets investissent la bordure des quais...

Peu de vent en cette vesprée, ciel sans nuages...

La lumière a lentement diminué d'intensité avant le basculement définitif du jour dans l'obscur séjour où parfois, consentant au mutuel contentement, s'enlacent et « s'enspiralent » des amants...

 

Et où naissent des rêves comme celui-ci !...

 

.......................................................

 

 



16/08/2017
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