Les dits du corbeau noir

ETUDE ET REFLEXIONS "FAIRE TOUTE LA LUMIERE" ou LA BATAILLE DE MAG TURED 2017 BRAN DU 08 08 AOUT

Les deux batailles de Mag Tured Extraits et commentaires

Bran du 08 08 2017

 

Tout se joue entre l'ombre et la lumière...

 

 

« Lumière et ténèbres tiennent une place importante dans les conceptions du monde indo-européen. » Jean Haudry

 

 

Ce qu'en dit Philippe Jouet (Aux sources de la Mythologie Celtique) Yoran Enbanner éditeur :

 

« La seconde bataille de Mag Tured est une eschatologie soit la fin d'un âge sombre et une cosmogonie qui place l'instauration d'un nouvel ordre politique et fonctionnel sous le patronage du Dagda, dieu du ciel-diurne et des contrats et de Lug dieu du crépuscule du matin. »...

 

Commentaires, études … Bran du :

 

FAIRE LA LUMIERE EN SOI....

 

« La vie est associé dans le monde celtique à la lumière et ce symboliquement et conceptuellement...» Ph Jouet

 

Ces récits celtiques illustrent à la fois une eschatologie (science des choses ultimes , des « fins » dernières) et un nouveau cycle de « rénovation », de revitalisation, de redynamisation des énergies épuisées par l'humanité (et par la privation de lumière sur le monde plongé dans l'obscurité soit dans l'emprise des Fomoires et de leur chef Balor à l'oeil unique et destructeur ; oeil que viendra crever la balle de fronde de Lug pour assurer la victoire de la lumière sur les ténèbres lors de la seconde bataille... Au terminal de la première bataille, la nouvelle souveraineté sera celle de Bress qui asservira les Tuata Dé Danann en les rendant esclaves de ses ténébreux caprices... (Le temps que le médecin des T D D redonne à Nuada le bras dont il est privé, ce qui ne lui permet plus d'assurer sa régence)...

 

Ce mythe (qui apparaît aussi comme une allégorie) nous interpelle de façon majeure par son actualité même (mythe qui transcende toute l'Histoire et sa chronologie) ; mythe replacé dans le contexte de notre monde moderne asservi par l'obscurité et ce, sous la coupe funèbre et mortifère des nouveaux Fomoires et de leur arrogance pour la lumière artificielle avec leurs ténébreux projets sur l'avenir même de l'humanité ; projets orgueilleux, mensongers et « cruels » qu'ils propagent en eux et autour d'eux...

 

Ce n'est pas pour rien que la Bodb (La corneille des combats) prophétise à la fin du premier engagement un « monde qui ne lui plaira pas » et qui correspond, de façon la plus troublante et interpellatrice, à bien des aspects inquiétants et dangereux de notre monde contemporain...

 

Se reformule ici l'antique et éternel combat de l'ombre contre la lumière dont elle dépend pourtant...

(Mais sans l'ombre que serait aussi la lumière et les discernements qu'elle permet?)...

 

Nous apprendrons, au cours de ce récit et avant sa seconde partie, que le monde qui ne sait plus dignement accueillir le barde et sa parole sacrée et vivante d'eau et de feu appelée « Poésie », se condamne lui-même à l'aridité et à la stérilité, à l'asséchement du corps et de l'esprit et ce, tant au plan individuel que collectif !...

 

Pour rappel important :

 

Les Celtes sont en fait bien plus préoccupés par le « vivant » que par la mort et leur souci constant est la crainte d'une inversion ou de la disparition des « valeurs » lumineuses et solaires constitutives de l'équilibre et de l'harmonie de leur monde d'ici bas...

 

« La lâcheté, le sommeil et les ténèbres sont l'antithèse de la valeur guerrière, de l'éveil et de la lumière. »

 

Ce sera le propre du « héros » que de traverser audacieusement et victorieusement les affres des Ténèbres hivernales, de nager sans répit au sein des « eaux noires » afin de rapporter en ce monde terrestre les fruits et les fleurs d'un été et d'une « Belle Saison » (preuve que la Lumière existe au-delà des ténèbres), fruits et fleurs promis à ceux (ou celles) qui osent lancer le coracle de leur désir et de leur volonté conjointe au-delà, par-delà, la neuvième vague , soit au-delà des peurs, craintes, angoisses, défiances, qui s'opposent systématiquement à toute initiative et entreprise qui osent et veulent atteindre « la Lumière véritable de la Vie » et inviter Celle-ci à leur « ronde table » !...

 

La lumière est synonyme de vigueur, de croissance, d'éveil, d'ardeur, de vitalité, d'animation, de mouvement, de changement, de courage, d'audace.

 

La « victoire » consiste à acquérir toutes ces facultés et à les incarner après avoir mené les âpres combats et luttes contre le monde extérieur et intérieur (individuel et communautaire) envahis tous deux par les ténèbres...

 

On comprendra ainsi aisément les transpositions entre le mythe « éternel », ses interprétations interpellatrices et le comparatif de faits, d'état et de situation parfaitement applicable à notre siècle et à notre époque d'obscurantisme forcené !...

 

Faire la « Lumière » en soi et en rayonner la force et l'énergie de son mieux est le « contrat » que la Tradition passe avec ceux et celles qui entendent la servir de leur mieux...

 

Et pour cela la dite Tradition nous offre les « éclairages » appropriés...

 

La lumière demeure dans le monde indo-européen, dans les mythes associés à cette conception, dans les récits celtiques qui l'illustrent, la quête majeure « d'essentialité » de toute existence (plan individuel et communautaire y compris.)...

 

La Lumière est bien l'Essence même de tout l'existant passé, présent et en germe de devenir...

 

Notre léthargie, nos désirs ensommeillés dans la torpeur, nos rêves avortés, nos songes pervertis, nos renoncements à être « vrais » dans le cœur battant et émouvant du monde, le lâche abandon de nos justes désirs et de nos légitimes aspirations, notre si fréquent et inexcusable recul devant les flots de la peur et de l'ignorance, participent grandement du déclin général et d'une forme de décadence dont les événements modernes font manifestement et tragiquement écho...

 

Sans la « Claire Fontaine » et sans la souche, la racine, la sève et l'humus de notre Arbre de Vie que peut-on prétendre de « croissance libre, responsable, consciente, cohérente, équilibrée et harmonieuse  de Celle-ci ? »...

 

Le « silence » (associé au monde nocturne) a son utilité, car il « donnera parole d'eau, de feu et de lumière » laquelle aura « macéré » et « maturé» en son propre et spécifique chaudron le temps nécessaire pour manifester et exprimer sa pertinence, sa beauté et sa vérité...

Ainsi le Verbe enfin délivré de sa gangue fera s'ouvrir la « bouche d'ombre » afin qu'elle accouche de la Lumière retenue en ses entrailles...

Ainsi le miel solaire s'en viendra sur nos lèvres d'abeilles enivrées de joies, de paix et de liesses...

 

Dans ce combat permanent hommes et dieux sont associés dans une coopération parfois polémique, mais déterminante pour tous ; coopération qui consiste à conjurer les puissances hostiles en se les conciliant... Car ces puissances envahissent et tentent de conquérir aussi bien le monde divin que le monde humain...

On ne saurait par ailleurs « anéantir » ces forces nocturnes d'où la nécessité de se les concilier en une juste répartition des domaines, des territoires et des espaces concédés...

 

La juste répartition et attribution qui clôturera « sagement » les deux combats illustrent cette nécessité et cet « entendement » satisfaisant les deux parties jadis antagonistes, mais réconciliées...

 

Ce monde ténébreux et dangereux, son aspect néfaste et destructeur, hostile et agressif, sont en chacun, en chacune, de nous... Et nous y sommes sans cesse confrontés (avec l'épuisement que cela entraîne)...

Là est le véritable combat existentiel à travers lequel notre humanité peut enfin revendiquer la dignité de son nom...

 

Nous sommes à chaque Samain invités à « rénover » notre propre royaume, à en renouveler et à en régénérer la souveraineté, la gestion et le bon agencement, mais aussi la prodigalité et la bonté qui l'induit et l'inspire...

Et cela impliquera de faire le plus de Lumière possible en nous afin d'y ensemencer la graine solaire de notre devenir...

 

Nous avons charge de réensemencer une Terre devenue « gaste » et il nous appartient de mettre en œuvre, d'entreprendre, pour cela, nos propres labours en ce cœur qui est le nôtre afin d'y emblaver les prometteuses semences du futur...

 

Lors, la Belle Saison redonnera fertilisation, croissance, récoltes et moissons à cette Vie délivrée des emprises obscures et ténébreuses...

 

Cette nouvelle "ère" espérée, attendue, souhaitée, est placée sous le double patronage, sous la double protection et bienveillance, du Dagda et de Lug soit sous le signe de la bonté qui se lève à l'aurore d'un nouveau jour pour le monde !...



08/08/2017
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