Les dits du corbeau noir

EN COMPAGNIE DE MICHEL ONFRAY 'COSMOS" 2017 BRAN DU 08 06 JUIN

Michel Onfray (Philosophe) Maximes Existentielles extraits de l'ouvrage

"COSMOS"

 

 

Présentation succincte : Ce penseur se dit athée et fustige les « religions », la métaphysique et les mythologies...

 

Il se dit aussi d'une certaine façon anarchiste (ni dieu, ni maître)...

Mais c'est aussi un « acteur social »efficace instaurateur de l'Université Populaire de Caen et un épicurien fondamental excluant les mythes.

Il prône un « matérialisme atomiste » dont le « sublime » est la voie d'accès...

 

C'est un pourfendeur de l'esprit jacobin « centralisateur, étatique, exacerbé, névrotique et parisien »...

(Il parle de la colonisation des provinces de France, de créer des parlements régionaux, de mettre en œuvre un communautarisme libertaire et il se veut le défenseur de la ruralité et du paganisme.

Il invite à « dépasser les horizons trop limités. »)

 

 

Si je ne partage pas toutes les pensées qu'il exprime, un bon nombre de celles-ci font écho et résonance au sein de mes entendements et mérite relais et transmissions car étant de nature à éveiller des questionnements et des réflexions pertinentes et salutaires....

 

L'auteur à lui-même résumer en grande partie les lignes de force et les axes majeurs de sa pensée ( une pensée moderne parmi les plus interpellatrices en effet et dont je partage l'éveil et la pertinence avec vous sur ce blog.)    Bran du               08 06 2017

 

 

Ce qui pourrait être une sorte de « manifeste » :

 

Coïncider le plus possible avec les mouvements du monde...

 

Habiter densément l'instant présent...

 

Etre pour ne pas avoir à avoir...

 

Vivre en étant et non survivre en ayant...

 

Se savoir pure matière...

 

Distinguer ce sur quoi on a du pouvoir et ce sur quoi on n'en a pas ; vouloir le vouloir qui nous veut quand on ne peut agir contre lui ; savoir que l'individu croit vouloir ce que veut l'espèce...

 

Obéir le plus possible à son programme par delà le bien et le mal...

 

Savoir que nous ne sommes pas dans la nature, mais la nature...

 

Identifier les prédateurs pour s'en prémunir...

 

Récuser toute pensée magique...

 

Découvrir le mécanisme de son horloge biologique...

 

Vivre selon les cycles païens du temps circulaire...

 

Connaître les lois du ciel païen...

 

Descendre le ciel sur la terre...

 

Utiliser la physique pour abolir la métaphysique...

 

Revenir au cosmos pour dépasser le nihilisme...

 

Ecarter les nombreux livres qui nous éloignent du monde ; méditer avec le peu de livres qui nous ramènent au monde...

 

Récuser tout savoir inutile d'un point de vue existentiel...

 

Refuser la religion pourvoyeuse d'arrière-mondes...

 

Utiliser la raison contre les superstitions...

 

Préparer sa mort par une vie adéquate...


Philosopher pour apprendre vraiment à mourir...

 

Permettre à chacun de se mettre au centre de lui-même tout en sachant que le cosmos s'y trouve déjà....

 

La sagesse est une éthique sans morale...

 

Expérimenter le sublime par la contemplation du cosmos...

 

Savoir que l'homme et l'animal diffèrent par degré pas en nature...

Refuser d'être un animal prédateur...

Se réconcilier avec les animaux...

 

S'exercer à mener une vie poétique.

Viser ensuite l'exercice de la philosophie, augmenter sa présence au monde...

 

Cesser, dans le monde, de vivre hors du monde...

 

Créer et construire un contre-temps...

 

Il faut tâcher d'être sage en supprimant les écrans qui s'interposent entre nous...

 

Nous vivons plus vite car la chute de notre civilisation nous emporte dans sa vitesse...

 

L'essentiel consiste en effet à mener à bien une vie philosophique...

 

(Ecarter ce qui ne débouche pas sur une pratique existentielle.)...

Connaître les lois du vivant, mettre la culture au service de la pulsion de vie. Lutter contre toute pulsion de mort...

 

Savoir que le vivant s'épanouit au-delà du bien et du mal...

 

Vouloir une vie naturelle en remède à la vie mutilée.


Travailler pour vivre et non vivre pour travailler.

 

La culture n'est pas une affaire d'accumulation de connaissance mais d'émotions.

 

Pratiquer un polythéisme amoureux de la vie...

 

Mettre en évidence et réaliser la nécessité d'une éducation sensorielle...

 

Il nous faut choisir dans notre vie et pour notre vie ce que nous voudrions voir se répéter sans cesse.

 

Aller par-delà « moi-même » et « toi-même », éprouver d'une manière cosmique...

 

Nous restons dans la nature avec une culture qui singe la nature.

....................................

 

 

Commentaires Bran du :

 

 

Voilà bien du bon sens lequel est aussi sagesse donc philosophie donc art de bien ou de mieux vivre...

 

Par ailleurs, le philosophe rattache sa pensée à un « matérialisme cosmique » hors religion et métaphysique et hors de l'influence jugée factice et illusoire des mythes considérés donc comme des fictions ; toute pensée « magique » ou d'arrière-monde étant également récusée...

... C'est là sa « conception » et des points à discuter car non exempts parfois de contradictions ou d'imprécisions plus exactement...

 

Le fait de se vouloir, de se savoir et d'être « pure matière » suppose-t-il qu'il n'y a pas de place pour l'esprit ?

 

Le fait de souhaiter vivre selon les cycles païens du temps circulaire et de connaître les lois du ciel païen implique-t-il de faire exclusion de ce qui donnait sens et essence aux croyances païennes ancestrales  et à la religion cosmique des premiers temps qui en était le support  avec des mythes d'accompagnements et une pensée non exempte de  magie ?

 

Si la religion n'est (et cela devrait être le cas) que l'outil pratique de la relation et que celle-ci n'a pas de lien avec le divin, la métaphysique, la pensée magique, une « conscience », une « transcendance » , une immanence ; elle se limite alors à la seule matière « cosmique » et « sublime » qu'entrevoit l'auteur...

 

(En incluant que la Nature en tant que telle est en quelque sorte une « divinité »  et que nous sommes de ce fait Celle-ci si nous sommes considérés comme étant également et nous-mêmes la dite Nature.)

 

Quelle est en cette matière pure que nous sommes cette « âme humaine matérielle »  ainsi évoquée par l'auteur et qui serait en rapport à priori avec la nature, le cosmique et le sublime ?

 

On retient de l'auteur que :

 

« La vraie religion est celle qui nous ramène aux éléments, la véritable prière, celle qui nous restitue notre liaison à la nature...

(pure nature dans sa vitalité sans cesse en mouvement)...

 

La véritable expérience mystique, celle qui , païenne, nous remet à notre place authentique, non pas le centre, mais le fragment, non pas l'axe du monde, mais la partie infime, non pas l'ego mais le cosmos...

 

La nature soit la divinité elle-même et non la création de Dieu, une divinité immanente, matérielle, concrète... 

 

Se conjoindre à l'universelle lutte païenne de la Lumière...»


Que la Nature est considérée comme étant la Divinité...

 

Que la Substance matérielle (concrète) qui en est l'Anima en quelque sorte pourrait être le « Sublime » lequel émane du cosmique, de l'Univers tout entier...

 

 

« Le sublime est la voie d'accès matérialiste atomiste. »...

 

« Les leçons données par le sublime activent en l'être une force oubliée négligée méprisée vilipendée, tronquée, par les monothéismes. »...

 

« Expérimenter le sublime par la contemplation du cosmos. »...

« Ce qu'enseigne le cosmos est un ordre du ciel qui est aussi une ordre existentiel. »...

 

« Chaque homme est une quantité négligeable dans l'univers, certes, mais chaque homme s'avère également une exception unique ; une configuration définitivement inédite, une singularité sans aucune duplication possible dans le temps et dans l'espace, une chance de vie et de force, de puissance et d'énergie...

Cette occurrence fragile et vraie, improbable mais réelle, qu'est toute existence mérite que nous soyons subjugués et que de ce sentiment d'étonnement radical naisse l'expérience du sublime. »...

 

Nour ne pouvons que souscrire à cette déclaration qui dénonce le pouvoir « religieux » :

 

« La religion qui toujours détourne le spirituel vers un temporel afin de permettre au Roi, aidé par son clergé, d'utiliser la peur de l'au-delà pour justifier ici-bas obéissance, soumission, docilité et servitude. »...

 

« La religion est une invention utile au pouvoir qui peuvent ainsi s'assurer la domination des peuples opprimés, écrasés, exploités et spoliés... (On parlera de la névrose religieuse chrétienne.)»...

 

 

Il y a dans ce qui précède bien des questions, invitations, propositions parfaitement recevables et qui méritent que l'on s'y attarde pour y réfléchir selon ses propres discernements et approches...

 

Je vous en souhaite une belle et nutritive exploration...



08/06/2017
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