Les dits du corbeau noir

QU'IL EST DUR D'ACCEDER AU RIVAGE ! 2017 POEME BRAN DU 03 08 AOUT

Qu'il est dur d'accéder au rivage de la vie, de la joie et de l'amour...

Bran du 03 08 2017

 

Tant de récifs et de remous violents l'entourent et le protègent comme autant de piques acérés pointés vers l'extérieur et les dangers supposés de cette provenance...

 

 

Combien de brumes épaisses et stagnantes audacieusement transpercées par le frêle et fol équipage de mes espérances ?...

 

 

Combien d'apparitions puis de disparitions au creux des vagues immenses s'abattant sur le fragile esquif de mes désirs et de ma volonté conjointe ?...

 

 

Combien de perditions, d'errances, les yeux rivés sur cette boussole du coeur affolée, désorientée, livrée aux affres du doute et de l'incertitude ?...

 

 

Combien d'aubes et de crépuscules a guetter, sur l'horizon changeant, une masse plus sombre, un vol d'albatros ou de mouette annonciateur d'une terre de promesse ?...

 

 

Combien de courants à me dévier de la route tracée par une pensée

entièrement tendue vers le but à atteindre ?...

 

 

Combien d'attente, toute voile inerte, désertée de souffle, mon corps se balançant entre espoir et désespoir, tanguant comme la barque qui me porte, coûte que coûte, au-delà de mes peurs et de mes inquiétudes ? ...

 

 

Combien de solitude transcendée par la vision d'un visage, d'un sourire, d'un corps paré de ses splendeurs, de la fraîcheur de son verger, embaumé par le fleurissement de ses prairies ?...

 

 

Combien de questionnements, d'interrogations, de projections dans l'attente d'une claire et lumineuse réponse ; ceci comme autant d'étoiles à paraître dans la nuit la plus longue et la plus obscure qui soit...

 

 

Combien d'encoches gravées à fleur de peau dans le bois de ma barque, à décompter le temps qui sépare le désespéré du survenu ?...

 

 

Combien de silence à peser dans mes paumes désertes le possible et l'impossible ?...

 

 

Combien de temps et d'heures à tenter de mesurer sur le grand vide de l'océan la distance qui s'étend entre le rêve et la réalité ?

 

 

Combien de fausses joies et de vraies déceptions quand s'estompe la vision entrevue et merveilleuse d'une forme humaine et féminine se profilant sur l'immensité et rayonnant comme un phare au promontoire d'une île d'espérance ?...

 

 

Combien de tremblements et de douces fièvres à imaginer l'attente et l'accueil , à supputer la grève offerte, splendide et voluptueuse, désirable, aimantée et diamantine et tous les fruits pulpeux qu'elle recèle et prodigue dans l'abondance de ses dons ?...

 

 

Combien d'impuissance à forcer les flots et flux qui me refoulent sans cesse, m'interdisant toute approche, me renvoyant vers les abysses d'eau, d'écume, de solitude et de sel ?...

 

 

Combien de souffrance dans cet éloignement et l'espace qui se creuse immanquablement à cause de toutes ses peurs qui font barrage et se hérissent à ma venue ?...

 

 

Ainsi l'abord délicat, difficile, complexe, paradoxale, déroutant, contradictoire, d'un féminin aimant qui soudain se dénude devant mes yeux émerveillés et émus puis se dérobe à ceux-ci dans un éloignement irréversible et douloureux !....



03/08/2017
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