Les dits du corbeau noir

L'ARBRE DU MONDE DE PATRICE LAJOYE PARTIE 2 L'ENTRETIEN BRAN DU 2017 29 08 AOUT

Ce que les Celtes et leur cosmologie ont à nous dire...

Entretien France Culture avec Patrice Lajoye

 

Nous n'apprendrons pas grand chose sur « Ce que les Celtes et leur cosmologie ont à nous dire » lors de l' émission de France Culture consacrée à Patrice Lajoye auteur de l'Arbre du Monde la « Cosmologie Celte »....

 

En préambule la question non véritablement tranchée par les chercheurs, qui fait toujours débat et qui se pose à eux, c'est de savoir si nous avons à faire à une civilisation matérielle ou spirituelle...L'auteur incline pour une civilisation spirituelle car le matériel est commun à d'autres peuples par exemple les germains...

 

Ce qui est commun aux Celtes :

Une langue...(des groupes de langues apparentées)

La religion laquelle peut comporter des « variantes », des particularismes ou des prédilections secondaires d'un peuple à l'autre...
Et des bases ou structures d'organisation de la société globalement semblables...

 

Restituer la pensée celtique dans sa totalité est encore problématique. Il faudra se contenter et avec hardiesse, des hypothèses dégagées...

 

 

L'entretien portera presque exclusivement sur les notions de conte, légende, mythe ancien voir le folklore et leur prolongement dans le temps, mais des informations précises, voire des révélations attendues et annoncées... ce ne sera que pour une partie véritablement congrue génératrice pour l'auditeur d'une grosse déception à la clef !

 

An préambule l'auteur nous redira sous forme d'avertissement que le monde Celte est une matière difficilement saisissable...

 

Pour rappel : Définition du conte, de la légende, du mythe :

 

Le conte est une matière orale ou écrite intemporelle, non localisée et merveilleuse...

La légende est elle localisée et merveilleuse, elle a des implications dans la religion...

Le mythe est lui au cœur de la religion. Il explique le fonctionnement du monde, comment celui-ci est structuré, organisé, ce que nous sommes. C'est le récit fondateur de la religion elle-même... Il montre les choses telles qu'elles sont supposées devoir être... Il est la base d'une théologie...

 

Une question est posée avec sa pertinence :

Est-ce que les Anciens croyaient véritablement dans les mythes qui étaient les leurs ? (Ainsi la conception par exemple qui veut que le monde a été créé à partir du démantèlement d'un corps appartenant à un géant...)

 

Pour l'auteur l'important dans le mythe ce sont ses messages et non le fait de croire ou non...

 

Il y a des peuples sans écritures dont nous ne saurons rien de leurs conceptions et croyances comme les Daces ou les Thraces...

 

Bien souvent il faut faire recours à la mythologie comparée laquelle s'appréhende avec des « pincettes » !...

 

Aujourd'hui encore nous avançons à partir d'hypothèses et d'interprétations plus ou moins argumentées...

C'est donc un recours très ardu et très périlleux !...

 

Nous ne pouvons que reconstituer au mieux des « morceaux d'images »... et faire le meilleur emploi possible de la linguistique qui peut s'avérer aussi un matériau « archéologique » comme un autre... (Car les mots employés font sens et celui-ci est plus ou moins caché)...

 

Les Grecs et les Romains parlent beaucoup des peuples qui les entourent au Sud, mais très peu de ceux situés au Nord comme les Celtes...

 

L'animatrice émettra le fait que parmi les idées léguées par nos ancêtres Celtes il y aurait le concept d'un respect de la nature qui trouverait aujourd'hui son actualisation au sein du sentiment dit écologique...

 

L'auteur lui sera très prudent qui confirmera que certes des éléments de la nature ont bien été divinisé comme cela est d'usage dans l'Antiquité d'ailleurs et pas seulement dans le monde Celte,

mais que si la divinité présente au sein de cet élément naturel (arbre, pierre, source...) est bien l'objet du culte ,ce n'est pas l'élément par lui-même qui fait l'objet du dit culte...

On ne saurait donc que difficilement dire haut et fort un telle « affirmation »...

Selon l'auteur un arbre en tant que tel peut-être « coupé »...

 

La même animatrice reviendra sur l'idée que quelque chose perdure dans la nature que nous retrouvons dans les mythes quand nous les revisitons... Que cela fait écho et résonance avec quelque chose que nous avons en nous qui vient d'extrêmement loin...d'où des affinités relationnelles d'entendement...

Elle considère que ces mythes nous permettent de revoir, de réviser, nos façons de réagir avec la nature...

 

Pour les Celtes toute la nature et vivante et peuplée d'esprits qui se doivent d'être respectées et avec lesquels on entre spirituellement en interaction positive...

 

Nous apprenons à cette occasion que le nom réel de Fintan (un homme dit primordial) signifierait en fait « le Feu sacré » (Windotenos) !

Zeus qui est le Ciel Diurne (comme le Daghda lequel se prononce Daaga) crée le monde avec le feu. Seul le feu subsiste à chaque épisode de destruction du monde...Comme ne subsiste que Fintan également.

 

Parlant de Lougos, Lug, Lugos... Il occupe toutes les fonctions donc celles de tous les dieux et celles-ci réunies sur sa même et seule personne... C'est le polytechnicien Salmidanac'h...

C'est d'ailleurs une exception et une innovation dans le monde Indo-Européen...

 

Avec toutes les prudences d'usage, il semble bien que se dessinent de plus en plus un Monothéisme soit un grand dieu dont les autres dieux sont des émanations fonctionnelles...

Le Daghda est aussi un dieu polymorphe associé à une Déesse multiple elle aussi (Eriu, Bamba, Brigid...)...

Et pour l'auteur il n'est pas impossible que cette hypothèse d'un monothéisme celtique soit vraie.

Le Dieu est lors l'équivalent de l'Être, Un et multiple dans ses fonctions, capacités, qualités, facultés et expressions...

 

Il y a plusieurs mythologies grecques qui comportent des concepts différents...

 

(Pour Zenon, la substance de dieu c'est le monde tout entier, tout le ciel...)

 

De la confiance à accorder aux éléments d'informations tirés du folklore …

Pour certains, il est inadmissible d'extraire des matériaux de compréhension d'un folklore jugé trop « récent » pour être valablement exploitable...

Pour l'auteur le folklore est réputé être très conservateur et donc peut avoir conservé des éléments mythologiques par exemple, mais qui demandent à passer par un filtre...

Heureusement que ce folklore existe dit-il car quand on n'a plus rien d'autre comme sources d'informations, il peut constituer un apport utile, mais à utiliser toutefois avec beaucoup de discernement et de prudence...

 

Pour l'animatrice ce folklore est encore en capacité de « parler » à bien des gens et de réveiller des entendements cachés ou masqué par l'oubli...

Et pour l'auteur c'est une source certes secondaire, mais à ne pas négliger...

 

Sa question est d'ailleurs pourquoi le monde moderne s'est-il détourné de cela ?

(Alors que le rapport au mythe structure la spiritualité, la pensée, le rapport au monde...)

 

La réponse de l'auteur s'appuie sur divers critères d'évolution des masses populaires et essentiellement l'accès à la « connaissance » progressive et sous diverses formes (rôle majeur du livre circulant)...

Plus que les avancées du « matérialisme », ce sont celles du rationalisme s'élargissant qui concourent à des désaffections par rapport aux mythes, légendes, folklores etc...(D'où les pertes de confiance dans les dieux, le ciel...)

 

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29/08/2017
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