Les dits du corbeau noir

CONNAISSANCE DU MONDE CELTE (SUITE) (ESPRIT ET FORMES) 2016 BRAN DU 01 12 DEC

Connaître une civilisation (formes et Esprit) ....

 

Une société humaine se constitue autour d'éléments qu'elle partage collectivement lesquels font lien au sein de l'ensemble constitué...

 

Parmi ces éléments il y a le langage, les coutumes, les usages, la Tradition qui transmet les concepts de base, les structures sociales mises en place et les croyances et pratiques religieuses...

 

Ce qui fonde et forge la société étudiée ; ce sont aussi les mythes et archétypes qu'elle revisite, actualise et adapte à sa "mentalité"...

 

Le rapport à sa propre mémoire, à son "historicité", aux ancêtres, aux figures héroïques et légendaires sont aussi des éléments constitutifs qui structurent sa "présence au monde" ; un monde dont elle a aussi une vision et des projections en terme de devenir...

 

Etudier une civilisation implique donc de "croiser" toutes les sources d'informations disponibles (avérées et certifiées si possible)...

 

Aucune société humaine ne naît spontanément sans référence à des antériorités, à des influences externes, à un passé lointain ; c'est un long processus qui aboutit à une spécificité et à une singularité qui demande du temps et une stabilité sur un territoire donné lequel façonne ses habitants autant que ceux-ci le transforme à leur façon...

 

Le monde Celte procède de tous ces éléments ; il résulte à la fois de son appartenance au monde indo-européen et de son "génie propre"... Il s'inscrit par ailleurs dans une lignée humaine qui se doit de "composer" avec d'autres lignées humaines qui l'ont précédé dans l'occupation des territoires sur lesquels il s'est installé...

 

Nous pouvons appréhender la société celtique de diverses façons :

 

- A partir de ce qu'elle a elle-même signifié de ses conceptions et de ses organisations...

Toutefois le monde Celte fait exception par rapport à d'autres sociétés antiques en ayant volontairement refusé de confier à l'écriture ses bases et fondements...

 

La recherche archéologique moderne (multidisciplinaire) a permis de progresser considérablement dans la connaissance de la société celtique notamment en ce qui concerne l'étude des « formes » tout en butant encore sur la nature réelle du fond qui les engendra...

Comme pour la science contemporaine, la progression de la compréhension se fait davantage sur le « comment » que sur le « pourquoi » des phénomènes observés et étudiés...

 

  • A partir des témoignages des sociétés antiques proches (témoignages plus ou moins objectifs et fiables)...

    • A partir du corpus irlandais, gallois, breton soit des textes et manuscrits qui, tardivement, mettent par écrit une tradition orale miraculeusement subsistante...  Cependant ces transcriptions sont empreintes d'une censure et d'un « vernis » chrétien qui demandent un sérieux discernement et une très bonne connaissance de la société celtique pré-chrétienne...

    • A partir des études menées par de nombreux chercheurs au cours du 18è siècle jusqu'à nos jours...

 

Nous ne sommes donc pas sans « matériaux » d'études, mais étudier une telle « matière » ne saurait se faire sans avoir l'entendement de l'Esprit qui présida à cette société et à son organisation....

 

L'Esprit celtique puise à la fois dans le substrat des sociétés indo-européennes (organisation trifonctionnelle de la société) mais aussi dans des schèmes communs insérés dans les « récits » mythologiques qui montrent de réelles parentèles notamment en ce qui concerne ce que l'on appelle « la religion cosmique » qui correspondant aux plus anciennes croyances...

 

Le monde Celte à une propension à « s'émerveiller » et à satisfaire sa grande curiosité ce qui fait qu'il est particulièrement ouvert à tout ce qui peut satisfaire cette soif et cette faim de « connaissance »....

 

Il apprécie la « différence », mais il fera de sorte d'adapter celle-ci à ses goûts et conceptions en lui imprimant ses « marques spécifiques et singulières ». Ainsi l'art Celte nourrit d'influences diverses ramène les formes à un fond d'entendement et de représentation qui lui est propre...

 

Il s'avère par ailleurs que l'art Celte n'est pas un art exclusivement « fonctionnel », mais qu'il est aussi et surtout un « langage » à part entière lié aux dimensions sacrées et qui n'est lisible et compréhensif qu'à ceux et celles qui sont formés pour cela...

 

Il y a une volonté affirmée de ne pas dévoiler ce qui se doit de demeurer caché aux yeux du monde « profane »... Les objets d'art sont porteurs de sens qui sont conjoints à une Essence... Ils sont des « intermédiaires » qui autorisent et favorisent les relations avec les dimensions divines et qui permettent des « mises en correspondances » avec des forces, des énergies et une « lumière » émanées de « l'Autre-Monde »...

 

La « Matière celtique » se doit d'être abordée à partir de « l'Esprit » qui présida à ses mises en œuvre et cet « Esprit » manifeste un ensemble de concepts et de valeurs qui lui donne une « identité à la fois singulière et plurielle », mais quoi qu'il en soit assez « remarquable » pour susciter autant d'intérêt de nos jours tout en ayant inspiré une quantité de penseurs, d'écrivains, d'artistes et d'artisans au cours des siècles écoulés (et beaucoup de grande réputation.)...

 

Cet « Esprit », non dogmatique, respectueux de la liberté de choix de chacun et de chacune, soucieux du libre arbitre et de la libre critique, propose et invite seulement ceux et celles qui se sentent interpellés par Lui à porter leur sens et leur intelligence à sa rencontre...

 

Cette proposition, cette invitation, consiste à faire des uns et des autres des navigateurs, des explorateurs, des voyageurs, des marcheurs allant à la rencontre d'eux-mêmes à travers divers périples existentiels dont les épreuves consistent à autant d'enseignement retirés des expériences objectivement et consciemment menées et synthétisées...

 

C'est aussi associer l'humain à une co-participation lucide et volontaire avec les « Energies, Forces et Lumières » qui oeuvrent ensemble à maintenir autant que possible les fragiles équilibres et harmonies sans lesquels les Lois dites d'Evolution ne pourraient poursuivre leur but et finalité ce qui laisserait alors la place au chaos généralisé...

 

Cet « Esprit » exerce alors une « souple » prédominance sur toute forme matérielle (et corporelle) donc sur nous-mêmes pour autant qu'on lui accorde, en toute connaissance de cause et d'effet, cette préséance qui est aussi une confiance, une alliance et une espérance clairement et « aimablement » consenties...

 

Inscrit, manifesté dans un processus « symbiotique » qui associe tout le vivant au plan divin et sacré, cet Esprit nous convie non seulement à l'apprentissage de notre propre personnalité

(se connaître soi-même), mais à devenir des « co-créateurs » au sein même d'une Création qui poursuit son cours ; enrichie de nos propres expériences humaines...

 

Nous sommes donc invités à être solidaires de ces conceptions pour autant qu'elles correspondent par affinité et résonance intime et profonde à nos légitimes attentes, compréhensions, espérance et aspirations...

 

Une clairière formée autour de ces entendements aura à coeur de cultiver, d'étudier, d'entretenir, de faire évoluer ces concepts autant humaniste, socio-culturels, philosophiques que spirituels....

 



01/12/2016
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