Les dits du corbeau noir

DU RAPPORT HOMME/TERRE/NATURE REFLEXION BRAN DU 2016 01 07 JUILLET

 

Le rapport Humain - Terre – Nature...

Note Bran Du 01 07 2016

 

 

A partir de l'article de l'ami Bernard Boisson (Colloque commémorant la disparition de François Terrasson, il y a de cela 10 ans.)

 

Parlant de cet acteur et militant totalement impliqué dans les processus d 'émergence d'une conscience constatant, faits et arguments à l'appui, la séparation et les coupures dramatiques dans les relations instaurées entre l'Homme et la Nature, il dira de lui :

 

« Ce fût un catalyseur de maturation collective... Un tempérament de sanglier gaulois, une gouaille subtile, une verve provocante, une vitalité acerbe, une lucidité décapante, une puissance d'intégrité.... »

(Il est l'auteur de l'ouvrage « La Peur de la Nature » et insistera sur la puissance de l'inconscience au sein de ces peurs.)

Il analysera en profondeur « les causes de la destruction de la nature. » Il dénoncera lui-même les « faux-jeux dans les mouvements collectifs de conscience et les lignes de faille du mouvement écologique. »

 

Fervent et lucide militant de l'écopsycologie, Bernard Boisson, nous dit ceci :

 

« L'écopsychologie... C'est un champs interdisciplinaire de conscience qui se préoccupe de la coupure et de la rupture entre l'humain, la nature et la terre...

Cette discipline singulière et plurielle constate, et cela est encourageant, la montée progressive d'une conscience civique...

Elle constate aussi et avec sidération le dérapage conséquent du « politico-financier » qui pousse l'absurde et l'aveuglement jusqu'à leur dramatique caricature....

Elle dénonce le « comportement autiste du monde décisionnel » soumis à un diktat matériel et à des égoïsmes démesurés qui favorisent et alimentent le chaos social et les graves divergences d'entendements majeurs au détriment de la communauté de destin planétaire... (L'imposture et les dynamiques de collusion des décisionnaires politiques et les parasitages financiers qui perturbent volontairement tout entendement possible autour d'un bon sens commun à l’intérêt de tout le vivant et sous toutes les formes de celui-ci.) »

 

Notes : Bran du

 

Cette échopsychologie utilise le plus souvent un langage qui lui est propre pour manifester et exprimer, ses constats, ses analyses, ses opinions, ses idées et ses propositions et pratiques, mais celui-ci, spécialisé dans son vocabulaire et ses expressions très « cérébrales » le plus souvent, ne favorise pas, loin de là, la compréhension à des niveaux de conception et de représentation non adaptés à une population globale non formée à ces termes, facultés, méthodes et outils d'entendement...

 

Les propos et les actes d'acteurs du vivant comme Pierre Rhabi, Edgar Morin, Hubert Reeves ou Jean Marie Pelt récemment décédé, voir Nicolas Hulot, pour ne citer que ceux-ci, ont une portée (médiatique de surplus) plus profonde et plus irradiante dans le processus de conscientisation (d'entendement des enjeux majeurs de notre communauté humaine en péril) que les discours des tenants d'une écopsychologie, d'une psychologie humaniste, alimentée par les sources pensantes de Freud, de Jung ou de la science cognitive pour ne citer que cela. (Tout en sachant que des intellos-naturalistes et des psychorigides sévissent aussi au sein de ces structures investies dans l'écologie et l’environnemental !)...

 

L'écologie n'a de devenir que dans la juste mesure où elle fait « écho en le logis de chacun » ; c'est-à-dire là où loge une conscience active, habite un être éveillé, intelligent et sensible, demeure un rêve de paix, d'équilibre et d'harmonie....

(Ecologie du Grec « oikos » soit maison, habitat et « logie » (économie ou art de bien gérer une maison ou des biens.) (Etude des milieux où vivent et se reproduisent des êtres vivants ainsi que des rapports de ces êtres avec le milieu.)

 

On pourrait concevoir aussi « simplement » que le terme « écologie » comporte une racine « log » se rapportant à « Logos » (le Verbe) et que ce dernier active et anime, insuffle et inspire une pensée en action de vie qui soit en intelligence et en symbiose avec soi-même, avec les autres et avec tout l'univers visible et invisible !

 

L'écologie pourrait être « l'art conscient et aimant de bien gérer, de gérer au mieux, ce qui demeure en nous d'essentiel, d'élémentaire, de fondamental et de primordial dans les rapports et relations instaurés et entretenus avec soi, l'autre, les autres et tout ce qui constitue et anime le « vivant »...

 

Si nous sommes « sujets » en ce monde, il existe lors un Verbe pour le conjuguer. Un Verbe que nous souhaitons et espérons être celui qui concentre toute Force, Energie, Vibration et Lumière, qui inspire la confiance, l'alliance et l'espérance et qui nous fait évoluer à notre rythme au sein des états, plans et niveaux de conscience favorables et propices à tous les entendements humains recherchant en tout et partout la paix, l'équilibre et l'harmonie... Ce « Verbe » ; c'est celui qui signifie AIMER !...

 

 

Bernard nous fait remarquer la tendance française à « théoriser, intellectualiser, analyser, voire « opinionner » avant que de vivre. »

soit, « Notre difficulté à rentrer dans « l'expérentiel » avant de formuler une pensée 

 

Il sait et de façon pertinente « qu'une masse critique est nécessaire dans les voix de mutation pour que s'opère des changements de conscience dans la société. »

Qu'il y a urgence « à libérer toute l'énergie stockée dans les silences de prostration. » Que « la pertinence des idées et la profondeur des consciences ne suffisent pas. »

A la réflexion pertinente, argumentée, efficiente se doit de s'ajouter d'autres facultés et capacités, d'autres outils, d'autres pratiques et méthodes... (Sagesses traditionnelles, immersion sensible en nature, poésie, chamanisme, anthropologie...)

A la « raison sèche », à la froideur et à la rigidité analytique qui s'éloignent, s 'écartent d'une « prise de terre » indispensable, salvatrice pour tout dire, sensible autant qu'intelligente de surcroît, se doit de succéder une pensée « élémentaire » qui associe la tourbe, l'argile, l'humus à la course des nuages !

Une pense autant racinienne que céleste qui nous replace là où nous sommes appelés véritablement à « Etre » en contribuant à l'instauration et à l'entretien ou à la restauration des harmonies et équilibres « naturels » fortement compromis de notre fait...

 

Nous ne sommes pas le « Centre du monde » et rien de fondamental et d'essentiel à l’éthique humaine et à ses valeurs ne gravite autour de notre atome anthropomorphique si ce n'est, hélas, nos pulsions possessives, dominatrices et destructrices le plus souvent...

 

Ce n'est pas parce que depuis deux millénaires au moins une idéologie religieuse des plus dogmatiques à formaté les esprits et les cœurs en leur inculquant, de force le plus souvent, que la Nature n'a été créée que pour assouvir tous les besoins des hommes, qu'elle a vocation à être « domestiquée » par lui pour son seul usage et selon sa seule volonté, que nous devons continuer à valider et à cautionner un tel mépris pour les autres règnes que le nôtre en demeurant coupés d'un environnement dont nous dépendons grandement pour notre propre survie et celui de toute la planète !...

 

Rien ne bougera fondamentalement tant que l'option sociétale de l'avoir, de la possession et du paraître aura plus d'importance que celle de l'Etre dans ses rapports conscients et aimants avec lui-même et tout l'univers !...

 

L'intoxication, autre qu'alimentaire et nutritionnelle, est davantage celle qui pollue le cœur et l'esprit humain.... Mais elle sévit aussi bien au sein même de notre alimentation que de nos façons de penser et de concevoir ; d'agir et de se comporter, avec la Vie dans toutes ses présences et manifestations...

 

Certes, il y a bien lieu d'opérer une « désintoxication face à nos addictions consuméristes », mais il y a bien d'autres « empoisonnements » qui attentent l'antidote restaurant en nous une saine, claire et lucide conscience de ce que nous sommes en vérité dans ce chaos et ce désordre que nous sommes réellement... (Avec tout le préjudiciable induit par cette attitude irresponsable et égocentrique.)

 

L'écopsychologie ne fait qu'actualiser en fait une somme de sagesse ancestrale enseignée par toutes les Traditions natives en provenance de tous les continents de la conscience humaine....

 

Ce sont ces « Traditions » ancestrales qui ont maintenu et entretenu les liens Etre/Terre/Nature en concevant dès leur origine que l'Être humain était le fragment d'un Tout se manifestant et évoluant par ses « parties »...

 

La Création, l'Univers, visible et invisible, tous les Règnes, tous les Eléments , l'Humanité même, sont parties constituantes et animées de ce Tout et cela forme un ensemble « cohérent » mouvant et émouvant !

 

La Vie repose, évolue, se développe, de perfectionne, s'ingénie, sur des principes, désirs, volontés, consciences, conceptions... qui se veulent éminemment « symbiotiques » (sens de l'associatif, du partenariat, du coopératif, de l'entraide, de la solidarité...).

Elle n'est pas né du conflit et de l'affrontement antagoniste perpétuel.

Si cela avait été le cas , je ne serais pas ici en train de réfléchir à cela !

 

De cette « vérité » tout découle et ruisselle pour autant que l'homme imbu de lui-même, n'opère pas de détournements vers les marécages de son orgueil et n'empierre pas les sources et fontaines de sa « véritable présence au(x) monde(s) ! »...

 

Seul l'Esprit nous est recours et secours quand La Matière (ici corporelle et charnelle) entend imposer au vivant son diktat, ses éblouissements et ses aveuglements pernicieux et suicidaires...

 

La grande crise du rapport de l'Humain avec la Terre relève de ce diktat, de cette main mise sur le vivant et de cet « enserrement » qui en réduit peu à peu toute « respiration »...

 

Nous ne pouvons rester dans l'impuissant constat du renoncement, de la résignation, face à cela... Nous n'avons pas à porter notre propre deuil, à entretenir notre surdité et notre cécité complaisante à ce sujet ; sujet sans conjugaison digne d'un Verbe Créateur....

 

Les sagesses anciennes sont toujours là qui énoncent, éclairent, explicitent, les enseignements de la Nature et de tout l'univers...

Elles nous invitent à la plénitude de l'Etre conscient, cohérent et aimant, pleinement acteur du Vivant dans le respect de celui-ci en tout être, en toute forme, en toute chose...

 

A nous d'incarner véritablement cela, exemplairement, sincèrement et obstinément tout Cela... Cela qui Est, Fût et Sera symbiotiquement et solidairement dans l'éternité d'un Instant qui transcende à jamais l'espace et le temps !



01/07/2016
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