Les dits du corbeau noir

LES MUTINS MUTANTS... BRAN DU 2016 15 10 OCT

Les mutins mutants....               Bran du 15 10 2016

 

Une maison pleine de lumière où l'on se rencontre que l'on n'a besoin, véritablement, que de fort peu de choses...


Y écouter les vents, les bruissements d'insectes, les mélodies de la pluie et des saisons...

 

Et cela presque peau contre peau, souffle contre souffle, respiration contre respiration ; de poitrine d'homme de femme à poitrine du monde et de l'univers...

Habiter la terre, s'en revêtir, s'envelopper de sa matrice d'argile, de paille et de lumière...

 

Avoir dôme de courbes qui s'épousent dans l'infini de leurs entrelacs amoureux...

 

Avoir sur sa branche d'être, le bourgeon, la fleur et le fruit, le nid et le chant, l'abeille et le bourdon, le gel et le flocon, la sève et la résine...

 

Lever son verre de kombucha, de képhir, de vin de noix, de liqueur de noisette et de châtaigne, de mûre ou de cynorhodon, de cidre et de pommeau, de menthe, de sureau, à la santé de ce qui se lève et se couche sur l'océan de notre vie, sur les territoires de notre être...

 

Etre de familiarité heureuse, de sympathie enjouée, de connivence tacite, d'entendement majeur, avec cela qui est, en ses formes, senteurs, couleurs, spécificités, l'expression d'une Création époustouflante, éblouissante et extraordinaire...

 

Connaître, faire connaître à nos lèvres et à plus légitimes soifs, que la nature toute entière est source, puits, fontaine, jaillissement de bienfaisance et de bienveillance, ruissellement de paix et de harpe, flûte de roseau et d'ébène, écoulement d'un temps

élu et choisi dans l'espace qui se fait compréhension pour sceller et concélébrer des alliances réciproques et des noces poétiques et sensuelles...

 

Etre cette pêche de vigne, en être le noyau et la peau et cette pulpe parfumée et juteuse...

 

Etre cet aster sauvage, fidèle à son lieu de naissance et qui refleurit chaque automne sa propre mémoire, sa propre nativité...

 

Etre de ces bogues de velours qui enveloppent de tendresse et de douceur le fruit porteur d'autres arbres et fruits à venir...

 

Etre de ces pluies bienvenues, être de ces rais solaires, de ses quartiers de lune, de ces ballets étoilées, de ces marées d'écume, de ces ruisseaux cascadant, de ces oiseaux migrateurs, de ces danses d'abeilles, être de toutes ces joies et espérances écloses en terre de promesse...

 

Etre de cette simplicité, de cette sobriété, qui contiennent en elle-même une thébaïde de sérénité et qui nous laisse enfin nus, offerts et accueillants, pour revêtir l'essentialité de notre présence en ce monde...

 

Ne plus être la question suspendue au barbelée de nos peurs et de notre ignorance, mais être déjà la réponse qui se profile à l'aurore d'un nouveau matin...

 

Etre cette « expérience » de vie, cet « apprentissage » de vie, ce « compagnonnage » de vie, qui font de nous ce à quoi nous aspirons le plus à être, à incarner, à animer, à ensemencer, à féconder, à offrir en ce monde...

 

Redevenir cet alchimiste intime et profond qui œuvre avec patience, sapience et confiance, en son propre creuset et athanor afin d'un extraire, phase après phase, opération méticuleuse après opération méticuleuse, un breuvage et une liqueur du vivre qui soit apte à générer et à redistribuer le sel et l'or précieux de la rencontre, de la découverte, de l'échange et du partage...

 

Se faire rebelle, résistant, mutin et mutant, utopiste et résiliant, face à tout ce qui s'oppose à l'être libre, conscient et responsable, qui OSE LA VIE et la concélèbre...



15/10/2016
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