Les dits du corbeau noir

DES DRUIDES BRETONS (SUITE ET FIN) 2020 CLARA ROCHE ET NOTES BRAN DU 26 06 JUIN

 

 

 

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 Illustrations de Louise GARRAY pour la Mythologie celtique de Pierre LANCE

 

 

 

 

 

DES DRUIDES BRETONS (SUITE ET FIN 10) Clara ROCHE

 

 

Notes Bran du le 25 juin 2020

 

 

Ambiguïté de l'utilisation de l'écrit...

 

 

Il existe aujourd'hui un nombre considérable d'écrits sur la tradition des druides, publiés par des scientifiques (historiens, linguistes, philosophes, archéologues...) ou par les druides eux-mêmes. Le phénomène de surmédiatisation de certains druides, critiqué par quelques enquêtés, tient d'ailleurs au fait que la parution d'un ouvrage entraîne de toute évidence de la publicité, des séances de presse, des dédicaces.etc...

 

La promotion d'un livre écrit par un druide est perçue très différemment par les enquêtés. Selon eux, la question est de savoir dans quelle intention le livre a été écrit, et pour quels destinataires, et ces éléments peuvent susciter autant la reconnaissance que l'inacceptation du travail fourni et publié.

 

 

EM : «  Dans quelle intention cet ouvrage a été publié ? Pour se faire du fric, de la notoriété ou pour servir la Tradition ? Après à chacun de se déterminer... Il y a des ouvrages de vulgarisation pour faire connaître et reconnaître éventuellement une culture, une spiritualité, une philosophie qui est bien souvent perçue de façon péjorative, quand ça n'a pas été récupéré idéologiquement à une époque, malheureusement pour nous. »

 

 

LE : «  Au début, on écrit pour soi, on se fait plaisir à soi, c'est un travail difficile. J'éprouve une réelle jouissance à écrire. Ensuite, moi je considère qu'un bonheur ça ne se garde pas pour soi. J'ai envie de le partager, et le double effet Kiss Cool , c'est de le présenter aux gens, et de faire œuvre de divulgation mais pour les gens qui n'y connaissent rien, pour leur dire « On vous ment quand en vous dit qu'il n'y a aucune tradition ». Moi, mon objectif, c'est de faire découvrir ces choses là, pas forcément de convaincre. »

 

 

AC : « J'en ai écrit moi-même, un livre grand public pour les gens qui se posent des questions, c'est pas pour les disciples. C'est pour donner envie à ceux que ça intéresseraient d'aller plus loin, en mettant une belle bibliographie, c'est lisible par tout le monde, c'est absolument pas ésotérique. Après certains druides se disent « je l'essaierais bien aussi à l'écriture » c'est pas concurrentiel ! »

 

 

La volonté d'ouvrir la tradition a des profanes est globalement valorisée part les druides, dans la mesure où il ne s'agit pas de faire du prosélytisme ou d'entacher l'image des druides, il n'en reste pas moins que l'écriture au sein même des collèges est un sujet délicat voire inconfortable pour certains enquêtés.

 

 

Cela s'explique par le fait que les druides, dans l'Antiquité, n'utilisaient qu'en de très rares occasions l'écrit, qui ne servait qu'à « la fixation d'un moment religieux et (rendait) éternellement statistiquement durables les effets d'une formule (…) la pensée réelle, active, dynamique, évoluant comme la vie dont elle est la part la plus subtile, ne peut, ne doit pas se plier à de telles contingences. » (F Le Roux)

 

 

C'est d'ailleurs là la grosse différence avec les religions révélées qui s'appuient sur l'écriture, sur les textes sacrés (Bible, Coran, la Torah, le Tao Tô King, etc) là où la Tradition des druides s'appuie sur la transmission et l'enseignement oral  « et ne confie pas le savoir ni la doctrine à l'écrit qui est rejeté ». (M Raoult)

L'écriture figerait la pensée, la rendrait désuète au bout de quelques générations, et la tuerait d'une certaine manière. »

 

 

LE : «  Ils ne veulent pas que leur doctrine tombe dans les mains de n'importe qui et c'était pour fortifier la mémoire. S'ils avaient fixé leur doctrine, ils l'avaient fait mourir ; tout ce qui est écrit est mort, et tout ce qui est oral est vivant, peut se revivifier, se renouveler. »

 

 

EM : «  Si les anciens n'ont pas écrit eux-même quels étaient leurs concepts et leur pensée, c'est qu'ils avaient une raison majeure, c'est qu'ils nous laissaient le champ libre pour le faire, à notre tour selon notre sensibilité, notre culture, notre environnement, merci à eux. Ça passe pour un gros défaut selon beaucoup, mais c'est d'une sagesse ô combien, supérieure à celle de ce raisonnement !

Ça nous laisse les vrais responsables de nos croyances et de la mise en forme. C'est cadeau ! Il n'y a pas de dogme. »

 

 

Les écrits historiques qui font mention des druides, depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIIième siècle, n'ont pas été produits par les druides eux-mêmes, mais par les Grecs, les Romains et plus tard des moines chrétiens copistes (pour les principaux textes) .

Si les druides antiques n'ont pas assuré leur succession par l'écrit, le corpus des textes faisant mention de druides, tous types confondus, est un matériau précieux selon les enquêtés.

 

 

Les druides n'hésitent pas à s'appuyer sur cette forme d'héritage, qu'il faut néanmoins appréhender avec beaucoup de précautions et de discernement, pour comprendre ce que pouvait être la pensée des druides qui « non fixée par l'écrit, déformé par les légendes et rongés par les différentes manipulations idéologiques (…) se donnait peu de chance pour survivre. » J L Brunaux

 

 

 

 

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Note Bran du :

 

Je m'élève encore une fois sur ce jugement erroné et stupide philosophiquement parlant.

 

On a fait d'une force et d'une rare sagesse philosophique une faiblesse, un défaut, une tare qui ont valu au monde Celte de n'être considéré comme un civilisation à part entière que depuis moins de 10 ans !!!

 

Qu'avaient-ils en effet besoin d'écrire ces druides antiques quand tout l'enseignement qui a nourri leur pensée se tient au sein de l'Univers et de la Nature qu'il s'agit d'observer attentivement dans ses évolutions pour en discerner et comprendre les lois et les adapter aux communautés humaines ? (Ce que j'appelle d'une façon moderne une pensée symbiotique.)

Fallait-il concevoir un livre de recettes dogmatiques imposées à tous et à toutes et figer dans le marbre une pensée qui coule sans cesse de sources ?

 

 

Le refus volontaire de définir, de fixer, d'ancrer définitivement les fluctuations et évolutions de la pensée est un acte éclairé, conscient et lucide de haute et vénérable sagesse ! Une pensée de cette « nature » respire comme l'air et ne saurait connaître nulle enfermement, nulle contingence et nulle fixation !

 

///...

 

 

LE : «  Alors il faudrait ni faire confiance aux auteurs grecs et latin à ce moment là ? Ce qu'ils racontent nous dit beaucoup de chose, mais on s'interroge encore, rien n'est figé ! La Guerre des Gaules, c'est une œuvre considérable pour nous, c'est digne d’intérêt!(...) Il y a une grande part d'interprétation. Je pense qu'un druide d'aujourd'hui, le premier principe qu'il doit mettre en avant, c'est le doute. »

 

 

AU : «  Les druides n'ont pas laissé d'écrits, il faut plutôt s'en, désoler puisqu'on ne sait pas ce qu'on aurait pu découvrir ! »

 

 

AC : «  Ce qui a été écrit à partir du XVIIIième, c'est intéressant quand même, comme matière de réflexion, mais on garde peu de choses là-dessus car on sait pas trop d'où ça vient, c'est réécrit...»

 

 

 

Notes Bran du

 

Les auteurs Grecs et Latins ne comprennent que peu de choses du monde Celte qui se distingue de leur société et César reprends en partie les observations d'un autres observateur qui a lui été davantage au « contact ». La Guerre des Gaules est certes une source intéressante d'informations, mais elle est aussi guidée et manipulée idéologiquement César devant justifier la conquête des Gaules devant son Sénat et le « financement »  de ses campagnes en démontrant qu'il était urgent d'apporter la civilisation à ces barbares  Celtes (un modèle qui a servi de moteur référent aux colonisations par la suite !)

 

 

Pour concevoir leurs concepts spirituels et philosophiques, leurs « doctrines » , les druides n'ont fait aucun recours à des écrits antérieurs à leur existence ou disponibles à leur époque, ils ont puisé directement dans leur environnement, dans le microcosme comme dans le macrocosme ; dans la terre comme dans le ciel, et dans toutes les manifestations, circulations, rythmes, cycles et vibrations de la Vie !..

En quoi cela n'est-il plus possible de nos jours ?

 

 

///...

 

 

Le discours quant à l'utilisation de l'écrit comme support ou comme production est donc très contrasté, puisque les druides ne peuvent à la fois utiliser les rares écrits qui leur servent comme support de la tradition et condamner ceux qui en produiraient. Ces derniers déclarent d'ailleurs davantage écrire pour faire connaître la tradition au grand public, en n'étant pas pour autant pas dans une attitude prosélyte, que pour transmettre la tradition aux cheminants. L'enseignement druidique reste, du moins dans la plupart des cas, le résultat d'une passation orale, et les druides n'écrivent généralement pas à propos de l'initiation ou de la rituélie, ces éléments ne devant en aucun cas être figés.

 

Les intentions seraient, en plus de la sensibilisation au grand public, la diffusion de connaissances attestées afin de lutter contre les bonimenteurs et les imposteurs. En somme, l'écrit serait pour eux une manière de démêler les informations trop abondantes et souvent fausses qui circulent à propos de la tradition des druides et d'autres spiritualités, sans pour autant trahir la volonté des druides antiques qui ne souhaiteraient pas voir la transmission et l'enseignement écrit.

 

 

Il est également important de noter que tous les enquêtés ont une utilisation des réseaux sociaux, pour la communication et la programmation en premier lieu, mais également dans certains cas, pour la diffusion de textes et d'articles écrits par leur soin, sur la question de la tradition druidique. L'argument de la rapidité et de l'utilité  est mentionnée par tous les enquêtés, et certains se disent être dans une sorte d'obligation de transmettre la tradition par écrit, à cause d'une demande qui serait trop importante et à laquelle ils ne pourraient répondre (pratiquement et/ou pragmatiquement.)

 

 

WI : «  Il faut pas confondre enseignement et communication. On capitalise des écrits (…) pour se titiller l'esprit. »

 

 

 

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Notes Bran du :

 

 

Rien ne saurait remplacer la transmission orale « de cœur à cœur, de poitrine à poitrine et d'oreille à oreille » d'où un nombre conséquent de transmissions orales ( lors des nombreuses conférences, lors de concerts, de veillées, d'animations diverses, lors de festivals (Celtival, festibarde...) etc...

 

La transmission des enseignements oraux est assurée lors de l'animation de clairières ou sur rendez-vous à domicile.... Mais on ne saurait répondre à toutes les demandes et attentes en provenance de personnes qui éloignées ne peuvent se rendre aux rendez-vous proposés d'où le recours nécessaire (et à défaut) à l'écrit et aux supports modernes de transmission de celui-ci...

 

 

J'aurai pu écrire des dizaines d'ouvrages mais j'ai préféré faire usage d'un blog entretenu régulièrement et suivi quotidiennement depuis bientôt 9 années... (Sans avoir eu recours à des formes publicitaires pour le faire connaître. La fréquentation de ce blog s'est faite à partir de contacts divers et variés et par le « bouche à oreille ».)

 

 

L'Etat de méconnaissance et d'ignorance de notre Tradition est très conséquent et parasité par des articles, revues, publications et supports médiatiques qui en défigurent l'image le plus souvent sans que l'on puisse s'opposer à toutes les entreprises qui nuisent à une réelle compréhension et représentation objective de la dite Tradition....

 

 

Le blog est pour moi une façon de lutter modestement contre les fléaux que sont les peurs, les projections erronées, les falsifications et manipulations, le charlatanisme et une forte ignorance ainsi qu'un manque évident de discernement etc...

 

 

Le Blog les-dits-du-corbeau-noir.blog4ever c'est :

 

2516 articles publiés

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Nombre de visites reçues depuis Août 2011 : 218 029 visites

En avril 2020 (en plein confinement) le blog a reçu 3798 visites...

 

Ceci simplement pour démontrer la forte demande extérieure en terme de mise a connaissance de la druidité et le besoin de complémentarité de données et d 'informations des cheminants et cheminantes tout en donnant quelques éclairages sur la mouvance et diaspora  druidique en général et en particulier.

 

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LE : «  Il y a une chose sur laquelle je n'écris pas, c'est tout ce qui est initiatique. Tout ce qu'on fait en cérémonie, tout ce qu'on transmet sur ce plan-là, c'est oral. C'est pour ça que ça prend du temps. Je suis toujours très prudent dans ce que j'écris."

 

 

EM : «  On peut pas être dissonant, mais bon aujourd'hui tu peux pas forcément être en contact avec tout le monde à travers la France ou l'Europe, donc tu es obligé d'utiliser les outils modernes de communication, mais c'est quand même à défaut ! Les textes anciens sont précis quant à la formation, c'est de cœur à cœur, d'oreille à oreille et de poitrine à poitrine.

 

 

Rien ne vaut l'enseignement oral. Je n'écris qu'à défaut, ma place, c'est d'être devant toi, c'est là mon sacerdoce. Le but c'est de faire connaître et reconnaître une culture, une tradition, une mémoire, occultée et bien souvent objet de beaucoup de faussaires. On peut pas lutter contre le charlatanisme, on n'est pas une police, alors comment lutter contre ça ? Par la connaissance. C'est ça le but du blog essentiellement. A chacun d'éduquer son discernement et d'orienter ses choix. »

 

 

AU : «  Je vois pas comment on peut se mettre d'accords sans support écrit. Les nouvelles technologies, on les utilise, ça me ferait rire de pas les utiliser du tout. Ça voudrait dire que certains se condamnent au secret. »

 

 

TH : «  Nous on communique encore par groupe Facebook, mais c'est plus ou moins discret. Par contre, dans les cérémonies il n'y a quasiment rien d'écrit voire rien d'écrit. Dans d'autres groupes ils écrivent quand même une messe, un lutrin, c'est pas normal, pour moi il y a hiatus là, c'est pas logique. (…) Le druidisme ça reste une tradition orale, donc écrire sur le druidisme, pourquoi pas, mais ça me paraît pas essentiel. (…) Les autoroutes de l'information ont largement contribué à ouvrir le druidisme au monde profane. »

 

 

DI : «  Pourquoi écrire ? Aujourd'hui vous allez faire apprendre 1000 vers à quelqu'un ? Personne ne veut rien apprendre aujourd'hui (…) Ça fossilise bien sûr la pensée, c'est pour ça que je fais des conférences, des soins, j'écris rien sur la rituélie, il faut le vivre. Mais il faut bien que je bouffe à la fin du mois. »

 

 

Le discours qu'on les druides sur l'écrit est très ambivalent.        A la fois ils respectent et ont une grande considération pour les druides antiques qui ne se servaient pas de l'écrit, en ce que cela conférait une authenticité et une grande valeur à l'initiation, et en même temps ils se servent des écrits au sujet des druides pour asseoir la légitimité et le bien-fondé de la tradition et au sein même de l'initiation en donnant ces lectures aux cheminants, ce qui va à l'encontre du principe de l'oralité. De plus, que l'utilisation des réseaux sociaux et des moyens de communication (qui nécessitent l'écriture) soit acceptée dans le cadre de la simple correspondance et de l'organisation, cela fait du sens.

 

 

En revanche utiliser des écrits dans le cadre de l'initiation, sous formes de cours, de textes, de blogs d'articles va à l'encontre de la transmission orale, de la même manière que lors des cérémonies, utiliser un rituel nécessite que quelqu'un ait figé sa propre pensée et l'applique à tous, sans possibilité de modification spontanée.

 

 

Note BD :

 

En ce qui me concerne la préparation à l'initiation bénéficie à la fois des entretiens oraux et de supports de sensibilisation sur ce qu'est l'initiation elle-même dans le cadre de notre Tradition... Toutefois c'est le postulant ou la postulante qui conçoit, leur propre initiation et ce, dans l'esprit et les formes en conformité avec la Tradition et ce bien avant la survenance de l'initiation... Bien souvent plus d'un an avant la date prévue et pour autant que le postulant ou la postulante soit reconnu comme apte à cette initiation.

Après la nuit de « veille » passée en un lieu de nature le rituel de l'initiation se déroule oralement...

 

...///...

 

Les druides qui ne semblent pas ignorer ces paradoxes, justifient ces utilisations, qu'ils jugent simultanément déviantes, par le fait qu'ils s'adaptent à leur temps, que la société évolue, que les individus impatients sont dans une immédiateté telle qu'ils ne supporteraient pas une initiation trop longue par manque de patience et de motivation, etc. Tous sont donc à la fois dans la critique de l'utilisation de l'écrit et dans la valorisation de l'oralité en même temps qu'ils s'appuient largement sur l'écrit. Cela n'est cependant pas, de toute évidence, le seul fait qu'ils condamnent en même qu'ils le pratiquent.

 

 

 

 

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Note Bran du :

 

L'impatience à être initié et l'absence de réelles et sincères motivations ne sont pas des éléments autorisant une initiation de la personne...

Paradoxe il y a en effet, mais revenons lors aux intentions et aux circonstances. L'oralité oui absolument et de préférence mais pour autant qu'elle soit possible et dans une proximité qui l'autorise mais comment faire dans l'éloignement ?

 

On ne peut priver une personne d'un enseignement, d'un contact sous prétexte qu'elle vit dans une distance éloignée et que diverses circonstances recevables ne lui permettent pas de se conjoindre à nous... Le contact et l'entretien par téléphone, que je pratique aussi, ne solutionne pas tout...

 

 

 

Pratiques jugées déviantes

 

 

Si certaines postures vis à vis de la tradition des druides semblent antinomiques, les druides partagent toutefois un certain nombre d'opinions communes, notamment concernant les pratiques qu'ils jugent déviantes. Notons que le terme de déviance est ici utilisé au sens d'une transgression d'une norme sociale. Or les druides m'ayant pas de règlement s'appliquant à tous, les normes et les valeurs ne peuvent être spécifiées et établies qu'au niveau individuel (et du groupe éventuellement).

Le fait que les druides se rejoignent pour condamner certaines tendances atteste donc d'une relative homogénéisation des normes et des principes.

 

 

Il a été évoqué à plusieurs reprises, lors des entretiens, la question du genre comme une question qui ne nécessiterait normalement pas d'être discutée, mais qui suscite encore malheureusement le débat.

Dans tous les groupes dont font partie les druides enquêtés, les femmes peuvent naturellement s'engager sur le chemin initiatique de la même manière que les hommes et accéder aux mêmes titres sans que cela nécessite une quelconque délibération. Selon un druide, d'ailleurs, les nouveaux arrivants et intéressés seraient davantage des femmes que des hommes depuis quelques années. Il existerait des groupes dans lesquels les femmes ne seraient pas acceptées mais recevraient une initiation particulière ; c'est au demeurant sur ce modèle que la plupart des groupes fonctionnaient au siècle dernier, mais tous les druides enquêtés blâment et dénoncent ce modèle suranné. 

 

 

 

Notes Bran du

 

LE CDG de Paul Bouchet dès sa fondation dans les années 30 était ouvert aux hommes comme aux femmes et son conseil des druides comptait autant de druidesses que de druides.

 

 

Je n'ai jamais connu ou été reçu dans un groupe druidique excluant les femmes.... Je connais personnellement 5 femmes druidesses qui sont ou ont été en poste de responsabilité d'une clairière ou d'un groupe druidique... (mais une seulement sur la Bretagne!)...

 

 

Rappelons nous que la FUD (Fraternité Universelle des Druides) a été créé et animé par une femme...

 

 

Notons que l'OBOD (l'organisation druidique mondiale la plus importante en nombre d'adhérents) a pour chef druide une femme nommée il y a peu en remplacement de Philip Carr-Gomm.

 

 

Proportionnellement au nombre de collèges estimés le masculin est majoritaire dans l'animation de ceux-ci. Il y a donc comme dans la société des efforts à produire pour une plus grande et plus juste répartition entre le masculin et le féminin...

 

///...

 

 

La tradition des druides se voulant être adaptable et modulable selon les sociétés, l'argument selon lequel dans l'Antiquité seuls les hommes pouvaient être druides n'est de toute évidence pas recevable. Il est complexe de postuler sur le nombre de collèges appliquant une sélection machiste proportionnellement au nombre total de collèges, dans la mesure où tous les enquêtés se rejoignent sur la condamnation du sexisme et qu'il demeure impossible de dénombrer tous les collèges se voulant relever du druidisme.

 

 

Le caractère non prosélyte est un autre point que les enquêtés considèrent comme étant un principe fondamental de la tradition des druides, sans quoi cela serait une profonde contradiction avec le principe de liberté individuelle largement déployé.

Il n'y a, en effet, pas de réelle ambition à persuader les individus extérieurs, à imposer le druidisme comme la solution nécessaire ou à convertir massivement avec « la conviction intime du désintéressement qui est au principe de tout prosélytisme. »

(P Bourdieu)

 

Du fait de l'absence de prosélytisme et d'autorité religieuse, et de la facilité avec laquelle il est possible de sortir du cercle des druidisants, l'aspect sectaire que certains fantasment à propos de cette tradition est absolument exclu (dans les collèges des druides enquêtés et dans les collèges qu'ils estiment et approuvent tout du moins.)

 

 

 

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EM :  « C'est en train de se répandre mais tout doucement, d'oreilles à oreilles, de cœur à cœur. C'est pas une spiritualité portée sur la conversion, ça fait pas partie de nos convictions. On n'est pas dans un prosélytisme, c'est vraiment aux confins de nos pensées. A partir du moment où il n'y a pas manipulation des corps, des esprits et des âmes dans des buts inavouables, c'est une communauté comme une autre. »

 

 

DI : «  C'est quelque chose qui répare chacun à être ; faut pas chercher à imposer aux autres, c'est parce qu'on est dans un mouvement qui donne des solutions que les solutions sont adaptées ) tous telles qu'elles sont, faut les faire bouger. C'est pas parce qu'on trouve le chemin nous qu'on peut le proposer aux autres. C'est parce qu'on est druide et qu'on a trouvé notre route qu'elle est évidente. Faut pas chercher à imposer aux autres. Je pense que tout ésotérisme, c'est un chemin personnel, c'est la base. Faut conduire à votre vitesse sur une route qui est déjà balisée. »

 

 

LE : «  Le coté » sectaire, je l'ai pas vu, et théoriquement le druidisme est fait pour modérer C'est souvent juste des gens qui sont là parce qu'ils sont bien ensemble. Après je suis sûr qu'on peut avoir des druides qui le conçoivent comme ça. »

 

Si des fantasmes autour de l'aspect sectaire de la tradition druidique persistent, c'est bien selon un enquêté ; parce que les individus seraient déviants à l'encontre de tout ce qui se réclame du spirituel ou du religieux, ce qu'il appelle « le syndrome 1905 ». (aspect cultuel d'une association 1901) NDR

 

 

C'est d'ailleurs cette même défiance qui encouragerait les druides à être prudents, à ne pas s'insérer dans une dynamique prosélytique, voire, au contraire, à rester dans un entre-soi alimenté par l'individualisme avec lequel certains druides conçoivent cette spiritualité et cette philosophie. Les druides ne seraient donc tellement pas à la recherche de prosélytes qu'ils s'enfermeraient dans cette tradition au milieu de leurs pairs, en oubliant trop souvent ce qu'un en quêté regrette d'ailleurs, d »'agir dans un monde profane à l'aide d'outils druidiques. Selon lui, les druides ne peuvent être opérationnels à l'extérieur du druidisme qu'en ne se dissimulant pas.

 

 

TH : «  On ne le proclame pas partout, on fait pas d'information à outrance comme les témoins de Jéhovah, on serait encore plus taxé de secte (…) L'entregent ne vas pas nous reconnaître ; c'est la dissolution dans le profane qui va nous reconnaître. On peut se gargariser, s'auto-féliciter entre nous, mais qu'est-ce qu'on en a fait ? C'est un milieu rassurant , un monde dans lequel on contrôle les choses où on a une place. (Les druides) s'accrochent à ça et ne veulent plus en sortir, mais si on ne s'en sort pas, à quoi on sert ? »

 

 

Il est évident cependant, devant la multiplicité des collèges druidiques, que certains aient en réalité une tendance sectaire, et si l'opinion publique généralise ce phénomène, alors cela agit pour les druides enquêtés comme un discrédit porté sur le mouvement.

 

 

De la même manière, les druides, qui par ailleurs sur d'autres sujets ne font pas mention d'une quelconque unité, se rejoignent dans leur manière de critiquer et de dénigrer ceux qu'ils considèrent comme des imposteurs ou des profiteurs d'un titre dont ils ne seraient pas dignes. Ces derniers ne pourraient acquérir de reconnaissance de la part des druides, qui les juge déviants pour de multiples raisons ; pas d'initiation, pas de filiation, manque de connaissances sur le sujet, recherche de profit, attitude mensongère, auto-proclamation etc...

 

 

Le druidisme n'étant pas reconnu officiellement, la lutte des druides contre le développement de ces pratiques déviantes dont « les conditions d'existence sont différentes de la trajectoire modale dans les groupes considérés » (Bourdieu P), leur permettrait de ne pas être associés à ces personnes et de sauvegarder une image positive de la tradition.

 

C'est dans le fait d'assurer cette défense que les druides, mettant leurs différents de côté, se considèrent comme un « nous » bien distingué du « eux » à combattre, « qui est au principe des exclusions et des inclusions qu'ils opèrent parmi les propriétés produites par le système de classement commun. » « Ibid)

Cet accord tacite et souvent inexprimé repose sur le partage de valeurs et d’intérêts communs, et ne pas y prendre part pourrait induire le risque de perdre la considération des autres, « aux yeux de qui il ne partageraient plus la supériorité qu'ils s'attribuent. » (Elias N ET Cotson J).

 

 

 

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Ainsi, l'intuition d'une menace qui pèserait sur le statut authentique et sur l'identité collective (parce qu'identité collective il y a) relève un sentiment d'unité et une nécessité de faire front commun, en se convaincant de « détenir une autorité de droit intellectuel sur la conduite de la société. » (P Bourdieu) druidique.

 

Il ne s'agit évidemment pas ; ici, de blâmer collectivement les individus qui ne se conforment pas aux normes implicites de la tradition, mais d'opérer dans un objectif commun qui donnera une image flatteuse aux druides, et une image défavorable aux charlatans, aux « druides de théâtre ».

 

 

LE : «  On a beaucoup de détracteurs aujourd'hui. Moi, faut pas tricher, cette tradition ça m'a tellement rendu heureux de l'explorer que j'ai pas envie de raconter des bêtises à des gens, ce serait leur gâcher leur propre quête. On a beaucoup de charlots dans ce domaine-là , moi je suis très méfiant, tous les guérisseurs, les thérapeutes, les trucs. Un charlot véhicule quelque chose de pas sérieux, du fantasme et du délire ! »

 

 

AC : «  C'est facile aujourd'hui d'être charlatan, avec Facebook par exemple, n'importe qui peut se faire un site, une vitrine, et affiche n'importe quoi ! Pour lutter contre ça, il faut du discernement, faut chercher un peu. »

 

 

EM : «  Il y en a qui ont une paresse en terme de connaissance et se valorise à travers un habit et une fonction. On les repère tout simplement par l'anima même. Quand, dans un orchestre un instrument est désaccordé, on l'entend. »

 

 

TH : «  Je vois pas l'intérêt de s’autoproclamer à part celui de satisfaire son propre ego, d'entrer dans une case. C'est un signe assez négatif d'estime de soi et d'errance spirituelle. Être reconnu par ses pairs pratiquants ça permet une amélioration, tant qu'on n'est pas reconnus par la société, de quel droit se revendique-t-on d'un titre ? »

 

 

Qu'une telle dynamique de groupe soit possible dans certaines circonstances et en vue de sauvegarder les intérêts personnels de chacun n'inhibe en riel les disparités fortes qui persistent quant à la manière dont les druides, qui se reconnaissent par ailleurs, se distinguent les uns et les autres. Lors des entretiens, les enquêtés ont tous exprimé leur désapprobation quant à certaines attitudes observées chez d'autres, et ces commentaires participent et alimentent le système de classement qui opère entre les druides.

 

 

La question de la déontologie est, de toute évidence, un point sur lequel s'attaquent les druides, qui ne peuvent pas pour autant attester d'une éthique commune. C'est ainsi que certains enquêtés ont reproché à d'autres de confondre l'activité sacerdotale avec l'activité lucrative, et de mêler ces deux aspects sous couvert de partage de connaissances. La monétisation et le gain auraient comme incidence de profaner le sacré, ce qui est inenvisageable pour les druides. Il peut s'agit ici de stages, de rites d'initiations, de cérémonies, de cours, de livres, de formations, de sensibilisation, etc... Il est important de noter que les enquêtés ne remettent en cause ni l'utilité de ces supports ni le contenu et la validité des connaissances, mais bien leur monétisation.

 

 

EM : «  C'est ambigu, et c'est dommage car l’ambiguïté crée de projections et après on généralise. Il y a des préoccupations matérielles qui obnubilent quelque part la fonction sacerdotale en tant que telle. Quand tu as une éthique globale, on peut pas confondre l'activité profane et l'activité spirituelle.

 

Qu'est-ce qu'on sert ? Mes préoccupations matérielles ou l'esprit ? Nous ne sommes pas habilités à monnayer nos connaissances ; nos expériences, dans la pratique même sacerdotale, on va pas faire payer quelqu'un pour recevoir un sacrement ou assister à un rituel. Ben pourtant ça se fait. »

 

 

LE : «  Un druide qui va vous demandez du fric, fuyez-le !       Le fait d'être druide ne garantit pas une déontologie à toute épreuve. Je suis effaré. Ces gens là sont des bateleurs, ils tordent la vérité pour faire de l'argent. »

 

 

En outre, la plupart des enquêtés regrettent les rivalités qui persistent entre eux, lorsque ne pouvant récuser chez l'autre le statut de druide, ils trouvent d'autres terrains de désaccords pour se faire part de leur hostilité réciproque... Les antagonismes et les discordes peuvent ainsi porter sur le sujet de la concurrence médiatique, du contenu d'un livre, des pratiques, etc... « deux personnes ne peuvent se donner une meilleure preuve de l'affinité de leurs goûts que le goût qu'elles ont l'une pour l'autre. » (P Bourdieu) ; et par suite, ne peut-on considérer que deux personnes ne peuvent se donner une meilleure preuve de leur opposition que le dégoût qu'elles ont l'une pour l'autre ?

 

 

WI : «  C'est peut-être une histoire de testostérone, sur le fond de ce qu'est la tradition des druides ils sont d'accords. Druidiquement parlant ils sont pas éloignés l'un de l'autre. Leurs bouquins ne se contredisent pas, l'un aurait pu écrire le bouquin de l'autre... »

 

 

Note B D :

 

Pour avoir lu nombre d'ouvrages et connaissant leurs auteurs et le caractère spécifique et distinctif de ceux-ci, je mettrais une nuance à cette dernière affirmation !

 

 

LE : «  Il s'agit de mon meilleur ennemi, il est en train de me dépasser médiatiquement. »

 

 

DI : «  Je connais pas. Si c'était un druide important on le connaîtraît, mais non, non, non, je ne le connais pas. Les druides se connaissent hein ! (…) Il y a ds gens dont je parle pas parce que je les reconnais pas ? Ils sont pas reconnaissables et en plus ils divisent. Alors je parle de ceux avec qui on avance. Moi, ce qui me désole, c'est d'être druide le lundi et con le mardi. Vous avez des gens qui prônent une vérité et qui démontent la gueule des autres en permanence , qui n 'aiment qu'eux-mêmes, qui sont clivants. »

 

 

AC : «  Ca manque de tolérance ! Tous ! On n'accepte pas la différence.  C'est une maladie venue de la romanisation et de la christianisation, si on se revendique de la tradition celtique, on devrait être beaucoup plus ouverts. Emmanuel en prend plein sa tronche, c'est injuste. Chacun a ses qualités, pourquoi critiquer comme ça ? Il faut accepter que chacun amène ses qualités, c'est le concept de la table ronde. Et puis... deux pages d'insultes à la parution d'un livre parce qu'il n'est pas dedans... »

 

 

Si de vives discordes animent les relations entre les druides, c'est notamment la conséquence d'un vice très propre à l'Humain : le besoin de conforter son égo. Les enquêtés ont d'ailleurs tous fait mention de ce problème récurrent qu'ils appliquent de toute évidence à tous sauf à eux-mêmes. Ce travail orgueilleux entraîne les druides dans une quête du titre, qui attesterait d'une supériorité et impliquerait nécessairement une reconnaissance de leurs pairs. «  le principe des stratégies symboliques (…) visant à s'approprier les mots pour avoir les choses qu'ils désignent (…) afin de se donner ainsi des titres à revendiquer les titres légitimes. » (Ibid)

 

 

Les druides, s'ils peuvent éventuellement rester indifférents à ce que les étrangers pensent d'eux (ce qui n'est pas le cas la plupart du temps, nous l'avons vu), ne peuvent pas résister à l'opinion de leurs pairs « avec qui ils partagent un même orgueil, un même charisme collectif » (Elias ? Et Scoson J).

 

 

L'image d'eux-mêmes dépend assurément de ce que les autres druides pensent d'eux.

 

 

 

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Note BD : De la course au titre de druide  !...

 

 

En quoi cette haute aspiration à incarner une fonction et a en être digne serait systématiquement déviante et « orgueilleuse » ?

 

Ne peut elle pas être le fait de se "donner le pouvoir" d'incarner et d'animer cette fonction o combien exigeante et parfois éprouvante qui demande la totalité du don de soi pour être conforme à son Esprit, à sa Pensée, à ses valeurs et à ses œuvres ?

 

 

La fonction druidique antique impliquait 20 années d'études permanentes pour commencer seulement la mise en œuvre de la fonctionnalité acquise et reconnue... Ce n'était pas rien dans l'investissement humain !....

 

 

ET encore une fois on peut être légitimement et naturellement fier d'avoir consacré autant d'efforts, d'études et de temps pour servir au mieux la Tradition et la population confié à nos soins sans être taxés d'arrivistes orgueilleux ou d'usurpateur de pouvoirs !!!

 

Nous ne manquons pas de magnifiques exemples de druides ou de druidesses qui avec leur caractère propre et leur singularité et spécificité ont consacré leur vie au plein et noble service de la Tradition, et au service de ses servants et servantes et qui ont été  de plus un modèle authentique de références vis-à-vis du monde extérieur !

 

Il serait temps de faire la différence entre une attitude manifestement orgueilleuse animée par l'égo ou par un individualisme exacerbé avec la fierté d'Etre ce que l'Être peut manifester, de vrai, de beau et de juste en se donnant les moyens légitimes et efficaces pour le faire !....

 

 

Le sentiment d'iniquité et d'injustice est sans doute le sentiment humain le plus insupportable qui soit car il est éminemment destructeur d'un individu victime d'agissements et de projections éhontées envers sa personne....

 

 

Les accusations injustifiées et répétitives fond d'énormes dégâts dans la sphère sociale où elles se produisent et se formulent car elles touchent l'humain dans sa racine et dans sa sève existentielle et le sacerdote ne peut pas toujours en tant qu'humain se placer au-dessus de cela et être épargné par cela !...

 

 

A quel titre jugeons nous l'humain qui est druide ? Parce qu'il est tout simplement druide ou parce que le titre et la fonction qu'il occupe ne sont pas en adéquation avec le service véritable, sincère et authentique de la Tradition ?

 

///....

 

 

LE : «  Le problème dans les sociétés initiatiques, c'est que cet égo on lui donne une caisse à outils pour le maîtriser, pour le nourrir, mais il faut en rester maître. Faut pas le brimer, mais il faut s'en faire un ami, c'est ce qui nous donne la force. »

 

 

TH : «  La question de l'égo, c'est la question du titre, c'est plutôt révélateur d'un égo malade. J'ai l'impression que les titres peuvent corrompre un petit peu l'esprit de la choses. Il y en a qui se croient arrivés parce qu'ils ont le titre. Avoir besoin d'un titre, c'est crier haut et fort « reconnaissez-moi » !

 

 

AU : «  Je me méfie toujours des groupes druidiques, je vous ai dit, ce qui me dérange, c'est l'égo. Moi en tout cas j'ai une éthique ! »

 

 

EM : «  A partir du moment où je sers la personne dans son besoin de gratification, de valorisation, mais où l'orgueil n'est pas si éloigné, si je flatte ma personne, je ne suis plus dans la tradition. »

 

AC : «  Certains ont la prétention de vouloir être druide, c'est des gens qui veulent pouvoir afficher « je suis druide », c'est des histoires d'égos. »

 

 

L'acquisition des titres, en plus de nourrir les égos, fournit une certaine posture qui, reconnue, peut assouvir la prétention de certains à obtenir du pouvoir. La gestion de ce dernier est évoquée par les enquêtés comme un problème majeur qui participerait à la dégradation de la tradition des druides. Dès l'instant où un druide peut prétendre à une position hiérarchique assez élevée, conférée par le titre, il peut dès lors créer son propre collège druidique.

 

Le phénomène de scission est apparu au cours des entretiens comme le plus nuisible du druidisme, bien que la diversité des groupes, des pratiques, des opinions, des croyances soit synonyme de richesse selon les druides.

 

 

TH : «  Mais on veut être le chef de quelque chose, le numéro un, le grand druide de machin chose, le meilleur, on veut le diplôme suprême, c'est notre poison. On voudrait unifier autour de soi, chacun se dit ça. C'est le rêve d'hubris . Jusqu'à ce que l'un veuille son collège, le premier veut pas, donc le second ba construire sa clairière à côté. »

 

 

AC : «  Les scissions tiennent des individus, pas des groupes. »

 

 

DI : «  Ce qui tue le druidisme, c'est la division et les diviseurs sont pas si nombreux que ça, ils sont récurrents et casse-couilles. C'est comme partout dès lors qu'il y a un pouvoir. »

 

 

AU : «  Le gros problème c'est pour certains la dérive autoritaire du chef. Toute chose que j'essaie de corriger pour ne pas être, c'est pas dans ma nature, c'est pas ma formation intellectuelle, politique et philosophique. »

 

 

 

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Somme toute, ce que les druides estiment relever de pratiques déviantes s'inscrit en premier lieu dans les valeurs tout à fait personnelles et propres à chacun ; construites et affinées dans le monde profane et mises à profit et appliquées dans le monde druidique.

 

 

Les jugements de valeurs qui en découlent prennent une ampleur croissante dès lors que l'impact sur la pratique du druidisme est perçu par les pairs. D'autre part, les pratiques désapprouvées et condamnées par les enquêtés sont les conséquences directes de processus de groupe, où chacun est amené à faire valoir sa légitimité et sa suprématie auprès des autres, avec les effets que cela induit.

 

 

En définitive, les druides, en ce qu'ils sont des individus aux histoires et aux sensibilités différentes portent un regard disparate sur le monde profane et sur la société plus généralement. En plus des éléments propres au druidisme sur lesquels ils se séparent et se rejoignent, les druides sont indubitablement influencés par ce regard qui leur est propre, et qu'ils transposent du monde profane au monde sacré. Ainsi, leur rapport à la politique, parfois incorporé dans la pratique spirituelle, conduit les enquêtés à penser différemment la gouvernance des collèges, l'utilisation de la tradition dans une décision politique, etc.

 

 

De la même manière, leurs différentes expériences religieuses, spirituelles, ésotériques, communautaires auront une influence sur leur conception même du druidisme et des apports de cette tradition. Enfin, les différents qu'ils expriment et examinent attestent d'une non unité (à laquelle ils ne prétendent d'ailleurs pas) alimentée par des conflits de valeurs, d'opinions et d'idéaux.

 

 

 

 

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CONCLUSIONS :

 

 

Le druidisme est une tradition antique attestée et fixée dans le temps et dans l'espace, dont certains individus se veulent les dépositaires contemporains. L'accessibilité à un corpus culturel spécifique aux druides (objets, textes ; musiques, rituels ; etc) pourrait laisser croire à des caractéristiques et des particularités établies, déterminées et fondées par la Tradition.

 

 

S'il est en effet possible de retrouver des éléments culturels communs dans le discours des enquêtés, il n'en reste pas moins que ces derniers ne partagent pas de texte sacré qui harmoniserait les pratiques de tous.

 

C'est cette absence même de référence commune qui conditionne le principe libertaire ; fondamental selon les druides, qui n'est donc en réalité pas choisi par eux mais qui s'impose, faute de règlement auquel ils adhéreraient tous. Cela fait de cette tradition une spiritualité adogmatique, où la liberté de chacun est valorisée et encouragée.

 

 

C'est donc grâce à ce fondement libertaire que les druides déploient une diversité incroyable d'appréhension et de compréhension de la Tradition, et qu'ils se doivent d'appliquer aux autres la tolérance à l'égard de cette même diversité que celle qu'ils réclament pour eux-mêmes.

 

 

Les druides n'ont pas la même manière de délimiter et de déterminer ce qu'est la tradition des druides (une religion, une spiritualité, une philosophie, une culture etc.) ou même ce qu'est un druide. L'origine, la filiation et la généalogie dans laquelle ils s'inscrivent démarquent également les druides, c'est-à-dire le lien longitudinal qu'ils entretiennent avec les ascendants et leur manière de déterminer une certaine provenance.

 

 

Les druides ont également des pratiques qui diffèrent, si l'on entend ici par pratiques l'ensemble des croyances, des manières de conduire une cérémonie, d'assurer la transmission par le parcours initiatique, d'organiser et de gouverner un collège druidique, etc, et ils sont libres de s'approprier des éléments très variés pour alimenter leur boîte à outils, ou d'utiliser cette même boîte à outils à des fins spirituelles, politiques, culturelles, identitaires, à leur convenance.

 

 

Si les druides se distinguent donc en premier lieu par des éléments propres à la tradition des druides, leurs opinions, leurs expériences personnelles, leurs valeurs et idéaux, leurs jugements ont de toute évidence également des retombées et une influence considérable sur leur manière d'appréhender et de concevoir cette spiritualité, mais également sur les rapports personnels qu'ils entretiennent.

 

 

Voilà autant d'arguments qui les distinguent les uns des autres ! L'objectif de cette enquête n'était pas d'ailleurs de démasquer qui a tort et qui a raison, mais bien de relever les caractéristiques structurelles et les distinctions qui opèrent entre les druides. De toute évidence, ce processus de classement qui s'exécute entre les druides de manière individuelle est également à l’œuvre entre les groupes, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle les enquêtés se sont efforcé d'énumérer les particularités et les singularités de leur collège.

 

 

Pourtant, le principe libertaire étant intégré comme primordial et induisant de fait des disparités et une multitude de spécificités, il ne devrait pas y avoir lieu de tant les souligner.

C'est en ce sens que l'on peut postuler que ces différences font l'effet de « frontières qu'il faut attaquer ou défendre de vive lutte, et les systèmes de classement qui les fixent sont moins des instruments de connaissance que des instruments de pouvoir. » (P Bourdieu).

 

Par suite, si les distinctions entre collège n'étaient pas, alors il n'y aurait plus de prétexte pour ne pas s'unir, le prestige individuel serait dissout dans l'union.

 

 

Les enquêtés qui déclarent ne partager qu'un titre, et observer autant de druidismes que de druides, se rejoignent néanmoins sur un certain nombre de conventions implicites. Les raisons pour lesquelles ils peuvent attribuer leur reconnaissance, leur légitimité et leur approbation à un autre druide découlent d'un cadre de normes commun, qui n'est pour le reste pas égal à la somme de leurs valeurs propres.

 

Ce cadre peut agir comme un système contraignant auquel il faudrait se soumettre, paradoxalement au principe libertaire tant prôné, mais il s'agit surtout là de l'affirmation d'une structure prééminente à laquelle les druides adhèrent, participent et qu'ils alimentent.

 

 

Il existe donc bien une organisation des druides, implicite et non mentionnée dont font partie tous les druides enquêtés, c'est d'ailleurs en ce sens que l'on peut affirmer le caractère transcendantal de la tradition des druides ; chaque druide fait partie d'un tout qui le dépasse en même temps qu'il agit sur ce tout..

 

 

La tradition des druides, en étant à la fois un fait matériel          (il y a des traces anciennes et contemporaine de cette tradition, il s'agit du corpus culturel mentionné plus haut), un fait symbolique    (les druides ont des croyances, des représentations, un système moral, et), un fait expérientiel et sensible -à l'échelle de l'individu et du groupe) et un fait collectif, il est tout à fait possible de l'étudier en tant que fait religieux.

 

 

Il aurait été intéressant, pour une analyse plus profonde, d'étudier la manière dont cette tradition est donnée à voir dans les articles de presse, dans les reportages et dans les différentes enquêtes, ainsi que de rendre compte des débats existant entre les scientifiques et les druides.

 

 

De plus, le fait de n'avoir que très peu de contenu concernant les opinions et les trajectoires des femmes druides et d'adeptes est une réelle lacune de ce travail, et cela aurait de toute évidence apporté des éléments de réponse et un regard autre sur ce sujet.

Finalement je regrette amèrement de n'avoir pu faire plus d'observations, ce qui aurait notamment permis une meilleure comparaison des pratiques rituéliques et une meilleure compréhension des dynamiques intra-collège.

 

 

« Faire du neuf avec du vieux », voilà une ambition qui n'est pas seulement celle des druides ! De plus en plus de spiritualités et religions anciennes sont réinvesties et réadaptées à l'ère moderne, et ce phénomène de réappropriation et de retour vers des pratiques passées mériterait un travail d'enquête pour comprendre les enjeux d'une telle quête et ce qui mène à faire renaître de ses cendres ce que l'on avait fait disparaître. »

 

 

 

 

NOTES Bran  Du    A SUIVRE :

Ainsi qu'une "conclusion" générale à venir par la suite....

 

 

 

Notes Bran du :

 

 

 

 

Les druides antiques n'ont eu nul besoin de « définir », leur titre, leurs fonctions, leurs concepts, leurs doctrines, leur théologie etc... car la société dans laquelle ils exerçaient leurs multiples fonctions les connaissait et les appréciait et savait parfaitement à quoi s'en tenir avec eux.

 

...

 

 

Ce qui n'est pas évidemment le cas de nos jours bien au contraire...

 

 

 

Ils furent sans doute parmi ce que l'on appellera par la suite « des libres penseurs » (terme inventé en Angleterre en 1717 pour John Toland restaurateur du druidisme à cette époque) ; des libres penseurs dont la philosophie assez libertaire leur dictait de ne rien figer ni fixer qui soit susceptible de devenir dogmatique en empêchant, par ailleurs, toute évolution conceptuelle...

 

 

 

Cette attitude exceptionnelle dans l'histoire des sociétés antiques leur a valu bien des moqueries par la suite alors que c'est la preuve même d'une haute sagesse avisée, pertinente et clairvoyante...

 

 

 

Certes cela complique singulièrement la pratique du druidisme contemporain qui ne peut s'articuler et se justifier sur des textes sacrés et autres documents duement attestés en terme de croyances et de spiritualité...

 

Mais cela nous laisse par ailleurs totalement libres de conceptions adaptées et actualisées à notre époque et tenant compte des évolutions de la société à travers les siècles...

 

 

 

De ce fait et tout en présentant des assises historiques, mais surtout mythiques et archétypales, la druidité contemporaine (Seule spiritualité religieuse propre à l'Europe) se présente comme un vaste et très large laboratoire d'innovations en terme de spiritualité et de pratiques religieuse d'où l'incroyable et parfois quelque peu déroutante diversité des concepts et des pratiques à laquelle nous assistons et qui continuerons à se déployer...

 

 

 

L'héritage druidique n'est pas « gratuit » et ne relève pas de livres de recettes, mais constitue volontairement une vive invitation à « chercher », à faire de chacun et de chacune des chercheurs persistants, obstinés même et exigeants et ce toute leur vie...

 

 

 

Ceci, afin de dégager d'abord pour eux-mêmes les éléments constitutifs de ce qui sera « leur vérité propre » tout en laissant celle-ci respirer dans le champ du doute et des remises en cause périodique...

 

 

Curieusement et fort habilement, ils continuent ainsi à nous prodiguer un apprentissage silencieux et performant et à nous procurer les outils et les méthodes qui conviendront à notre main, à notre cœur et à notre âme !....

 

.....////.....

 

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  Autres Notes Bran du :

 

 

Un grand merci à Clara Roche pour cet investissement conséquent réalisé avec la neutralité et la vue extérieure qu'impose l'investissement sociologique professionnel...

 

Cela éclaire objectivement bon nombre des aspects quelque peu obscures du druidisme breton contemporain à travers l'échantillonnage des druides enquêtes assez représentatifs globalement de « l'état des lieux, situations et pensées.» mais, ceci, avec une spécificité culturelle et régionale « bretonne »...

 

Les druides et druidesses sont de fait des hommes et des femmes assez semblables au modèle humain avec faiblesses et défauts et capacité de servir le pire ou le meilleur...

 

Toutefois la différence notable vient de la nature et de la provenance des intentions qui animent leur pensée et leurs œuvres et celles-ci puisent au sein, au cœur d'une Tradition qui propose une transcendance spirituelle et philosophique à leur existence ; celle-ci fondé et axé sur une recherche exigeante et permanente de concordance, de cohérence, d'équilibre, d'harmonie etc...

 

La pensée Celte se veut en tout domaine, en toute activité un pensée de la « vérité » celle-ci étant comprise, entendue et vécue comme faisant symbiose avec la Nature, le cosmos, l'univers et les lois qui régentent tout cela, des lois qui elles aussi impliquent une évolution basée et axée sur des notions de cohérence, de discernement, d'équilibre, d'harmonie.... et donc d'osmoses et de symbioses...

 

Le sacerdote n'échappe certes pas à sa « condition humaine », mais il est censé en avoir une certaine connaissance, expérience et maîtrise et ce d'autant plus que sa fonction et sa tradition impliquent ces exigeantes et implicites dispositions....

 

Le regrettable autant que le paradoxal font que cette dimension sacerdotale transcendante est parfois battue en brèche par un retour contradictoire vers le « petitement et le bassement humain » où la dimension sacrée s'efface devant la matérialité et la corporéité profane !!!

 

Est-il possible de faire la différence entre la quête d'un titre pour le pouvoir qu'il représente vis-à-vis d'autrui et sur autrui avec le « pouvoir de faire, de mettre en œuvre, d'incarner sincèrement et authentiquement ce que ce titre autorise ?....

 

Homme vient du terme humus qui a donné aussi humilité et la fonction druidique se doit d'incliner vers ces notions de modestie et d'humilité, mais en quoi il serait honteux et indécents de clamer sa joie et d'être « fier de soi » parce qu'une œuvre a bien été menée en tant qu'homme et en tant que druide ?

 

On ne peut faire comme si les besoins biologiques de valorisation d'un individu n'existaient pas pour assurer l'équilibre de celui-ci...

 

Encore une fois remettons les choses à leur juste place...

Le besoin de valorisation est bien réel et incontournable sans préjudice autrement pour la personne, mais il implique une connaissance et une maîtrise de celui-ci et une vigilance afin que nul excès ne viennent déstabiliser l'équilibre et l'harmonie qui demeurent la règle en toutes circonstances...

 

 

///....

 

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Notes BD :

On ne s'étonnera pas de la vision et de la perception générale et globale que nos contemporains ont des druides et de la druidité, une méconnaissance largement entretenue par le manque de données fiables et avérées et de sources d'informations objectives...

La « référence » commune relève des images d'Epinal telles que celles véhiculées par les albums d'Astérix et Obélix faisant suite aux manuels scolaires d'une même nature....

 

Cela ne s'arrange pas avec la suppression dans l'Education nationale depuis plus de 20 ans de l'apprentissage en Histoire de la période celtique bannie de l'enseignement pour cause «de non civilisation » !!! Un terme il est vrai enfin accolé au monde Celte depuis moins de dix ans seulement !!!

 

Le Monde Celte lui bénéficie d'une vaste reconnaissance, mondiale même, du fait de ses expressions artistiques dont la Musique avec de grands festivals comme celui de Lorient (56) et une diffusion conséquente très suivie par les médias...

 

La « Matière celtique » bénéficie également d'une diffusion importante via sa littérature dont le corpus légendaire et mythique n'a jamais cessé d'inspirer de très nombreuses œuvres (bande dessinées, cinéma etc...) et de célèbres créateurs...

On notera l'apport considérable du mythe arthurien en bien des domaines artistiques... On notera aussi l'apport conséquent des artisans qui s'inspirent de l'art celtique...

 

Les grandes expositions consacrées au monde Celte (Angleterre, Italie, Japon, France etc) ont eu un succès considérable ainsi que la visite des musées et espaces dédiés au monde Celte...

 

On assiste de plus en plus à des reportages et documentaires ainsi qu'à des publications qui remettent les Celtes à l'honneur et qui corrigent les perceptions erronées et les vues et connaissance déformées de la réalité celtique...

 

Mais il reste encore un ouvrage énorme à réaliser de même en ce qui concerne le druidisme même si des progrès notables ont été réalisé depuis 20 ans....

 

On ne fait pas assez le lien entre ces productions historiques, culturelles, artistiques et la pensée à l'origine de cela et la spiritualité qui en a instruit et régenté l'existence même....

 

Les personnes qui viennent vers nous sont d'origines sociales diverses, jeunes et moins jeunes, elles sont en quête de spiritualités et de pratiques religieuses différentes de celles qu'on leur propose et qui ne leur conviennent pas ou plus...

 

Elles considèrent le druidisme comme étant un lien privilégié avec la Nature en prêtant aussi à cela une dimension et un fort sentiment « écologique »....

 

La dimension artistique, littéraire, culturelle joue aussi un rôle dans l'attrait vers le druidisme avec le besoin de concélébrer fraternellement le « sacré » au sein d'une communauté sociale et conviviale chaleureuse et solidaire non dogmatisante....

 

Il n'en demeure pas moins que la perception par le grand public de la druidité est encore bien floue et erronée et que l'image que nous donnons nous mêmes de notre Tradition (et celles des « charlatans » qui s'en emparent) ne sont pas sans effets positifs ou négatifs sur la découverte et les approches qu'ils en font....


Pour ce qui est au moins de notre ressort et de notre responsabilité et aux vues du retour de nombreuses expériences et témoignages extérieurs relatant de fortes déceptions des « visiteurs » et « postulants éventuels », nous avons bien des améliorations notables à mettre en œuvre...

 

Si nous n'avons pas vocation à « recruter » à tout prix, à convertir de même ni à faire du prosélytisme, il n'en demeure pas moins que nous avons un devoir d'authenticité en entretenant un sens aiguë de l'accueil et du comportement vis-à-vis de ceux et de celles qui se tournent vers nous. Nous sommes en effet responsable de l'image que nous donnons à voir de notre Tradition surtout quand celle-ci est interpellée avec respect, attention, considération, espérance et confiance...

 

 

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Notes additionnelles BD :

 

 

 

En guise de « mise au point » face a trop d'attaques personnelles....

 

 

 

Bilan des actions menées jusqu'à ce jour :

 

 

 

Depuis quarante années : un énorme et volontaire investissement au service de la Tradition, de ceux et de celles qui la servent et de ceux et de celles qui viennent à sa rencontre :

 

 

 

Sur ces dix dernières années :

 

 

 

Création et financement de la trésorerie d'une association...

 

 

 

Réalisation de deux festivals de 3 jours (Festibarde) (règlement location des salles, du matériel, (éclairage, sonorisation) etc

 

Défraiement des frais de transport, d'hébergement pour de intervenants, frais de publicité, tracts, programmes, assurances, restauration, cachets pour certains artistes professionnels etc

 

 

 

Engagement d'une personne salariée sur deux années pour assurer le secrétariat de tous les événements réalisés et leur mise en œuvre

 

(Festival Art ; Etre et Nature sur une semaine (3 éditions)...(gratuit pour tous)

 

 

 

Mise en place logistique et achat matériaux divers du Celtival de Brocéliande ( gratuit pour tous ) (7 éditions)

 

 

 

Investissement informatique pour le blog...

 

 

 

Cela ne représente pas moins un investissement personnel en tout d'environ 40 000 euros sur mes fonds personnels !

 

 

 

Tout en sachant que toutes mes animations ( nombreuses au demeurant) et interventions en divers milieux y compris scolaires ont été et demeurent toujours bénévoles !

 

 

 

Et malgré les succès rencontrés et remportés grâce à tous les autres bénévoles investis à mes côtés... : une pluie de critiques et de dénigrements de la part des confrères qui se sont abstenus de toute présence et participation ! ?

 

 

 

Aucun « enrichissement » en retour de cela si ce n'est la légitime fierté d'avoir tout fait pour servir au mieux les uns et les autres et la Tradition elle-même...

 

 

 

Le besoin de reconnaissance, de valorisation, de gratification est un besoin « biologique » naturel et humain trop souvent confondu avec des notions lucratives ou d'acquisition de pouvoirs qui dénaturent et défigurent la réalité des intentions qui animent de tels investissements bénévoles et qui en salissent, stupidement, l'éthique et la déontologie...

 

 

 

Ce sont de telles attitudes qui ont fait entre autres qu'un magnifique penseur comme Pierre Lance décédé en janvier de cette année ait fini par baissé les bras et le cœur au service d'une Tradition dont une majorité de membres dénigrait ses œuvres et investissements !

 

 

 

Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond, qui ne fait pas Cercle d'Essentialité, au pays du druidisme et ce en totale contradiction, en total paradoxe avec les valeurs même de la dite Tradition ! ?

 

 

 

Il reste à espérer que la nouvelle génération de marcheurs, de cheminants et de cheminantes sera plus exigeante, attentionnée et vigilante en terme de déontologie et d'éthique et qu'ils nettoieront la Tradition de tous les « fatras » qui l'encombrent et qui ne lui permettent pas de respirer et d'évoluer en toute liberté et responsabilité... Merci et gratitude à eux....

 

 

 

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26/06/2020
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