Les dits du corbeau noir

DU COTE DE LA POESIE CELTIQUE D'HIER ET D'AUJOURD'HUI COMPILATION BRAN DU 2017 10 01 JANV

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photos Bran du

Poésie irlandaise contemporaine :

 

Le Rameau d'or de Derek Mahon

 

 

« Ce qui restera, passé le crépuscule des cités et la floraison du feu, ce seront les tendres végétaux qui portaient les germes de notre politique...

 

Quand nous aurons rendu les comtés défrichés à la forêt première, les collines aux collines, les vasières asséchées à la mer vigilante,

Il se fera silence, puis le soupir de qui s'éveille au sortir d'un long rêve.

 

Me coucherai, midi venu, dans un champ tiède, la tête à l'ombre, et puis après minuit, pêcherai les étoiles dans les eaux noires...

 

Et de nouveau j'adorerai la lune et je ferai des dieux d'argile, des dieux de pierre, et je célébrerai dans le gâchis du monde, leur mort et leur retour. »

 

 

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L'Homme de Tollund de Seamus Heaney (Prix Nobel)

 

« 1

 

Un jour j'irai à Aarbus voir sa tête couleur de tourbe, les douces cosses de ses paupières, son bonnet pointu en peau...

 

Dans le pays tout près où on l'a déterré, son dernier gruau de céréales d'hiver caillé dans le ventre, tout nu, sauf le bonnet, la corde et la ceinture...

 

Je resterai longtemps debout...

 

Quand il épousa la déesse, elle l'enserra dans son torque et lui ouvrit son marais, et les sucs noirs le façonnèrent en une relique de saint...

 

Trésor des dédales creusés par les chercheurs de tourbe...

Son visage souillé repose maintenant à Aarbus. »

 

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Autre poète irlandais : William Butler Yeats (Prix Nobel de littérature également)

 

Le Vent parmi les Roseaux (extraits)

 

Paix, apaise-toi, cœur tremblant ; rappelle-toi le sage dit des anciens jours ; « - celui qui craint la fla mme et la marée, et le vent qui souffle aux rondes étoilées, que le vent des étoiles, que la flamme et le flot le couvrent et le cachent, car il n'a point de part en la majestueuse multitude solitaire.

 

La Taille d'une Agathe (extraits)

 

« ...Nos amis nous accompagnent quand nous descendons le long chemin où la Beauté se dirige, où tous ceux que nous aimons se rassemblent...

Retrouvons-nous sur la colline, dans le vallon, la forêt ou la prairie, sur la margelle de la source ou la rive du ruisseau bordé de joncs, ou sur la rive de sable longeant la mer. »

 

Du mouvement celtique :

 

Le « mouvement celtique », tel que je le comprends, correspond surtout à un jaillissement de source et personne ne peut en mesurer l'importance pour l'avenir, car toute nouvelle source de légende est un renouveau d'inspiration pour l'imagination du monde. Elle arrive à un moment où l'imagination du monde est prête pour un nouvel élan, comme elle l'était quand son apparues les légendes d'Arthur et du Graal » (Ecrit en 1897)

 

Magie naturelle et religion :

 

« Notre magie naturelle n'est autre que l'ancienne religion du monde, l'antique vénération de la nature et l'extase émue ressentie à son égard, cette certitude qu'elle faisait naître au cœur des hommes que tous les lieux de beauté sont animés d'un esprit...

 

L'eau purificatrice :

 

« ...Ces eaux qui courent autour du monde à leur tâche pastorale d'ablutions purificatrices des rivages des hommes. »

 

 

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De la poésie celtique du 6è au 20è siècle de Jean Laugier

Edition Caractère (extraits)

 

Le barde Amerghein (extrait) :

 

« ...Je suis le vent qui souffle sur la mer. Je suis vague de la mer. Je suis mugissement de la mer. Je suis oiseau de proie sur la falaise. Je suis rayon de soleil. Je suis lac dans la plaine. Je suis celui qui annonce les âges de la lune. Je suis celui qui enseigne où se couche le soleil... »

 

Le barde Taliésin (extrait):

 

« J'ai été une multitude d'aspect avant d'acquérir ma forme définitive, il m'en souvient très clairement. J'ai été lance droite et dorée. Je crois en ce qui est clair. J'ai été goutte de pluie dans les airs. J'ai été la plus profonde des étoiles. J'ai été mot parmi les lettres... …///... J'ai été chemin, j'ai été aigle. J'ai été goutte dans l'averse. J'ai été une sauge. J'ai été un sanglier. J'ai été cri dans la bataille. J'ai été un torrent sur la pente... »

 

L'auteur de l'ouvrage (Jean Laugier) considère que l'héritage poétique celtique n'est point perdu, qu'il n'a pas été dilapidé par les siècles, bien au contraire, et qu'il demeure des poètes qui ont « un appétit presque charnel à porter haut le Verbe »...

Il fait rappel et cite les anciens bardes qui cultivaient la « mémoire de l’ouïe » et qui incantaient, sur le chaudron des siècles, un parfum de renaissance...

 

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 Le barde, dans le sacre de sa propre existence, clame son appartenance à tous les composants de l'univers, célèbre l'union à travers lui du microcosme et du macrocosme, et ce, dans l'exigence et le mystère afin que se perpétuent et se régénèrent l'une et l'autre, de boucle en boucle, de ronde en ronde, de cycle en cycle, d'enfantement en enfantement, de métamorphose en métamorphose, de transformation en transformation, d'évolution en évolution, à jamais, dans l'éternité du vivant. » Bran du

 

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Un barde « moderne : Xavier Grall :

La Sône des Pluies et des Tombes (extrait)

 

« Terre dure de dunes et de pluies, c'est ici que je loge.

Cherchez, vous ne me trouverez pas.

C'est ici, c'est ici que les lézards réinventent les menhirs.

C'est ici que je m'invente.

J'ai l'âge des légendes. J'ai deux mille ans.

Vous ne pouvez pas me connaître.

Je demeure dans la voix des bardes. »

 

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Du côté des « Ossianiques » extraits

Edition Orphée la Différence ( Traduit du gaélique par André Verrier)

 

La musique qui endormait Finn :

 

« ...Tant que vécurent Finn et les Fianna, plus chère leur était la montagne que l'église ; harmonieux leur était le chant des merles, mais non le tintement des cloches. »...

 

 

Finn :

 

« … Le bois résonne de musique / la mélodie apporte une paix parfaite / la poussière est délogée de son coin / (comme) la brume du lac plein d'eau / Les hirondelles s'élèvent par bonds / une vigoureuse musique entoure les collines . Une riche et luxuriante récolte pousse / Agréable est la saison / le dur vent d'hiver est parti / La forêt est brillante, le flot fertile / la paix est grande, l'été est joyeux / Furieuse ardeur, chevaux courant en rond / une troupe est rangée en cercle / la mare est noble et généreuse / L'iris sauvage est comme l'or / l'homme faible craint le cri / L'homme constant chante de tout son cœur / L'alouette chante alentour / Premier mai, bel aspect / la fougère est très rouge / sa forme est cachée / Elle devient habituelle la voix de l'oie sauvage. »

 

Un chant d'Amour :

 

« Le cerf, à l'Est, ne dort pas / et ne cesse de bramer / Bien qu'il soit dans le bosquet des merles / il n' a pas besoin de dormir...

La biche ne dort pas/ et gémit pour son petit tacheté / elle court parmi les buissons / elle ne dort pas dans son repaire. Le linot vif ne dort pas / Au sommet des branches doucement inclinées / tout y est bruyant / même la grive ne dort pas : Dans les landes battues du vent sur la colline / doux est le son de son cri clair / entre les ruisseaux, il ne dort pas / …///...

 

Dors un peu, un petit peu / car tu n'as rien à craindre / garçon à qui j'ai donné mon amour / fils d'O Duibhne, Diarmaid. »

 

 

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10/01/2017
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