Les dits du corbeau noir

LA NAVIGATION DE BRAN FILS DE FEBAL ETUDE BRAN DU 2016 07 10 OCT

Les merveilleux Voyages Celtiques vers le Soleil...

 

La Navigation de Bran et de Mael Dhuin...

 

(Source : Philippe Jouet Dictionnaire de la religion et de la mythologie Celtique...)

 

Navigations ou Immrama...

Les navigations sont une forme symbolique de la quête de Dieu.

Voir, à ce sujet, la Navigation de Brendan. (Version christianisée.)

Le voyage de Brandan se termine dans un ermitage où un saint moine leur révèle le sens de leur aventure...

 

Le voyage des âmes vers la Britonnie contient certainement des éléments rituels propres aux activités des confréries...

 

IL est fait état dans des textes gallois de navigation sans retour et de 3 disparitions complètes d'expéditions...

 

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Bran Mac Febail (Bran fils de Febal)

 

Héros irlandais de l'Immram Brain (récit païen)

Immram : navigation et incursion vers l'Autre Monde...

Récit de navigation (avec des influence chrétiennes)

Accomplissement héroïque des récits de fonds traditionnels...

 

Le thème du voyage maritime de la traversée de l'eau vers les îles merveilleuses prolonge des conceptions indo-européennes...

 

Le voyage de Bran et son aventure est composé vers le VIIè siècle et mis par écrit vers le XIè siècle :

Le Récit :

 

Bran, fils de Febal est endormi par une musique merveilleuse.
Il trouve à son réveil une branche fleurie (gage d'immortalité)

Une femme lui chante les beautés d'Emain Ablach (La Plaine de la Pommeraie) puis s'en va en remportant la branche...

 

Le lendemain Bran s'embarque avec 3 compagnies de neuf hommes (27) chacune conduite par un de ses fils adoptifs... Il part à la recherche de la terre des fées (le mode de Faérie)...

 

C'est Manannàn Mac Lyr le roi de la Terre de promesse qui chante les beautés d'Emain... « Sous la mer se trouvent des forets et des troupeaux... »

(L'A M est séparé des mortels par un obstacle maritime qu'il faut traverser. )

 

Les hommes d'Irlande abordent dans l'île de la joie. Un des compagnons s'y aventure. Et saisit par le rire ne reconnaît plus les siens. Ils sont obligés de l'abandonner...

 

Dans l'île des femmes les voyageurs sont accueillis par la reine. Elle lance à Bran une pelote de fil qui s'attache à sa paume et sert à haler le navire...

Ils sont hébergés dans une grande maison, consomment la nourriture inépuisable et se voient attribuer chacun une compagne...

Cela dure jusqu'à ce que la nostalgie de la terre d'Irlande s'empare des hommes.
La reine les met en garde aucun d'eux ne doit mettre le pied à terre...

Bran, et les siens regagnent l'Irlande où personne ne les reconnaît. Un des compagnons enfreint l'avertissement ? Il tombe aussitôt en cendre...

En effet, plusieurs siècles se sont écoulés depuis leur départ... il ne leur reste plus qu'à disparaître sans plus s'attarder...

(le temps des hommes n'est pas le temps des dieux)...

 

Important : "Il y a au sein de ses récits un parcours « après la mort » et ou des étapes d'évolution de niveaux de conscience."....

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Notes et Commentaires      Bran du Octobre 2016

 

La navigation « merveilleuse » sur « la mer veilleuse » s'apparente à une cheminement initiatique comparable à notre périple terrestre et à nos pérégrinations existentielles...

 

Cet « acheminement vers le Gwenved » (le Monde Blanc de la Pleine Lumière) s'effectue sur la sente d'Abred avec les « nécessités » qu'elle comporte en terme d'avancées, de progressions , d'évolutions à travers les épreuves (récifs, écueils) rencontrées...

 

C'est un chemin de quête, d'endurance, de persévérance qui nous confronte avec nous-mêmes afin de faire naître d'un individu « indifférencié » quasi « normatif », un être singulier, spécifique, empreint de liberté, de responsabilité, de juste mesure, d'équilibre, de cohérence, de lucidité et de conscience...

 

Cette « marche » en avant est soutenue, accompagnée, confortée, épaulée, induite, instruite, inspirée, motivée et stimulée par les « Energies, Forces et Lumières » émanée de notre Tradition...

Cette Tradition ; c'est l'Etoile qui guide nos traversées périlleuses au sein des obscurités tant internes qu'externes ; (obscurités profondes et opaques le plus souvent), qui sont les nôtres et qui nous environnent...

 

Elle nous préserve de l'égarement, du détournement, de l'errance sans but ni objectif, de toute « perdition » préjudiciable en nous laissant le choix aussi d'en faire « l'expérience » afin d'en retirer connaissance et enseignement...

 

Parce que l'existence est une route allant de la naissance à une fin corporelle inéluctable, nous sommes, tous et toutes, des « cheminants » appelés dans la solitude native et la solitude qui sera celle du grand départ à faire rencontre, avec nous-mêmes, avec les autres lesquels nous aideront, chacun à sa façon, à mieux connaître celui ou celle que nous sommes « en vérité », mais aussi avec tous les règnes qui composent notre planète et tout ce qui l'anime de visible et d'invisible......

 

La Vie est une entreprise de « Connaissance de Soi » et, se Connaître, (Naître « avec ») est l'invitation première faite par toute sagesse véritable...

 

La Connaissance passe donc par le Soi qui est notre agent de liaison et de relation par excellence ; il est notre ambassadeur auprès de tout être et de toute chose...

Notre individu, notre, « personna », a et prend forme, figure et visage à travers ces ambassades qui permette au moi d'avoir le sentiment d'exister, d'être réellement au monde », connu et « reconnu » en ce monde par tout ce qui le compose et le fait évoluer et progresser...

 

En terme de navigation le Moi est l'armateur et le Soi celui chargé de l'expédition aventureuse en quête de « richesses » lesquelles bien entendu peuvent être de diverses natures (matérielles, égotique, altruistes, philosophiques, culturelles, spirituelles...)

Bran et ses 27 compagnons (le « hasard » fait que 27 est le cercle d'Abred au sein de la Croix Druidique ; cercle dit de la Nécessité existentielle et du cheminement humain !) s'embarque à la suite d'une « visitation féérique »...

 

Il part avec trois de ses « fils adoptifs » ; c'est dire (c'est là une hypothèse intéressante) qu'il adopte pour se guider et franchir les obstacles à venir les vertus trinitaires qui fondent la pensée celto-druidique (la fameuse Base 3) (Par exemple : Analyse de la situation, discernement au sein de ce qui est à résoudre et décision adéquate.)... (Cette Base trois peut-être alors considérée comme étant à la fois une carte, un compas et une boussole...)

 

Le héros de cette épopée celtique appelée « Immrama » est le personnage central de cette illustre navigation qui est digne des grands récits Grecs (Odyssée, Illiade...), mais, hélas bien moins connue de nos contemporains qui gagneraient beaucoup à la connaître !...

 

On peut envisager, dans le cadre d'une hypothèse de réflexion et « d'interprétation », que les 27 compagnons de navigation sont autant d'éléments constitutifs des « valeurs » ou « faiblesses »,ou forces inhérente à Bran lui-même...

 

C'est en effet Bran et lui seul qui reçoit en songe la visitation de la « Fée de l'Autre-Monde »... La Messagère porteuse de la Branche fleurie et aux Pommes merveilleuses, l'Ambassadrice du Sid qui fait toujours libre choix de la personne qu'elle a élu pour l'inviter à la suivre ou à la rejoindre en la « Plaine des Plaisirs et de l'Eternelle jeunesse », en la « Pommeraie enchantée », ne s'adresse qu'à Bran et à personne d'autre...

C'est lui qui décide d'entreprendre la voyage, car ce voyage est avant tout le sien et le concerne directement....

 

Ce qui est « autour » concoure à ce voyage, mais participe à l'alchimie « initiatique » du périple que doit effectuer Bran pour se « réaliser » pleinement et atteindre un état d'être, des plans et niveaux de conscience qui transcenderont sa nature humaine pour la spiritualiser entièrement......

 

Qu'est-ce qui motive une telle aventure proposée à Bran, souhaitée et approuvée par lui, si ce n'est une quête dite d'immortalité ; une immortalité symbolisée dans le récit par une branche fleurie de pommier apportée par une Messagère de l'Autre-Monde et « enveloppée » d'une musique également de l'Autre-Monde ?...

 

La Musique ici émise est le symbole de la Vibration la plus harmonieuse qui soit et symbolise la perfection d'un équilibre atteint ; l'accord enfin réalisé en soi et avec toutes les autres Vibrations de l'Univers...

 

La Branche de Pommier est le symbole de la Connaissance et de sa maîtrise... L'inconnu devient enfin connu et l'âme se revêt lors de son « Manteau de Blanche Lumière » !

 

La Fée est l'ambassadrice d'un féminin divin et sacré qui initie aux plus profonds des mystères : celui de la Vie, de l'Evolution, de la Mort et de la Renaissance puis de l'Immortalité éthérique, cosmique...

 

Quel Celte refuserait un tel « voyage » ; un tel projet d'épanouissement et d'accomplissement éternel ?...

 

Les aventuriers bénéficient à leur départ d'un patronage exceptionnel ; celui de Manannàn Mac Lyr !

C'est Lui qui chante la Chanson Eternelle ; l'éternelle mélodie du ciel et de la terre, de la vague et des flots...

 

Ils seront tristes, joyeux, ensommeillés au cours de leur difficile et audacieux périple, mais la chanson divine bordera leur rêve de sa douceur, de ses énergies et de ses bienfaits...

 

Une quête initiatique « réussie » semble bien devoir faire l'économie de tout « attachement » ; sauf celui que l'on a envers son projet de « navigation » et tout ce qu'il implique...

 

Elle suppose aussi de ne pas être gagner par la « nostalgie » considérée comme une « maladie » dans le monde celtique ; « une maladie de langueur »...

 

L'avancée, la poursuite de l'aventure, n'est possible que pour autant que l'on ne s'encombre pas de « regrets » ; que l'on ne regarde pas en arrière, que l'on ne laisse pas la « plainte » s’immiscer dans les rouages de l'élan !...

 

Pas de progression réelle dans la stagnation qui finit par produire un état de régression...

S'attacher prend alors tout son sens en terme de fixation, de mise à demeure... La logique évidente et immédiate veut alors que cesse l'aventure en tant que telle !...

 

Ce sont là des « mises en garde » des « dangers » que coure l'aventurier (et le cheminant ou navigateur)...

 

Nous aventurer certes, selon nos justes, nos légitimes, nos clairs aspirations, nos ardents désirs et nos fermes et obstinées volontés, mais, pour cela, nous devrons d'abord réfléchir à la portée profonde de ces « avertissements » !

 

A savoir : ai-je des regrets et lesquels (ceux qui font que je n'ai pas « osé ma Vie » par exemple et qui s'estompent du fait même que je donne à ma vie d'oser « sans aucun regret » !)

 

A savoir : Quels sont la nature réelle de mes « attachements » et en quoi ceux-ci sont compatibles ou non avec mon aventure humaine ?

 

Bonne réflexion !

 

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07/10/2016
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