Les dits du corbeau noir

LES NAVIGATIONS CELTIQUES MERVEILLEUSES 2017 LES TEXTES PUIS LES COMMENTAIRES DE BRAN DU 05 10 OCTOBRE

 

 

LES IMMRAM où les récits irlandais de navigations merveilleuses vers un Autre-Monde...

 

La Quête de la Connaissance (de Soi et de tout l'Univers)

 

Les textes originaux : La navigation de Bran, celle de Mael Duin puis celle de St Brendan puis les commentaires à la suite de Bran du     Octobre 2017

 

 

(Selon Philippe Jouet :

Dictionnaire de la mythologie et de la religion celtique.)...

 

...Des textes teintés d'influence chrétienne, mais aussi d'une thématique celtique identifiable dans de nombreux épisodes des Immrama...

 

Le thème du voyage maritime, de la traversée de l'eau vers les îles merveilleuses, prolonge des conceptions indo-européennes...

 

L'ensemble des récits cumule des accomplissements héroïques pour ce qui est des récits de fonds traditionnels et vont au-delà de la notion de « pénitence » pour les récits d'intention chrétienne...

 

 

 

EN PREAMBULE aux textes qui suivent....

LES ILES DU NORD DU MONDE. (Ou l'origine nordique du savoir traditionnel)...

 

Une première « navigation » concerne le « lieu des commencements » soient les îles « mythiques » du Nord du Monde car selon les conceptions (plus traditionnelles que précisément géographiques), l'origine du druidisme est localisée dans ces îles qui détiennent toute la science, la poésie, la connaissance, l'art et la sagesse du druidisme...

 

Ce seront les Tuatha Dé Danann qui apporteront en Irlande les bases et fondements du druidisme (pour ne pas être tentés de retourner dans leurs îles, ils brûleront leurs bateaux en arrivant.)...

 

Ce qu'en dit F le Roux et Ch J Guyonvarc'h dans les Druides :

« …. En résumé, les instructeurs des Celtes venaient des Îles du Nord du Monde et c'est là qu'il leur fallait aller puiser et renouveler la science sacrée. »

 

Le texte mythologique irlandais concerné : La Bataille de Mag Tured (extraits)...

 

« ...Les Tuatha Dé Danann (Les gens de la Déesse Dana) étaient dans les îles du Nord du Monde apprenant la science et la magie, le druidisme, la sagesse et l'art et ils surpassèrent tous les sages des arts du paganisme.

Il y avait là quatre îles dans lesquelles ils apprenaient la science, la connaissance et les arts, à savoir : Falias, Gorias, Murias et Findias.

 

C'est de Falias que fut apportée la Pierre de Fal qui était à Tara.

Elle criait sous chaque roi qui prenait l'Irlande.

 

C'est de Gorias que fut apportée la lance qu'avait Lug, Aucune bataille n'était gagnée contre elle ou contre celui qui la tenait en main.

 

C'est de Findias que fut apportée l'épée de Nuada, personne ne lui échappait quand elle était tirée du fourreau de la Bodb et on ne lui résistait pas. (Allusion à la Bodh qui est ici sans doute la « corneille des combats qui règne sur les champs de bataille. Note Bran du).

 

C'est de Murias que fut apporté le chaudron du Dagda, aucune troupe ne le quittait insatisfaite....

 

Il y avait quatre druides dans ces quatre villes.
Morfesea était à Falias, Esras était à Gorias, Uiscias était à Findias, Semios était à Murias. Ce sont les quatre poètes de qui les Thuata Dé Danann apprirent la Science et la Connaissance
. »

 

Tableau :

 

(Iles) Falias Gorias Findias Murias

 

Autres noms cités par Philippe Jouet

Failias Goirias Findias Muirias

 

Désigne :

La Pierre (?) Le Feu La Blanche La Mer

L'Inflammation

Druides :

Morfessa Esras Uscias Semias

Grand savoir Moyen Eau Subtilité

Opportunité Modération

Talismans :

Pierre de Fal Lance de Lug Epéé de Nuada Chaudron

Glaive de Nuada

 

Cette structure conceptuelle est apparentée à la répartition de l'Irlande en quatre provinces unies par un centre....

 

C'est ainsi que le « druidisme » via les Tuatha Dé Danann (la Famille des dieux et des gens de la Déesse Dana) à navigué vers la terre d'Irlande...

 

........................................

 

 

Philippe Jouet in Dictionnaire de la Mythologie et de la religion celtique (Extraits) :

 

1 / Le VOYAGE DE BRAN Immram Brain Mac Febail

La composition de ce récit remonterait au début du VIIIè siècle et sa rédaction début XIè siècle...

 

Le thème:l'incursion dans le monde insulaire...

 

Bran, fils de Fébal, endormi par une musique merveilleuse trouve à son réveil une branche fleuri (laquelle est un gage d'immortalité)...

Une femme lui chante les beautés d'Emain Ablach (la Plaine de la Pommeraie) puis s'en va en emportant la branche...

 

Le lendemain Bran s'embarque avec trois compagnies de neuf hommes (27).(Nombre approximatif d'un mois lunaire.) (Il y a eu certainement un usage rituel de ce nombre.)(Il est associé à un plat inépuisable qui peut rassasier le monde entier.)

Chaque embarcation est conduite par un des fils adoptifs de Bran...

Ils partent à la recherche de la Terre des Fées...

Au cours de leur voyage de deux jours et deux nuits, ils rencontrent un homme qui se déplace en char sur la mer...

 

Cet homme ; c'est Manannàn Mac Lir le Roi de la Terre des promesses qui chante les beautés d'Emain...

Sous la mer se trouvent des forêts de troupeaux...

(L'Autre-Monde est séparé des mortels par un obstacle maritime qu'il faut traverser.)...

 

Les hommes d'Irlande abordent dans l'île de la joie. Un des compagnons s'y aventure et, saisi par le rire, ne reconnaît plus les siens si bien qu'il faut l'abandonner...

 

Dans l'île des femmes, les voyageurs sont accueilli par la reine. Elle lance à Bran une pelote de fil qui s'attache à sa paume et sert a hâler le navire...

Ils sont hébergés dans une grande maison, y consomment la nourriture inépuisable et se voit attribuer chacun une compagne...

 

Cela jusqu'à ce que la nostalgie de l'Irlande s'empare des hommes.

La reine les met en garde : aucun d'eux ne doit mettre pied à terre...

 

Bran et les siens regagnent la terre d'Irlande où personne ne les reconnaît. En effet, plusieurs siècles se sont écoulés depuis le départ de leur expédition. Bran est un homme du passé et il ne lui reste plus qu'à disparaître sans s'attarder... (Le temps des hommes n'est pas le temps des dieux.)...

 

Associé à l'héroïsation, le paradoxe du temps est poussé dans ses ultimes conséquences. Cela peut aussi être interprété comme un parcours après la mort, ou comme étant des étapes de la conscience...

 

...................................................

 

La Navigation de MAEL DUIN

IMMRAM MAILE DUIN

 

C'est une composition d'intention chrétienne qui conserve des images et des épisodes du fond traditionnel païen...

 

Texte attribué à Aed Finn un Ardecnaid (Haut Sage) d'Irlande...

 

Une conception pouvant remonter au Xè siècle ; certains passages du récit étant plus anciens...

 

Résumé :

Mael Fuin était le fils d'un noble et d'une nonne. L'enfant naît après le meurtre de son père est élevé par une reine comme son propre fils. Quand il fut devenu un habile guerrier, on reprocha à Mael Duin l'obscurité de ses origines... Ayant appris la vérité par sa mère, il alla dans le pays de son père prendre possession de son héritage. A l'institution de Bricriu, il se résolut à venger son père... La mer était la seule voie qui put mener aux meurtriers...

 

Mael se rend auprès d'un druide (Nuca). Celui-ci lui indique les jours favorables à la construction du bateau et au départ et l'avertit qu'en aucun cas il ne devrait partir ni plus ni moins que dix sept passagers avec Mael Duin... (Il y avait 18 incantations protectrices pour l'Irlande. Fintan est protégé par deux compagnies de neuf hommes, neuf devant et neuf derrière lui. Le nombre 17 semble relever d'un rituel archaïque.)

 

Mael Duin fabrique un coracle à trois peaux et s'embarqua mais, trois frères de lait voulurent se joindre aux voyageurs... Ils se jettent à l'eau et Mael Duin doit les recueillir... (Le nombre fixé est dépassé)...

Cela fut la cause qu'un grand vent empêcha Mael Duin de débarquer dans l'île où se trouvaient les meurtriers de son père.

Il dut s'abandonner aux vents (à la grâce de Dieu)...

Après trois jours et trois nuits de navigation, les compagnons découvrirent un grand nombre d'îles et d'autres merveilles... (33 îles)...

(Les trois frères périssent au cours de cette navigation)...

 

(La perte des trois frères relèvent de l'irréflexion, du rire et de la tristesse, trois aspects indirects de la musique.)...

 

................................................

 

 

Les Trente trois îles de la Navigation...

 

1 : Une île peuplée de fourmis géantes (de la taille d'un poulain) qui veulent les dévorer...

 

2 : Une île de grands oiseaux qui leur servent de nourriture...

 

3 : Une île sablonneuse qui héberge un cheval carnivore qui a des pattes de chien...

 

4 : Une île plate parsemée d'empreintes de chevaux géants jonchée d'énormes coquilles de noix avec les restes d'un festin de chair humaine...

 

5 : Une île isolée avec une maison à deux portes ; l'une donnant sur la mer, l'autre sur l'intérieur des terres...

La porte de la mer est tenue fermée par une pierre trouée qui laisse passer un saumon.

Ils sont sauvés de la famine par trois habitants qu'ils ne verront pas...

 

6 : Une île aux grandes falaises couverte d'une forêt toute en largeur...

Ils longent la falaise trois jours et trois nuits avec une baguette à la main. Au troisième jour, ils trouvent au bout de la baguette une grappe de pommes qui les nourrit pendant quarante jours...

 

7 : Une île entourée d'une enceinte de pierres habitée par une bête énorme et rapide comme le vent... Elle peut se tenir à l'envers ou tourner sur elle comme un moulin...

Elle leur jette des pierres en les poursuivant...

 

8 : Une île où se déroule des combats de chevaux particulièrement sanglants...

 

9 : Une grande île couverte d'arbres aux pommes d'or... Le jour, des animaux rouges semblables à des porcs ébranlent les arbres et mangent les pommes. La nuit ils rentrent dans leur caverne... Leur chaleur rendait la terre brûlante. Des oiseaux nagent sur les vagues de plus en plus loin et reviennent au coucher du soleil...

Les compagnons font provision de pommes...

 

10 : Une petite île, la dixième, porte une forteresse blanche. Ils découvrent dans une maison de la nourriture des broches et des colliers d'or. Un petit chat joue sur quatre piliers de pierre. Ils se rassasièrent mais quand un des frères de lait de Mael Duin voulut emporter un collier le chat lui sauta sur lui et le brûla au point de le réduire en cendre... Mael Duin adoucit le chat avec des paroles et remit le collier en place...

 

11 : Une île partagée en son milieu par une palissade de cuivre rouge. Un grand troupeau de moutons se tenait d'un côté blanc, de l'autre noir. Un homme géant se tenait entre les deux. Quand il lance un mouton blanc de l'autre côté de la palissade, il devient noir et inversement...

De même les baguettes lancées par Mael Duin changent de couleur...

(Image des deux saisons de l'année et de leur variabilité soit la claire et la sombre)...Ils ne descendent pas dans cette île...

 

12 : Une île peuplée de porcs énormes et, de l'autre côté d'une rivière dont les eaux brûlaient comme du feu, de veaux sans cornes gardés par un géant...

 

13 : Une île où un moulin moud tout ce qui est plainte et murmure...

 

14 : La quatorzième est peuplé d'hommes vêtus de noir qui pleurent. Le deuxième frère de Mael Duin va à leur rencontre.

Devenu noir il se lamente comme eux. Il reste sur l'île funèbre...

 

15 : Une île partagée en quatre par des palissades, l'une en cuivre, les autres en argent, en or et en verre. Des rois et des reines, des guerriers, des jeunes filles se partagent ces quatre compartiments (Une image des deux fonctions supérieures du corps social). Une jeune fille les accueille, leur donna une nourriture imprécise à laquelle chacun trouva la saveur qu'il désirait. (Adéquation de la connaissance et de ses instruments, des objets et des moyens.) Ils burent et furent ivres 3 jours et trois nuits.

A leur réveil ils étaient dans leur bateau...

 

16 : Une petite île qui renfermait une forteresse. Ils ne purent franchir le pont de verre qui toujours les rejetait (sélection). Une femme belle la tête ceint d'un diadème vient puiser de l'eau près du pont. Trois jours et trois nuits, ils s'endormirent au son d'une belle musique. Puis la femme vint à eux et leur apprit qu'ils étaient attendus depuis longtemps...

Elle les emmena dans une grande maison sur le rivage et les restaura.

Mael Duin demeurant à part. Les hommes se réveillèrent sur leur bateau. Mael Duin ne couche pas avec la femme (retouche au scénario traditionnel!)...

 

17 : Une île d'oiseaux dont le chant se répandait sur la mer...

 

18 : Une île habitée par un ermite vêtu de sa seule chevelure. Sur un arbre reposent les âmes de ses enfants et de sa famille sous forme d'oiseaux. Celles-ci attendent le jugement... (chapitre issu de l'hagiographie « Soit de la vie d'un saint. »)...

 

19 : Une île habitée par un autre ermite vêtu comme le précédent. Il s'alimente à une source qui donne divers liquides (notamment de la bière et du vin) ais grandes solennités religieuses. Le seigneur envoyait aussi du poisson et du pain (Motifs hagiographique). Ils burent à la source, s'endormirent et partirent après trois jours...

 

20 : Une île où de redoutables forgerons leur aurait fait un mauvais parti s'ils ne s'étaient enfuis. La lourde masse en métal rougi qu'on leur lança tomba à côté de leur vaisseau...

 

21 : Une mer aux eaux transparentes comme du cristal...

 

22 : Une mer aussi impalpable que les nuages. Sous eux s'étendait un beau pays. Ils y virent un chevalier, une bête monstrueuse près d'un arbre, les troupeaux dont elle se nourrissait...

 

23 : Une île entourée d'un vaste ressac. Les insulaires attaquèrent les voyageurs en lançant des noix...

 

24 : Une île sur le rivage de laquelle jaillit un grand cours d'eau qui rejoignait l'autre bord comme un arc-en-ciel. Ils passèrent dessous sans se mouiller et ils prirent avec leur lance de grands saumons...

 

25 : Une grande colonne d'argent d'où pendait un grand filet d'argent dont Diuran le poète apporta un petit morceau à Armagh. Quand on le pesa une voix se fit entendre du haut de la colonne, dans une langue inconnue...

 

26 : Une île sur un piédestal, portant un laboureur...

 

27 : Une île où les reçurent une reine et ses dix sept filles qui préparaient le bain de dix sept voyageurs. Ils furent restaurés et passèrent la nuit avec les filles, Mael Duin. Celle-ci leur propose la jeunesse éternelle s'ils acceptent de rester sur l'île... Il y demeurent trois mois d'hiver (douze moins neuf). Le jour la reine s'absentait pour rendre des jugements dans la grande laine.

Mael Duin céda aux instances de ses hommes désireux de retrouver l'Irlande. Mais quand ils étaient dans leur bateau, elle leur lança une corde que saisit Mael Duin et les ramena au port. Après trois mois de printemps, les hommes repartirent. La reine de nouveau lança une corde mais quand un guerrier s'en empara Diuran lui trancha la main au grand désespoir de la reine.

 

28 : Une île sur laquelle des arbres qui tenaient du saule et du coudrier donnaient des baies merveilleuses. Tiré au sort Mael Duin goûta le jus des fruits et tomba dans un sommeil proche de la mort. A son réveil ;

il ordonna de cueillir les fruits dont le jus, mélangé à l'eau, donnait une boisson délicieuse...

 

29 : Une île couverte moitié d'if, moitié de chênes, un vieux prêtre unique rescapé d'un pèlerinage, les reçus. Ils virent un grand oiseau s'abattre, épuisé, sur l'île, portant une branche énorme couverte de fruits rouges...

Deux aigles vinrent l'aider à se nettoyer et à lisser ses plumes, si bien qu'il repartit plein de vigueur. (C'est ici une référence à un psaume).

Diuran seul osa se baigner dans le lac où l'oiseau s'était lavé. Il fut épargné par la maladie jusqu'à la fin de sa vie...

 

30 : Une île, la trentième, dont les nombreux habitants passaient leur temps à jouer et à rire. Le troisième frère de lait de Mael Duin fut envoyé en reconnaissance. Il se prit à jouer et à rire comme les insulaires et ne revint pas. (Punition du dernier des surnuméraires)...

 

31 : Une petite île entourée d'un rempart de feu. Le mur étant mobile et tournait tout autour de l'île. Ils voyaient une petite porte sur le côté du mur. Quand elle passait devant eux ils voyaient l'intérieur de l'île et des gens beaux et riches qui festoyaient en chantant... (Ici aussi un aperçu de l'île des Bienheureux.)...

32 : Un homme nu, à genoux sur une large roche où Dieu l'avait installé en expiation de son amour des richesses. Au début des loutres lui avaient apporté nourriture et petit bois. Le rocher et la nourriture s'accrurent avec le temps. Le voleur repenti y demeurait sans souffrir des éléments. Il invita Mael Duin à pardonner à l'assassin de son père...

 

33 : Le retour dans les îles irlandaises se fît par la trente troisième île ; celle des moutons. Alors un oiseau de mer les guide vers l'île où ils avaient été repoussés au début ; les gens du château parlaient de faire bon accueil à Mael Duin si jamais il revenait ; à cause de ses longues souffrances. Aussi accueillirent-ils les voyageurs pour qu'ils racontent leurs aventures...

 

 

PH Jouet :

« ...L'essentiel du genre est la suite des étapes où l'on reconnaît à la fois des motifs chrétiens qui se retrouvent dans l'hagiographie et des images traditionnelles irlandaises...

L'exigence des dix sept passagers peut être un archaïsme rituel. Irréflexion, rire et tristesse infinis causent la perte des trois frères de lait, parallèle indirect avec les trois effets de la musique physiologiques de la musique. »...

............…..................

 

Commentaires Bran du octobre 2017

 

Cette navigation semble concentrer les trois fonctions des trois druides mythiques des Tuatha Dé Danann que l'on pourrait résumer de la façon suivant :

« Savoir Rechercher la Connaissance »

Le savoir c'est le druide Fiss qui a aussi le sens de vision et de voyance...

La recherche c'est le druide Fochmarc...

La Connaissance c'est le druide Eolas...

 

Si aux trois druides des Tuatha Dé Danan, on ajoute les quatre autres druides primordiaux occupants des quatre îles mythiques du Nord du Monde (lesquels druides correspondent aussi à des valeurs, facultés, compétences, capacités et attributions) on arrive à une synthèse de l'art druidique que l'on peut formuler ainsi /

 

Le Grand Savoir (qui est en fait la Connaissance quand le savoir devient opératif et efficient) relève d'un art subtile qui implique l'acquisition progressive puis manifeste de la maîtrise et de la sagesse ; de la « Science Poétique » ; soit un art de la médiation (soit de l'équilibre et de l'harmonie) qui exige l'emploi opportun de moyens adaptés...L'adéquation exacte entre pensée et parole...

 

Un art des commencements donc des « initiés » (bardes, ovates et druides)... Un art en relation étroite avec l'eau et le feu, soit avec la Parole des Origines et de toute évolution... Une parole qui sonne juste, accordée et concordante ; une Parole de Vérité...

 

 

Les chevaux sont des accompagnateurs solaires. Il appartient à l'homme de savoir et de vouloir « enfourcher » la bonne monture ; monture entendu, comprise, symboliquement, comme une valeur, une force, une énergie, au service de la clarté ou de l'obscurité... Reste donc à l'homme d'exercer son entendement et d'acter, de ce fait, son libre choix...

 

Les chevaux de la mer accompagnent le cheminant ou navigateur audacieux et courageux jusqu'au Gwenved (le Monde Blanc)...

 

Les moutons blanc et noirs qui inversent leur couleur selon le côté de la palissade où ils se trouvent expriment l'ambivalence des forces, le fait que chaque chose possède son contraire et qu'il y a lieu de les concilier plutôt que de les opposer stérilement.... Le discernement, les bons choix se font à partir de cette « Connaissance ». C'est une pensée symbiotique qui est ainsi à l'oeuvre laquelle met en conciliation des éléments duels ou binaires...

 

Le moulin qui moud les plaintes et murmures est celui où l'on tire des enseignements positifs des épreuves rencontrées. Tout cela se dilue dans la farine de l'air, ne demeure lors que l'apprentissage de l'expérience et les fruits nourriciers qui en résultent avec leurs graines de sagesse...

 

L'incapacité, l'involonté et ou l'ignorance ne permettent pas de faire un choix judicieux et salutaire car le bon discernement ne peut s'opérer ni le bon choix qui en résulte... Ne pas discerner ce qui sonne « juste », amène l'homme à s'enténébrer... Il n'a plus qu'a pleurer sur son sort !....

 

Il y a une confrontation régulière avec des géants (hommes ou animaux) ; c'est à dire d'éléments qui dépassent l'homme au sens physique, mais aussi en tant que dimension surnaturelle... Ces « géants » sont des éléments de taille et de grandeur que l'homme doit « surpasser » par sa force autant physique que morale ; pour cela il doit dominer ses peurs et faire appel à son audace, sa vaillance, son courage, son désir et sa volonté de vaincre cette adversité hors norme... C'est l'unité de temps nécessaire à un accomplissement...(Ni plus, ni moins, ni en deçà, ni au-delà.)...

 

Il est souvent question de nourriture dispensée de façon merveilleuse, « magique » le plus souvent, mais cette quête permanente de « nourriture » relève plus du domaine spirituel qu'alimentaire...

 

Trois jours et trois nuits est un comput de temps qui revient fréquemment et qui correspond à la totalité d'un cycle de repos ou de réalisation soit dans le sommeil soit dans l'action... Le récit comporte une architecture numérique ordonné à partir du nombre trois et de ses multiples dont le neuf fréquemment associé... Le monde Celte et sa pensée « fonctionnent » selon une base trinitaire...

 

Le « bateau » sur lequel les hommes se retrouvent mystérieusement après certaines aventures est le support de leur existence même, leur enveloppe corporelle en quelque sorte, c'est le retour à l'état ordinaire, quotidien, basique, entre deux découvertes...

 

Les oiseaux sont éminemment présents ; comme les musiques merveilleuses. Cela participe des «représentations  imagées » spécifiques de l'Autre-Monde...

La quête aventureuse et téméraire est bien une «approche », un aperçu et une vision de Celui-ci...

L'âme à une image éthérique d'où son analogie avec l'oiseau...

A noter que la couleur rouge est aussi une caractéristique des animaux ou fruits de l'Autre-Monde...

 

La Parole "vraie" est une Parole de "Feu" et d'Eau ; elle peut consumer les lèvres du mensonge et du parjure ou noyer celui qui les profère !...

 

Les forgerons qui attaquent les voyageurs sont des initiés détenteurs de la Connaissance. Ils ne laissent pas approcher ceux qui ne le sont pas. La Connaissance n'est donnée, offerte, qu'à ceux qui l'ont mérité...

 

Il est souvent question de noix (ou de noisettes...) Ce sont là les « fruits de la Connaissance »... Encore une fois ne peut s'en nourrir que celui qui présente les aptitudes nécessaires... La nourriture se refuse à qui n'est pas prêt à la recevoir...

 

La fait de prendre des saumons sous un arc en ciel liquide est aussi un lien avec la « l'acquisition de la Connaissance ».... Laquelle ne se donne à voir, à percevoir plus précisément, que furtivement (dans une vision parcellaire et fragmentaire soit à partir d'un aperçu rapidement « entrevu » et non dans la permanence de sa totalité.)...

 

La quête de la Connaissance est réservée à ceux et celles qui sont déterminés et prêt à « conquérir », et parfois au risque même de leur existence, Celle-ci sur le vaste champ de l'ignorance, de la crainte et de la peur... Car acquérir la dite Connaissance n'est pas sans danger quand il n'y pas pas eu « initiation » au sens et à l'esprit de cette quête.

Ce sera le triste sort des frères de lait de Mael Duin dont la nature, le caractère, le désir, les « motivations », l'éthique, ne sont pas « en phase » avec les dispositions que requière la dite quête !...

 

............................................................

 

PH Jouet :

Navigation : La Navigatio Brendani (St Brandan)

 

L'Irlande connaît le genre de navigations ou Immrama de fonds chrétien ou païen...

Les Immrama ont pour héros des moines solitaires ou des laïcs sans attache avec la société Mael Duin est le fils d'une nonne et d'un guerrier mort au combat.)...

 

Le texte le plus ancien en latin est la navigatio Brendani. Il présente le thème du Pays de la Promesse et le motif de l'île mouvante (Une baleine)...

 

Les navigations sont une forme symbolique de la quête de Dieu...

Les voyageurs trouvent des îles qui chacune leur offre une nouvelle merveille, mais ce voyage montre aussi une perpétuelle insatisfaction ; les navigateurs reprenant la mer sous la contrainte ou bien parce qu'ils s'ennuient.

Le voyage se termine dans un ermitage où un saint moine leur révèle le sens de leur périple...

 

Les vies des saints brittoniques contiennent aussi des épisodes de navigation...

La tradition galloise connaît des navigations sans retour...

(Les Trois disparitions dans le récit de Madoc)...

 

Un texte de Procope de Césarée évoquant le voyage des âmes vers la Britannie contient certainement des éléments rituels propres aux activités de confréries...

 

..................................



05/10/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 452 autres membres