Les dits du corbeau noir

LES DITS DU CORBEAU (SUITE) BRAN DU "PADRAIG" 2000/2017 22 06 JUIN

Les Dits du Corbeau (Suite)    2000/2017   Bran du

 

(Padraig est le non celtisé de St Patrick)

 

 

Padraig, toi dont le livre de neige et de cendre resta vierge du rouge de la Femme, aussi grand sois-tu et aussi grand soit le Dieu prisonnier du chèvrefeuille du mensonge, explique-moi pourquoi la crosse de ton évêque s'en vient à refleurir quand le païen du adjurer ses sources et ses bois sous le signe ensanglanté de la croix ?

 

 

Padraig, à ce Dieu même fallait-il donc mentir en jetant autant d'ombre sur le royaume lumineux de Tara ?...

 

 

Ecoute, Toi qui fit tienne la saie du druide, usurpant au ciel la lune et le soleil, détournant la flamme et le flot de ses blanches paroles, Ecoute le dit de l'aigle et du saumon, écoute les mots qui brûlent et qui bondissent... Ecoute comme la vérité remonte des frayères du Verbe et comme elle fond sur la chair et les os tronqués de l'Histoire, Ecoute sa colère qui tombe et foudroie comme la foudre sur le parjure...

 

 

Ecoute le chant du souvenir de ceux-là dont le javelot transperçait l'outre gonflée d'orgueil, de d'arrogance et de vanité...

 

 

Noire est l'aile du corbeau et noires sont les ailes de la mort...

Les Bienheureux s'en sont allés vers l'île de Blancheur...

 

 

Ils reviendront à Samain, sous l'aile du cygne, sous les rémiges de la Corneille des Combats. Ils feront halte de nouveau en nos cœurs.

Le noir et le blanc seront à jouer sur le damier encore et les bardes de jouter lors entre le crépuscule et l'aurore dans le grand corps embrasé de l'Assemblée...

 

 

Le monde ; il se tient comme l'arbre et la pierre... Seul est l'homme à ne pas savoir se tenir droit sous la coupole des étoiles...

 

 

Silence sur l'herbe ployée de l'Assemblée, silence sur le tertre des hauts vents, silence sur la grande prairie...

Silence pour les Trois Cris jailli, jadis, de la poitrine du monde...

Silence de la harpe et silence des lèvres... ce jour n'est que poussière...

 

 

Mais, un jour, la Grande Celtie renaîtra du meurtre de ses oiseaux...

 

 

Le merle a chanté dans le bois vert...

La saison chante de même sur le tronc moussu...

L'an neuf a passé le gué, les tertres sont ouverts...

Les compagnons, ceux-là veillent sur le rivage, les yeux plongeant dans la ligne d'horizon, scrutant la voile d'invasion...

 

 

Bran reviendra au banquet des rires, des braises et des vagues...

 

 

La fête reviendra parmi le peuple du Grand Cornu...

 

 

Morts sont les fiers guerriers d'Hibernie...
mortes aussi les trois princesses...

C'est ce que disent les annales d'hier...

Mais le cerf et le hibou ; ceux-là savent que le pourpre de ta chasuble est teinté de leur sang !...

 

 

Morts ceux-ci et mortes celles-la qui volèrent depuis vers le Nord des Grandes Terres aux îles éclatantes...

 

 

Le cerf et le faon n'iront plus à la fontaine...
La terre a bu le sang de la mémoire vivante...

Ne sont plus les compagnons à l'épée nue

ni le blanc sein des douces compagnes...

 

 

Rudes sont les dragons intérieurs qui ravagent les terres d'ignorance...

 

 

Un corbeau tourne autour des pierres rouges...
Le lierre hante la vieille branche de chêne...

Le chant de la grive tachetée fend le gel du long hiver...

 

 

Rien ne saurait arrêter la pierre qui bouge au minuit de l'Etoile !

 

 



22/06/2017
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